La chapelle impériale du château de Nuremberg  

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Nous n'avons pas visité cette chapelle. Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée au château de Nuremberg nous apprend ceci :

« Histoire

Les restes des premiers bâtiments découverts dans les recherches archéologiques ont été datés avant 1000, mais il n’y a aucune preuve écrite pour cette époque. Dans le document dit
Sigena de l’empereur Henri III de 1050, nuorenberc n’est mentionné que comme lieu d’exposition, sans mentionner s’il se référait au château. Cependant, après que le roi Conrad II a “notarié” lors de ses voyages de Ratisbonne à Bamberg en 1025, ou en 1030 à Megelendorf an der Pegnitzfurt, l'actuel Mögeldorf, on peut supposer que le document Sigena a été délivré au château de Nuremberg. Le château n’apparaît dans les sources qu’en 1105. Entre cette époque et 1571, tous les empereurs et rois du Saint-Empire romain germanique y séjournèrent temporairement. Le château du roi des saliens a été le point de départ des campagnes orientales d'Henri III, qui a soumis la Bohême, la Pologne et la Hongrie à son fief. En 1105, le roi salien Henri V conquit le château après un siège de deux mois dans la guerre contre son père, l'empereur Henri IV.  En 1127, le roi Lothaire de Supplinbourg assiégea le château, qui était défendu par les frères Hohenstaufen, Conrad et Frédéric, pendant dix semaines sans succès. En 1130, il réussit à le conquérir à la deuxième tentative et remit le château à Henri le Fier jusqu’à ce qu’il tombe aux mains de la dynastie des Hohenstaufen en 1138. [...]

Bâtiments

La cour extérieure est située en face de la cour intérieure. Autour d'elle sont regroupés le bâtiment du secrétariat construit en 1487/1564, celui des financies construit en 1564, la tour Sinnwell érigée au XIIIe siècle, la tour Hasenburg avec la porte du ciel commencée en 1461, l’écurie céleste construite au XVe / XVIe siècle et le puits profond creusé au XIIe siècle. Le bâtiment du châtelain, détruit en 1945, n’est plus conservé.


La double chapelle de style roman a été construite vers 1200 et est l’une des plus anciennes parties préservées du château. L’accès à la chapelle impériale supérieure était réservé à la haute noblesse. La chapelle inférieure Marguerite n’est accessible que depuis la cour intérieure. Les chapelles inférieure et supérieure ne sont reliées que par une ouverture au plafond. La famille impériale prenait place dans la galerie ouest de la chapelle supérieure, avec une zone séparée pour l’empereur. Ainsi, les trois niveaux représentent la hiérarchie de la société de cette époque. En 1216, les travaux de construction du château prennent fin et l’empereur Frédéric II attribue la partie inférieure de la double chapelle, la chapelle Marguerite à la branche de l’Ordre Teutonique, qui la conserve probablement jusqu’en 1419, puis la remet à la ville de Nuremberg. [...] »


Commentaires et explications

L'histoire qui nous est racontée ci-dessus est celle du château et non celle de la chapelle impériale de ce château. Certains détails de cette histoire méritent une explication. Tout d'abord les expressions « roi salien » et « chapelle impériale ». Les saliens étaient une tribu franque. Chaque tribu barbare avait son roi (on retrouve le mot roi dans le rex des romains, le rix des gaulois, le ric des goths. Ce roi était détenteur de pouvoirs qui ont pu dépendre de sa personnalité. Nous ne pensons pas que ce pouvoir était absolu. Il en est différemment de l'empereur. L'empereur était maître de l'empire romain d'Orient (capitale Constantinople). Son pouvoir était, semble-t-il absolu. Mais, là encore, il pouvait y avoir des évolutions en fonction de querelles du palais. À partir du règne de Charlemagne, les rois francs se sont rapprochés de Rome plus sans doute pour des raisons politiques que religieuses et ils ont voulu former un Empire à la fois Saint, Romain et Germanique. Ceci explique une double appellation de ces rois : « rois des francs » et « empereur du Saint Empire Romain Germanique ».

La phrase « Cependant, après que le roi Conrad II a “notarié” lors de ses voyages de Ratisbonne à Bamberg en 1025, ou en 1030 à Megelendorf an der Pegnitzfurt, l'actuel Mögeldorf,... » mérite une autre explication. Il faut savoir que durant le premier millénaire et une bonne partie du deuxième, la notion d'état territorial n'existait pas (ou très peu). C'est la notion de « peuple » qui prévalait. Les peuples étaient dispersés sur des territoires mais pouvaient voisiner entre eux. Ainsi, dans une ville, il pouvait y avoir un quartier franc, un quartier gaulois, un quartier latin. Des quartiers distincts entre eux, pouvant être fortifiés. Ces peuples dispersés n'avaient pas en général de capitale. Leurs rois se déplaçaient constamment pour les visiter et régler leurs problèmes. Lorsqu'un roi visitait une région donnée, il s'installait dans une résidence lui appartenant ou mise à sa disposition. On a retrouvé des actes notariés émis dans certaines de ces résidences royales (Aix-la-Chapelle, Monastère Saint-Sernin de Toulouse, etc.). Mögendorf a très probablement fait partie de ces résidences temporaires dans la première moitié du XIe siècle. Cela ne signifie pas que le château de Nuremberg soit devenu une résidence princière après cette date. Nous avons dit auparavant que le pouvoir royal n'était pas absolu. Il pouvait être partagé. Il y avait autour du roi des personnages puissants (membres de sa famille, maires du palais,…) qui ont pu posséder ce château à une période donnée.

Image 1 : Ce qui reste du château de Nuremberg. Deux tours sont faciles à repérer. Celle de droite, à plan aciculaire, est la tour Sinnwell. Celle de gauche, légèrement en dessous et à gauche du centre, à plan rectangulaire, est la tour Hasenburg. Le corps de bâtiment rectangulaire, situé à gauche de cette tour et la jouxtant, abrite la chapelle impériale.

Image 2 : Intérieur de la chapelle impériale. Vue à partir du niveau moyen en direction de l'Est. Au fond, le sanctuaire dominé par un Christ en Croix. Au milieu, un puits carré protégé par une rampe en fer forgé.

Image 3 : Même image que précédemment mais la vue est rapprochée.

Image 4 : Intérieur de la chapelle impériale. Vue à partir du niveau moyen à travers le puits carré. On y voit l'étage inférieur.

Image 5 : Intérieur de la chapelle impériale. Vue à partir du niveau moyen en direction de l'Ouest. On retrouve les piliers massifs de l'image 1. Ces piliers portent une tribune qui correspond à l'étage supérieur.

Image 6 : Vue d'une colonne avec son chapiteau.

Dans ce site, nous nous efforçons d'identifier des monuments ou des objets d'art susceptibles d'appartenir à cette période. Or, jusqu'à preuve du contraire, nous ne pensons pas que le monument reproduit par ces images soit effectivement du premier millénaire. Si nous avons envisagé son étude, c'est à cause de son architecture probablement à plan centré à l'origine. Nous l'avons sélectionné aussi pour une autre raison. Son architecture révèle un mode de gouvernement : le roi, situé à l'étage supérieur, suit les débats des nobles du royaume situés à l'étage moyen. Les hommes libres, situés à l'étage inférieur, écoutent ces débats sans y participer.


Datation envisagée pour la chapelle impériale du château de Nuremberg : an 1100 avec un écart de 50 ans.



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