Conclusions sur la Rhénanie 

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Description du Rhin

Cette page est un peu différente des autres pages de conclusion d'un chapitre dans la mesure où nous ne faisons pas le point sur une région, cas présent, la Rhénanie-Palatinat, mais d'un ensemble de régions de plusieurs pays différents. La frontière de cette région est relativement difficile à définir, entre d'une part le Bassin du Rhin (image 1) et d'autre part, la vallée du Rhin (image 2).

Le Bassin du Rhin (image 1), qui contient tout le réseau hydrographique du Rhin, occupe une vaste zone géographique d'Europe d'environ 198 000 km² et se déploie dans neuf pays (la Suisse, l'Italie, le Liechtenstein, l'Autriche, l'Allemagne, la France, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. Si, en Italie, il occupe moins de 100 km², en Allemagne, ce réseau hydrographique draine 106 000 km² soit un peu moins d'un tiers du pays. À elles seules, la Rhénanie du Nord-Westphalie, la Rhénanie-Palatinat et le Bade-Wurtemberg occupent 89700 km² de ce bassin.

Le fleuve Rhin : l'image 2 présente le fleuve Rhin, de sa naissance au Sud, principalement en Suisse, à son embouchure sous la forme d'un delta en Mer du Nord. Cette image partage le Rhin en cinq parties : le Hochrein (Haut Rhin, en bleu), le Oberrhein (Rhin supérieur, en vert), le Mittelrhein (Rhin moyen, en jaune), le Niederrhein (Rhin inférieur, en orange), le Deltarhein (Delta du Rhin, en rouge). À remarquer que même si quelques affluents sont signalés, seul le Rhin est surligné.

La Vallée du Rhin (image 3). Cette image, presque issue de la précédente, représente la « partie touristique » du Rhin. On n'a plus que trois régions au lieu de cinq, le Hochrein (Haut Rhin) ayant été supprimé, le Deltarhein (Delta du Rhin) ayant été intégré dans le Niederrhein (Rhin inférieur). Ce sont ces trois zones que nous étudierons par la suite d'une façon différenciée. Pourquoi avons-nous appelé cela « partie touristique » ? Parce que c'est là que s'effectuent les principales croisières sur le Rhin. Parce que c'est là que le Rhin est navigable Et c'est là aussi que se trouvent les principaux monuments (hormis dans le Delta).



Nos hypothèses concernant l'histoire du Rhin au cours du premier millénaire de notre ère


L'histoire de la colonisation du Nord de l'Europe par les romains est bien connue. Ceux-ci ont atteint le Rhin vers la fin du premier siècle de notre ère. Le Rhin leur a servi de frontière (appelée limes) avec les peuples Germains. Puis il y a eu les peuples barbares qui ont chassé les romains et détruit ce qui restait des monuments qu'ils avaient construit, laissant un territoire désolé qui ne s'est relevé qu'à partir du XIe siècle.

C'est là une belle histoire, une très belle histoire ... à laquelle nous ne croyons pas.

Nous ne croyons tout d'abord pas à la simplicité de cette histoire. Il suffit en effet de constater la complexité de l'histoire de cette région au cours du deuxième millénaire avec des guerres entre villes, ou entre villes et princes, ou entre princes, des conflits religieux, des épidémies et ainsi de suite, pour en déduire une complexité analogue durant le premier millénaire.

  • Mais il y a plus que cela : une différence « d'angle d'attaque » du problème. On nous dit que les romains sont venus du Sud et ont utilisé le Rhin comme frontière. Très certainement le Rhin a servi de frontière à certains moments de son histoire. Cela a été le cas au moment d'une période troublée à la fin du IVe siècle (texte d'Ammien Marcellin). Mais nous ne pensons pas que cela a été tout le temps le cas.

    Mais avant de parler du premier millénaire de notre ère, regardons ce qui s'est passé dans cette région durant le millénaire précédent. Il y a eu deux périodes successives : le Hallstatt (culture celte du 1er âge du fer de -1200 à -500), et la Tène (culture celte du 2e âge du fer de -450 à -25). Durant ces deux périodes, et, plus particulièrement, la seconde, les Celtes se seraient répandus dans une bonne partie de l'Europe jusqu'à l'Espagne (image 4). Les Celtes commerçaient avec toute l'Europe. Ils ont très probablement participé à l'installation de routes commerciales.


  • La carte de l'image 5 dévoile les routes commerciales phéniciennes et romaines. On constate que ces routes commerciales sont essentiellement maritimes et qu'elles sont associées au mot « colonisation ». En fait, si on compare avec la colonisation par les nations européennes de l'Afrique et de l'Asie au cours du XIXe siècle, on constate que cette colonisation a été précédée par la mise en place de routes commerciales et l'installation de comptoirs ou de ports francs.

    On constate aussi sur cette carte que la voie maritime qui traverse le Détroit de Gibraltar en direction des îles Britanniques est essentiellement phénicienne … donc non grecque. Cela est tout à fait normal : les phéniciens contrôlaient le Détroit de Gibraltar. Par contre, à partir des environs de l'an 200 avant Jésus-Christ, ce sont les romains qui ont pris le dessus et qui ont pu prendre le contrôle sur cette voie maritime.

Notons enfin ce qui nous semble être une erreur. Cette voie maritime rejoint d'un seul trait le Détroit de Gibraltar et l'Angleterre. C'est-à-dire sans rejoindre des points de la côte ibérique ou française. C'est contraire à tout ce que nous avons appris d'une navigation par cabotage le long des côtes. Nous pensons donc que les phéniciens, puis les romains, ont contourné par bateau la péninsule ibérique puis longé la côte de Gascogne et à nouveau contourné la Bretagne en faisant escale dans une chaîne continue de ports équidistants entre eux. À remarquer que toute cette zone était au moins en partie sous influence celtique. Il est possible qu'il y ait eu des accords entre celtes et romains durant les deux siècles précédant l'ère chrétienne. Nous envisageons aussi qu'au moment même où Jules César partait à la conquête de l’intérieur de la Gaule (Auvergne, Bourgogne), les romains étaient solidement implantés dans des ports maritimes ou fluviaux frontaliers à ce territoire (Narbonne, Lyon, mais aussi, Bordeaux, Nantes, Lillebonne, Boulogne, et, très probablement, Dax, Saintes, Niort, Caen, Amiens, …). Nous envisageons de même qu'avant l'an 1 du calendrier chrétien, les romains, peut-être associés à des tribus celtes, ou autonomes, occupaient des comptoirs dans le Sud de l'Angleterre (Londres) et le Nord de l'Europe (en particulier à l'embouchure de fleuves : l'Escaut, la Meuse, le Rhin).

Passons à présent à la carte suivante (image 6) qui décrit les routes romaines vers le deuxième siècle après Jésus-Christ. Nous constatons immédiatement les deux particularités suivantes :

  • – sur cette carte, la frontière Nord de l'empire romain, en traits rouges, suit le cours Rhin-Danube. Nous avons eu précédemment l'occasion de dire que nous n'étions pas d'accord avec ce point de vue.

    – les principales routes sont indiquées (intérieures en marron, extérieures en bleu). Mais il y a des manques. En particulier, celui de la voie maritime allant du Détroit de Gibraltar aux îles britanniques. Pourtant, on a vu dans l'image précédente que cette voie maritime aurait existé en 550 avant Jésus-Christ. Il est difficile de croire qu'elle n'ait pas existé 700 ans après en pleine apogée de la civilisation romaine.

Un fleuve navigable est une voie de communication et non une frontière

Nous constatons que de nombreux fleuves servent ou ont servi de voies de pénétration d'un pays par une puissance colonisatrice. C'est le cas du Saint-Laurent, du Mississippi, de l'Amazone, du Rhône et aussi de nombreux fleuves africains. La puissance colonisatrice installe un comptoir à l'embouchure du fleuve, puis, en remontant le cours de celui-ci, d'autres comptoirs d'échanges avec la population locale. En cas d'agression, les comptoirs se portent mutuellement secours, et, si le fleuve est suffisamment large, ils courent moins le risque d'embuscades.

Nous pensons que c'est ainsi que la colonisation romaine de l'Europe a pu s'effectuer : d'abord en Gaule (le Rhône, puis la Garonne, la Loire et la Seine), et puis, en Belgique et en Allemagne. Les embarcations venues des ports romains se sont progressivement installées d'abord à l'embouchure du Rhin, puis en remontant le cours du Rhin et de ses principaux affluents, ont créé des comptoirs qui sont devenus des villes romaines. En voici quelques-unes citées de mémoire : Nimègue (Noviomagus), Neuss, Cologne, Bonn, Coblence, Mayence, Worms, Strasbourg, Bâle, Trèves, Metz.

Nous pensons aussi que, même si la fin du IVe siècle a été une période difficile pour les populations du bord du Rhin (il y a eu intervention militaire du César Julien effectuée à partir d'Arles), la plupart au moins des villes ont continué à exister, parfois protégées par les tribus locales ou par des troupes d’auxiliaires barbares.

C'est en tout cas ce que nous révèle l'image de la carte interactive ci-dessous :



Périodes :   300-500   500-800   800-1000   1000-1150   Suspicion d'ancienneté       Étude à venir Fortifications ou ruines
                        Musée    Région non encore étudiée


Cette image, malheureusement difficile à lire au premier abord, fait apparaître les monuments (du moins tous ceux étudiés sur ce site Internet) d'Allemagne, du Bénélux, de Suisse, et, pour la France, d'Alsace. Elle recouvre la totalité du Bassin du Rhin ainsi que d'autres régions non situées dans le Bassin du Rhin comme la Belgique, une partie de la Hollande et de la Suisse et, en Allemagne, la Saxe et la Bavière.

Un examen détaillé réserve de grosses surprises. En effet, on constate que des länder situés dans la partie orientale de l'Allemagne, comme la Saxe ou la Bavière, contiennent un nombre relativement important de monuments, et, inversement, entre ces régions et le Rhin, il existe des espaces vides. Cette constatation pose question. Car nous en sommes un peu restés avec l'idée que le Rhin constituait une frontière naturelle entre l'empire romain et les peuples barbares. Et même si nous avons ci-dessus envisagé que le Rhin ait pu constituer une voie de communication, nous pensions que la zone d'influence romaine ne devait pas dépasser les 50 à 100 kms à l'Est du Rhin. Or on constate que la distance au Rhin peut dépasser 300 kms. Alors, bien sûr, les monuments dont il est question ne sont pas romains, mais nous estimons qu'ils sont, pour un grand nombre d'entre eux, de peu postérieurs à cette période (an 750 avec un écart de 200 ans). Nous sommes obligés d'en déduire qu'il y a eu un développement postérieur à la période romaine : non seulement, il n'y aurait pas eu arrêt des constructions causé par les invasions barbares, mais extension de l'aire de développement durant la période dite « barbare ».


Le Rhin supérieur (image 7)

La carte ci-dessous représente la partie supérieure du Rhin. Nous y avons ajouté la partie du Haut-Rhin située entre Bâle et le lac de Constance. Nous pouvons faire plusieurs observations.

– La partie horizontale située en bas de carte (Haut-Rhin) ne contient pratiquement pas de monument, en particulier aucun entre Bâle et Schaffhouse (il y en avait autrefois à Bâle). À l'Est, on trouve, outre celui de Schaffhouse, les diverses églises du lac de Constance. Si on va encore plus à l'Est, on retrouve des monuments (non représentés sur cette carte). Mais ils ne sont plus sur le Rhin. Ils sont situés sur le Danube, en Bavière. Notre idée est que, entre Bâle (plus exactement Augst, voisin de Bâle) et Schaffhouse, le Rhin n'était plus navigable (ou plus difficilement navigable). Cette partie du Rhin aurait été moins colonisée.

– La partie verticale située entre Bâle (Basel sur la carte) et Spire (à côté de Heidelberg sur la carte) contient peu de monuments situés à proximité immédiate du Rhin : en descendant le cours du Rhin, Ottmarsheim, Briesach, Strasbourg et enfin Spire. Nous pensons que sur cette partie, la navigation sur le Rhin devait être peu importante.

– Par contre, on constate le nombre relativement important de monuments situés à gauche de cette ligne : c'est la plaine d'Alsace, relativement riche. Par contre, à droite, il y a pratiquement absence de monuments : ce sont les monts de la Forêt Noire.

– Toujours en descendant le cours du Rhin, on trouve une densité plus importante de monuments situés sur le Rhin : Spire déjà cité, Worms, Bectheim, Mayence, Ingelheim, Mittelheim, Treshtighausen, Bacharach. Certaines localités comme Spire, Worms ou Mayence contiennent plusieurs monuments.

– À gauche de la carte, le tracé en vert définit la Moselle et un de ses affluents, la Sarre. Ces deux rivières étaient naviguables à l'époque romaine. Les bateaux pouvaient atteindre les villes de Trèves, puis de Metz, pour la Moselle, et dès sans doute Saarbrücken pour la Sarre. Nous pensons qu'il y a d'autres monuments à découvrir en ce qui concerne la partie française de la Moselle.

– À droite de la carte, le tracé du Main passe par Seligenstadt, Aschenffenburg, Michelstadt, Amorbach et Wursburg. Là encore, un affluent navigable fait office de voie de communication.


Le Rhin moyen (image 8)

La carte ci-dessous représente le Rhin moyen, entre Bingen, au Sud, et Bonn au Nord. On constate sur cette carte le grand nombre de monuments situés à proximité immédiate du Rhin : nous en comptons douze. Deux localités sont importantes, car situées au confluent entre le Rhin et un de ses affluents. Ce sont Lahnstein pour le Lahn, et Coblence pour la Moselle. En ce qui concerne la Moselle, nous avons vu qu'elle permettait la navigation jusqu’à Trèves et Metz. Pour le Lahn, les étapes successives à partir de Lahnstein sont Bad Eims, Seelbach et Limbourg-sur-le-Lahn.


Le Rhin inférieur (image 9)

Enfin la carte ci-dessous représente la partie inférieure du Rhin. On constate à nouveau un moins grand nombre de drapeaux présents sur le tracé du Rhin. Cela ne signifie pas pour autant un moins grand nombre de monuments, car la ville de Cologne à elle seule en contient plus de 12. Par son grand nombre de monuments, cette ville de Cologne peut-être considérée comme une seconde Rome. Et nous pensons qu'elle l'a été. Lorsque la puissance fédératrice de Rome s'est affaiblie aux IVe ou Ve siècles, d'autres villes auraient pris le relais. On songe en particulier, côté oriental, à Constantinople et aussi Alexandrie, puis Ravenne, et, côté occidental, à Milan, Arles, et enfin, Cologne. Nous pensons que Cologne, coupée de Rome, aurait pu constituer autour d'elle un vaste réseau de villes fluviales (Trèves, Metz, Strasbourg, Augst, Coblence, Bonn) ou maritimes (Londres, Nimègue, Boulogne, …). Ce réseau de ports comparable à ce qui sera beaucoup plus tard les villes hanséatiques, aurait permis la survie de l'héritage romain dans cette région du Rhin durant plusieurs siècles et la conservation de ces villes jusqu'à nos jours.

Il reste une question : comment se fait-il qu'au Nord de Cologne, il y ait une quasi absence de monuments sur le Rhin ? Par ailleurs, il y a au Nord de Cologne deux autres affluents du Rhin, la Ruhr et la Lippe, sur lesquels nous n'avons pas détecté de monument.

Les seuls monuments que nous avons étudiés situés sur le Rhin en aval de Cologne sont ceux de Neuss, à proximité de Düsseldorf, en Allemagne, de Nimègue et de Utrecht, dans les Pays-Bas. Alors que Neuss se situe presque à l'entrée du Delta du Rhin, Nimègue et Utrecht se retrouvent en plein milieu de ce delta.

Il y a là une sorte de paradoxe. Alors que la distance entre Bingen et Cologne (tout le Rhin Moyen et une petite partie du Rhin Inférieur) qui avoisine 180 kms est inférieure d'environ 100 kms à la distance ente Cologne et la Mer du Nord, on y dénombre plus de 24 monuments et seulement 3 pour la partie de Rhin au Nord de Cologne.


L'analyse que nous venons de faire sur le nombre insuffisant de monuments situés entre Cologne et la mer du Nord compromet-elle tout notre raisonnement concernant le Rhin, conçu comme voie de communication et non comme frontière ? A priori, il semblerait que oui. Parce que, pour que ce raisonnement fonctionne, il faudrait qu'il y ait communication entre Cologne et la mer du Nord, et par là aux ports d'Europe principalement septentrionale. Or une telle communication ne peut exister que s'il y a une chaîne de ports (ou de corps de garde) entre ces deux points extrêmes, disposés à intervalles réguliers de façon à ce que ces points de passage puissent se prêter une mutuelle assistance. Et les monuments situés dans ces ports n'apparaissent pas dans notre étude.

Notre idée est que ces monuments, ces ports ou ces corps de garde, existent sous forme de vestiges archéologiques… mais qu'on ne les voit pas.

Comment trouve-t-on des vestiges archéologiques ? On peut les détecter après des charruages, ou à l'occasion de constructions d'immeubles, ou par des photographies aériennes. Mais dans la plupart des cas, ces restes ne sont repérables que s'ils sont situés à moins de deux mètres en dessous du sol. À plus de trois mètres en dessous du sol, ils deviennent invisibles. Mais bien qu'ils soient invisibles, ils continuent à exister.

Il faut bien comprendre que nous sommes en présence d'un delta. Un delta est une zone géographique évolutive. Il se forme et se déforme sans cesse. Il se forme grâce à l'apport par un fleuve de sédiments. Mais ces sédiments se déposent au fur et à mesure dans le lit de la rivière. Celle_ci finit par déborder et changer de lit. Au fur et à mesure des dépôts, l'altitude moyenne de la plaine créée par le delta augmente. Plus on se rapproche de l'embouchure, plus ce niveau moyen baisse.

La carte de l'image 10 représente la topographie de la région de Düsseldorf et de Neuss. Ces deux villes sont situées à environ 22 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Rhin, au tracé sinueux, longe Düsseldorf, mais on devine qu'auparavant il devait passer par Neuss, plus ancienne que Düsseldorf. On devine que si on effectuait des fouilles à Neuss, on y découvrirait des restes de son port, mais enfoui sous des mètres de terre.

La carte suivante (image 11) est cette de Nimègue, plus proche de la Mer du Nord. Son point le plus bas est le Rhin, au niveau de la mer. Une bonne partie de la plaine environnante se trouve à moins de 5 mètres d'altitude. Et si la ville de Nimègue a conservé certains monuments anciens, c'est parce qu'elle est adossée à une colline culminant à 95 mètres. Il est possible que cette colline soit une ancienne île de la Mer du Nord.

Nous terminons par la carte de Roermond, ville située, non sur le Rhin, mais sur la Meuse, qui rejoint le Rhin dans son Delta (voir l'image 9). À la même latitude que Düsseldorf et à peu de distance de celle-ci, Termonde est aussi hors du Delta. Néanmoins, comme à Ness et Düsseldorf le niveau du fleuve est à environ 10 mètres au-dessus de la mer. Et on est à près de 200 km de cette mer. Donc une déclivité très faible, de l'ordre de un pour vingt mille, alors que la déclivité minimum d'une canalisation est de un pour cinquante.