L'église Saint-Jacques ou des Écossais, à Ratisbonne
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet
(ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues
d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté
le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Monastère précurseur Saint-Pierre
Vers la fin du XIe siècle, des moines
bénédictins errants d’Irlande (miseri peregrini)
sont venus en Europe continentale, initiant la deuxième
vague de fondations monastiques irlandaises. Même avant
eux, de 1050 à 1070, Marianus Scottus, et avant lui son
compatriote et plus tard conseiller Mercherdach, avaient
été les premiers à venir à Ratisbonne et avaient construit
et fondé le petit monastère de Weih Saint-Pierre au
Sud-Ouest, en dehors de l’ancienne zone urbaine, en face
des murs de la muraille arnulfienne construite après
920. Les bâtiments du monastère prédécesseur ne sont
plus reconnaissables aujourd’hui, car les bâtiments ont
été détruits pour des raisons tactiques dès 1552 lors des
préparatifs des attaques prévues dans la guerre de
Schmalkalde. La porte médiévale de la ville, construite
plus tard au nord-ouest, rappelle encore l’ancien
monastère avec son nom “Weih-St.-Peters-Tor”,
tout comme le chemin Saint-Pierre, qui y passe encore
aujourd’hui, et l’ancien cimetière Saint-Pierre aménagé
là. Vers 1080, Marianus Scottus mourut et fut enterré sur
le terrain du monastère.
Nouveau bâtiment du
monastère
À
cette époque, tant de frères bénédictins irlandais avaient
déjà suivi Marianus Scottus à Ratisbonne qu’il devint
nécessaire de construire un grand monastère avec une
église. Les moines “irlando-écossais” acquérirent donc un
chantier plus grand plus à l’ouest, qui était également
situé au sud-ouest en dehors de la zone urbaine, en face
des remparts arnulfiniens. Vers 1090, la première pierre a
été posée pour un grand bâtiment de monastère avec une
église, qui a été achevée en 1150 ou 1193. Cependant, la
construction était de si mauvaise qualité que le
délabrement a commencé 30 ans plus tard et à la fin,
seules les tours de l’église et les absides latérales ont
été préservées. Un nouveau bâtiment a été planifié vers
1150, puis commencé et achevé vers 1156, sous l’abbé
Grégoire (1185-1180), à la fois constructeur et client. Au
cours de cette phase de construction, le portail d’entrée
nord de l’église, le Schottenportal,
si célèbre aujourd’hui, a été construit, ce qui peut être
décrit comme l’une des principales œuvres de l’art roman
allemand.
Les
moines irlandais étaient aussi populairement appelés
Skoten,
et par conséquent l’église et le monastère ont été appelés
Schottenkirche ou
Schottenkloster.
La propagation des bénédictins irlandais en Allemagne et
au-delà a également eu lieu à partir de Ratisbonne : 1134,
St. Jacques de Würzburg, 1137/1138 à Erfurt, 1140 St. Agid
de Nuremberg et 1142, St. Jacques de Constance. En 1155,
Heinrich Jasomirgott établit le Schottenkloster viennois,
et vers 1160 celui d'Eichstätt . En 30 ans, huit
monastères irlando-écossais ont été établis en Allemagne.
La conclusion et le point culminant de ce développement
ont été le premier chapitre général de tous les
bénédictins irlandais sur le sol allemand en 1216.
»
Commentaires de ce texte
Il semblerait que l'auteur ait été plus inspiré par les
moines irlandais ou écossais que par l'architecture de
l'édifice. Nous sommes toujours très surpris de l'importance
accordée à l'impact du monachisme irlandais ou écossais sur
l'évangélistion des peuples d'Europe durant la seconde
moitié du premier millénaire. Voire même plus, puisque ce
texte nous fait découvrir l'existence de Schottenkloster
jusqu'en 1160. La surprise vient principalement du manque de
vestiges architecturaux attribuables aux peuples
anglo-saxons. On nous parle de tous les grands
évangélisateurs de toute l'Europe comme Saint Colomban, ou
ici , Marianus Scottus mais lorsqu'on visite leurs pays
respectifs, on ne découvre pas la civilisation qui les a
fait émerger et qui a permis d'influencer toute l'Europe.
Ceci dit, sans dénigrer l'art préroman ou roman des ces îles
britanniques. Mais il s'agit d'un art modeste (bien que
monumentales, les croix irlandaises sont relativement rares)
et différent de l'art européen. Il y a là un petit mystère
qu'il serait bon d'éclaicir.
L'enchainement des phrases , «
Vers 1090, la première pierre a été posée pour un grand
bâtiment de monastère avec une église, qui a été achevée
en 1150 ou 1193. Cependant, la construction était de si
mauvaise qualité que le délabrement a commencé 30 ans plus
tard et à la fin, seules les tours de l’église et les
absides latérales ont été préservées. Un nouveau bâtiment
a été planifié vers 1150, puis commencé et achevé vers
1156, sous l’abbé Grégoire...», nous laisse très
perplexes. Commment se fait-il qu'une église achevée en 1150
ou 1193, commence à se délabrer trente ans plus tard, soit à
partir de l'an 1180 ou 1223 ? Au point qu'on envisage de la
reconstruire ... en 1150, bien avant l'an 1180 ou l'an 1223.
Il y a là tout un raisonnement entâché de contradictions. Où
se situent les erreurs ?
Un autre texte extrait de Wikipédia donne une explication un
peu différente : « Une
première église a été consacrée dès 1120, mais a
rapidement dû être démolie et reconstruite en raison de la
vétusté, à l’exception des deux tours et des absides
latérales. On ne sait pas quand le nouveau bâtiment, qui
est construit selon la technique du mur de pierre de
taille, a été achevé. Cette basilique à trois nefs avec
transept ouest, qui a été conservée presque inchangée à ce
jour, est l’un des bâtiments romans les plus importants du
sud de l’Allemagne. Outre le haut niveau technique de
construction, les chapiteaux sculptés des piliers ronds de
la nef centrale et le portail principal du côté nord de
l’église, richement décorés de sculptures figuratives et
ornementales, sont particulièrement remarquables. La
refonte baroque de l’église à la fin du XVIIe
siècle s’est limitée à la voûte des bas-côtés et à
l’installation d’un plafond à caissons baroque dans la nef
centrale. Après le transfert du monastère au diocèse de
Ratisbonne, l’église a été “reromanisée” dans l’esprit de
l’historicisme. Cette restauration détermine l’impression
de l’intérieur à ce jour. »
Ce deuxième texte nous donne la date de consécration de 1120
qui n'était pas signalée dans le texte précédent. Mais il
n'y a pas, comme dans le texte précédent, de contradiction
apparente. La même idée apparaît dans les deux texte : il y
a eu une première construction qui s'est rapidement délabrée
: «
Cependant, la construction était de si mauvaise qualité
que le délabrement a commencé 30 ans plus tard...» et « Une
première église a été consacrée dès 1120, mais a
rapidement dû être démolie et reconstruite en raison de la
vétusté,... ». .Nous pensons que ce n'est pas tout
à fait un hasard si la vétusté d'un premier bâtiment est
révélée dans deux textes différents. Très probablement, les
auteurs s'inspirent d'une source commune, un document
d'époque. Le second texte ne donne pas de date précise pour
la reconstruction, mais il semblerait d'après le contexte
qu'elle soit intervenue rapidement, avant la fin du XIIe
siècle. Essayons de faire une synthèse de ces deux textes :
une première église est construite. Elle est inaugurée en
1120. Mais très rapidement, des problèmes de délabrement
apparaissent et une reconstruction s'avère nécessaire 30 ans
plus tard. La reconstruction est achevée avant la fin du
siècle. Ce raisonnement apparaît limpide, dépouvu
d'ambiguité. Il ne l'est pas. Il faut bien comprendre que
pour le chrétien, l'église est la maison de Dieu, Être
éternel et parfait. Pour tous, et plus particulièrement pour
ses constructeurs, l'église doit être à l'image de cette
perfection et de cette éternité. Actuellement, une
construction de 30 ans ne peut être considérée comme
vétuste. Il devait en être de même au Moyen-Âge. À plus
forte raison dans le cas d'une église promise à l'éternité.
En conséquence, nous envisageons la situation suivante. Au
cours du XIIe siècle, l'église qui existait
auparavant, étant dans un état de délabrement, a été
reconstruite. L'église actuelle est le résultat de cette
reconstruction. La différence avec ce qui a été écrit
ci-dessus est que l'église délabrée n'était pas antérieure
de quelques années mais de plusieurs siècles. Les auteurs de
ces textes ont pu être induits en erreur par la connaissance
d'une consécration en 1120. Mais une consécration ne
correspond pas forcément à une inauguration et qui plus est,
à l'inauguration d'une église. La consécration concerne en
général un autel . Une église peut contenir plusieurs autels
et tous les autels ne sont pas forcément consacrés le même
jour.
Comme nous l'avons rencontré tout au long de ce site, les
historiens de l'art roman n'envisagent pas une datation
antérieure à l'an 1000. Dans le cas présent, ne disposant
pas d'une documentation antérieure à l'an 1050, ils en ont
déduit que toute construction était au moins postérieure à
cette date et ils situent à 1090 la date de cette première
construction (premier texte) ou 1120 (deuxième texte).
En ce qui nous concerne, nous pensons donc que la première
construction est bien antérieure à l'an mille. Une deuxième
construction aurait été faite au XIIe siècle. Les
divers chapiteaux de la nef correspondent selon nous à un
art roman tardif. On peut voir en effet les thèmes
classiques de l'art roman comme les animaux affrontés (image 8), ou l'aigle
impérial (image 9).
Mais ces thèmes semblent faire partie des éléments d'un
décor, alors que dans un premier art roman, ils étaient
détachés du décor et semblaient représentatifs de symboles.
Une question demeure. Comment se fait-il que l'architecture
témoigne d'un réel archaïsme (nef entièrement charpentée)
alors qu'à la même époque (XIIe siècle) on était
capable de faire beaucoup mieux (nef entièrement voûtée) ?
Cette question, nous nous la sommes posée pour d'autres
églises. Voici la solution que nous proposons. Lorsqu'une
église trop ancienne a commencé à se dégrader, les
responsables ont envisagé une reconstruction. Ils avaient
deux choix possibles : faire une reconstruction à
l'identique par respect de la construction ancienne ; faire
une construction entièrement nouvelle. Il semblerait que
pour l'Allemagne, le premier choix ait été privilégié alors
que pour la France, c'est le second choix qui l'aurait
emporté. Mais tout cela doit faire l'objet de multiples
vérifications.
Le portail Nord (images 3
et 4) a pu être construit indépendamment de la nef.
Nous le datons cependant de la seconde moitié du XIIe
siècle.
Datation
envisagée
Pour la nef primitive de l'église Saint-Jacques de
Ratisbonne : an 750 avec un écart de 200 ans.
Pour la reconstruction de la nef de l'église Saint-Jacques
de Ratisbonne : an 1175 avec un écart de 50 ans.