Le monastère de chanoinesses de Niedermünster à Ratisbonne
Nous n'avons pas visité ce monastère.
Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet
(ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues
d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté
le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monastère
nous apprend ceci :
« Histoire
Le monastère, dédié à l’Assomption de la Vierge Marie et à
Saint Erhard, a été construit par le dernier duc bavarois
de la famille Agilolfinger, Tassilo III. Fondé avant son
abdication en 788 et mentionné pour la première fois en
889.
A la fin du VIe siècle, les Agilolfinger
avaient choisi comme
capitale le camp légionnaire de Castra
Regina,
abandonné par les Romains. Dans la zone nord-est du camp
légionnaire, aujourd’hui la zone de l’ancien
Kornmarkt
(marché aux céréales),
il y avait des bâtiments appropriés qui pouvaient être
convertis en une résidence et qui étaient protégés par les
puissants murs de l’ancien camp légionnaire et alimentés
en eau par des puits. Au nord de la résidence, deux
bâtiments séculaires romains ont été construits après 700
après JC avec une église ducale en pierre comme une
église-halle avec un chœur rectangulaire. Cette église a
été la première église épiscopale de Ratisbonne et a été
construite à l'occasion de l'enterrement de saint Erhard
dans son lieu de sépulture sur le mur nord, dont
l'emplacement est resté inchangé à ce jour.
En
outre, des bâtiments ont été érigés pour un monastère de
femmes, qui est devenu l'un des couvents féminins les plus
importants du Saint-Empire romain germanique. À l’époque
de Charlemagne, une nouvelle église, beaucoup plus grande,
a été construite vers 800, qui devait servir de collégiale
pour le couvent nouvellement fondé. Cette église était
aussi une église-halle avec un chœur rectangulaire et un
porche occidental à la manière d’une antichambre. Sous le
duc Henri I er de Bavière et son épouse Judith,
la deuxième collégiale féminine a été construite, de 922 à
955, mais le duc n’a pas vécu assez longtemps pour voir
son achèvement. Le duc Henri, comme sa femme Judith plus
tard (985), fut enterré devant les marches du
maître-autel.
Après
la mort de son mari, Judith achvève la construction de
l’église. La nouvelle église avait les dimensions de
l’église actuelle et, en tant que basilique à piliers, à
trois nefs avec un transept est et trois absides,
témoignait de la relation étroite entre le duché bavarois
et le monastère des dames. En conséquence, Judith fit de
riches dons au couvent, y entra elle-même en 987 et
dirigea le couvent comme abbesse jusqu'à sa mort en 987.
Elle est donc considérée comme la fondatrice de l’abbaye
de Niedermünster. Les résultats des fouilles dans le
sous-sol de l’église montrent que les quatre bâtiments de
l’église, y compris l’église d’aujourd’hui, sont
différents dans leurs dimensions et leurs conceptions,
mais que la ligne de fuite du mur nord a été conservée, en
raison de la tombe de Saint-Erhard, ancrée dans le mur et
recouverte d’un couvercle de sarcophage romain, qui a été
élevé au niveau du sol considérablement augmenté en murant
avec des moellons. L’ancien sarcophage de Saint-Erhard est
toujours à son emplacement d’origine, à plusieurs mètres
sous le niveau du sol de la nef. Il n’a été découvert
qu’en 1963 avec d’autres tombes ducales bavaroises et avec
les fondations du camp légionnaire romain Castra
Regina. [...]
L’abbaye
a été élevée en
1002 par Henri I
er au rang d’abbaye impériale de
Niedermünster. Au XIe siècle, le monastère a
également connu un épanouissement culturel, qui peut
encore être mesuré aujourd’hui par de nombreuses œuvres
d’art qui ont été conservées, telles que la croix
de Gisèle et
le Codex d'Uta.
En tant qu’abbaye impériale, Niedermünster devait
contribuer à l'approvisionnement de l’empereur pendant sa
présence à Ratisbonne sous la forme d’un servitium
regis.
Jusqu’en 1073, cela consistait en la livraison de 60
porcs. En raison de l’intervention de l’abbesse Gertrude,
l’empereur Henri IV réduit cette taxe, perçue comme
oppressive, à 40 porcs. En outre, ce prélèvement en nature
a été converti en un paiement monétaire de 10 livres en
pfennings de Ratisbonne et complètement abandonné par le
roi Frédéric II en 1218. [...]
Bâtiments
L'église de Niedermünster a été reconstruite en 1152 après
l’incendie d’une église qui existait probablement vers 700
à l’époque du duc Théodo II dans le style roman. Depuis
1821, elle a été utilisée comme église paroissiale
cathédrale. »
Commentaires divers
concernant ce texte
La phrase « Le
monastère, dédié à l’Assomption de la Vierge Marie et à
Saint Erhard,... » nous fait envisager qu'à
l'origine l'église était une cathédrale. En effet, on a
constaté que la majorité des cathédrales primitives étaient
dédiées à Notre-Dame de l'Assomption. Bon nombre d'entre
elles ont perdu ce patronage lorsque l'église, ayant reçu
les reliques d'un saint, est devenue une église de
pèlerinage à ce saint et a adopté son parrainage. La phrase
« Cette
église a été la première église épiscopale de Ratisbonne »
confirme notre point de vue.
Nous avons par ailleurs formulé une autre hypothèse. Au
cours du premier millénaire, à la suite de conciles
régionaux, il y a eu interdiction d'enterrer dans des
églises. Nous ne savons pas si des études ont été faites à
ce sujet, mais nous pensons que si ce n'est pas le cas, il
serait intéressant d'en faire. Ne serait-ce que pour dater
au moins approximativement l’événement. Il y a eu bien sûr
des exceptions à la règle. Ne serait-ce que pour les
dépouilles des saints ou des personnes vénérées de leur
vivant. Selon nous, des personnages puissants (rois, comtes,
ducs …) ne pouvant se faire enterrer dans des églises
dépendant des évêques, ont fondé des monastères et les ont
dotés afin d'être enterrés dans les abbatiales de ces
monastères (remarque
: ce n'était probablement pas la seule raison ; les
monastères pouvaient aussi permettre d'accueillir des
individus récalcitrants, ou aussi servir de lieux
d'enseignement). Nous avons aussi envisagé que ces
monastères princiers pouvaient être dirigés par des femmes.
Concernant les fouilles effectuées à l'intérieur de
l'église, nous aurions souhaité disposer d'un plan de ces
fouilles afin de vérifier la phrase : « Les
résultats des fouilles dans le sous-sol de l’église
montrent que les quatre bâtiments de l’église, y compris
l’église d’aujourd’hui, sont différents dans leurs
dimensions,... ». Notons que l'auteur de ce texte
parle de quatre bâtiments successifs « y
compris l’église d’aujourd’hui », à savoir : une
église construite après l'an 700 (« deux
bâtiments... ont
été construits après 700 après JC avec une église ducale
en pierre...», une vers l'an 800 (« une
nouvelle église, beaucoup plus grande, a été construite
vers 800, ») , une autre entre 922 et 955 («
la deuxième collégiale féminine a été construite, de 922 à
955... »), et enfin la quatrième (« L'église
de Niedermünster a été reconstruite en 1152 après
l’incendie d’une église qui existait probablement vers 700
à l’époque du duc Théodo II dans le style roman.
»). À noter une apparente contradiction : si la
quatrième église a été « reconstruite
en 1152 après l’incendie d’une église qui existait
probablement vers 700 », c'est-à-dire après la
première église, comment expliquer la présence des deux
autres églises, la deuxième et la troisième ?
Ces quatre constructions successives nous laissent très
sceptiques. Essayons de comprendre l'explication qui nous
est donnée : une première église est construite avant l'an
700, puis elle est détruite. Une seconde église est
construite vers l'an 800, puis elle est détruite. Une
troisième église est construite entre 922 et 955, puis elle
est détruite. Une seconde église est construite en 1152...
mais elle n'est pas détruite... car c'est l'église actuelle.
Trois destructions en 450 ans ! Et aucune après sur une
durée de 850 ans. Avouons que tout cela mérite des
explications détaillées,… et des justifications.
Nous pensons que la nef de cette église (images
7, 8 et 9) devait être charpentée à l'origine. Elle
aurait été voûtée au XVe ou XVIe
siècle. Nous estimons que cette nef est bien antérieure à
1152, car en 1152, les architectes étaient capables de faire
beaucoup mieux que cela. Bien sûr, il peut y avoir des
parties romanes datant du XIIe siècle : les
portes (images 4 et 5)
; les tours (images 2 et 3).
Le plan de l'image 6 essaye
de reconstituer l'église d'origine. Nous distinguons deux
parties : à gauche, une nef à trois vaisseaux et 6 travées,
dotée de piliers à plan rectangulaire (piliers actuels). La
surprise est à droite. On y voit une autre nef de 6 travées,
à trois vaisseaux de même largeur que la précédente. Le
vaisseau central est prolongé par une abside
semi-circulaire. Nous pensons que la construction s'est
faite en deux temps. Dans un premier temps, c'est la partie
de droite qui aurait été construite. Cette église aurait été
par la suite agrandie en ajoutant la partie de gauche.
Des fonts baptismaux sont visibles sur l'image
5. Cela confirme l'idée qu'à l'origine l'église
devait être une cathédrale.
Datation
envisagée pour l'abbatiale du monastère de
Niedermünster à Ratisbonne : an 750 avec un écart de 200
ans.