L'église Saint-Michel de Fulda
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« L’église Saint-Michel de
Fulda a été construite dans le style
architectural carolingien préroman, sur ordre de l'abbé
Eigil entre 820 et 822. Pendant longtemps, elle a été
incontestablement considérée comme le plus ancien exemple
de réplique de l'église du Saint Sépulcre en Allemagne,
une référence qui est remise en question par certains
éléments de recherches récents. En raison de son âge et de
ses caractéristiques architecturales, c’est l’un des
bâtiments sacrés médiévaux les plus importants
d’Allemagne. Il a servi de chapelle mortuaire du monastère
de Fulda, fondé en 744, l’un des principaux centres
culturels du début du Moyen-Âge, et de lieu de sépulture
de son constructeur Eigil. Cependant, l’utilisation
continue comme lieu de sépulture d’un abbé, qu’Eigil
envisageait probablement, ne s’est pas matérialisée.
Son
importance est également due au fait que dans la
Vita Aegil Abbatis Fuldensis du
moine Brun Candidus de Fulda, une interprétation
contemporaine du symbolisme du bâtiment a été conservée
qui fait expressément référence à Raban Maur (Rabanus
Maurus, (vers 780, 4 février 856) était un moine et abbé
de l'abbaye de Fulda de 822 à 842, prêtre et archevêque de
Mayence, polymathe, enseignant et auteur. En tant
qu’érudit, abbé et archevêque, il a été l’une des figures
les plus importantes de la période de bouleversement du IXe
siècle, connue sous le nom de Renaissance carolingienne).
Architecture
L’église Saint-Michel est située à proximité immédiate de
la cathédrale de Fulda sur le Michaelsberg. Du bâtiment
carolingien d’origine, seule la crypte a survécu.
Cependant, des éléments essentiels de la conception
architecturale originale, qui est attestée par la
description dans la Vita Aegil de
Brun Candidus de Fulda et qui est décrite ci-dessous, ont
été perdus lors de la rénovation des Xe et XIe
siècles après d'importantes destructions, peut-être par
une invasion hongroise. Le bâtiment central, entretenu
dans la tradition chrétienne primitive, s'élevait en
rotonde sur huit colonnes, comme il le fait encore
aujourd'hui. La pièce centrale était entourée de ce qui
était à l'origine un déambulatoire à un étage, aujourd'hui
à deux étages. La rotonde avait à l'origine une voûte ou
un dôme avec une clé de voûte apparente. Sous l’église, se
trouvait la crypte, qui a été aménagée comme un sous-sol,
voûtée sur deux murs concentriques et une colonne centrale
et accessible de l’extérieur, qui est le plus ancien
composant qui subsiste, datant de l’an 820, et est un
exemple très ancien d’une crypte en forme de salle, unique
dans sa construction en termes d’histoire du bâtiment. En
conséquence, il avait une salle centrale formée par
l'anneau intérieur des murs et également entourée d'une
galerie voûtée en berceau. Au centre, se trouvait la
courte colonne centrale avec son chapiteau ionique qui,
avec les murs intérieurs de l'anneau, portait l'anneau
intérieur de la voûte. Le chapiteau, qui apparaît
archaïque malgré l'inclusion d'éléments antiques et est
considéré comme plus ancien que l'édifice pour des raisons
stylistiques, est probablement “d'usage secondaire" et
proviendrait apparemment de l'abbaye de Sturmia vers 750
ou 765.
Symbolisme du bâtiment
Brun Candidus interprète le concept global comme une
représentation symbolique de la relation entre le Christ
et l’Église (Christi et ecclesiae puto praesignari
posse figuram),
la colonne centrale de la crypte et la clé de voûte sont
donc des symboles du Christ, qui a commencé et achèvera la
construction de l’église, les huit piliers sont des
symboles du peuple qui a accompli les huit béatitudes du
Sermon sur la Montagne et peuvent donc être considérés
comme des piliers de l’Église. La forme circulaire
symbolise la vie éternelle et les récompenses durables que
les croyants pouvaient y espérer. On suppose que la
rotonde Anastasis de l’église du Saint-Sépulcre de
Jérusalem ou des bâtiments ronds et polygonaux de
l’Antiquité tardive et du début du Moyen-Âge tels que
Santa Constanza à Rome, la rotonde mariale à Centula
(abbaye de Saint-Riquier) ou la chapelle palatine
d'Aix-la-Chapelle ont servi d’inspiration. Une tradition
de tombes à deux étages remontant à l’Antiquité est
également envisagée.
Histoire
L'église
sur le site du cimetière du monastère a été conçue par
Rabanus Maurus, entre 820 et 822, probablement en
référence à l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem (selon
une vision dépassée du moine et maître d'œuvre Rachulf,
qui a construit les cryptes de la basilique de Ratgar,
mais n'est pas mentionné dans les sources écrites en
rapport avec la Michaelskirche) et placée le 15 janvier
822 par l'archevêque Haistulph sous le patronage de
l'archange Michel. Il n'est pas certain que le
déambulatoire de la crypte ait servi de charnier, comme on
l'a supposé à diverses reprises, et que les ossements
récupérés lors du creusement des tombes dans le cimetière
du monastère y aient été entassés. Une reconsécration a eu
lieu en 1092 avec quatre autels. En 1193, un cinquième
autel fut consacré. Une réplique du Saint Sépulcre a
également été érigée, mais elle n'a pas été conservée.
Après d'importantes destructions, d'importants travaux de
rénovation eurent lieu aux Xe et XIe
siècles, la rotonde fut surélevée, reçut une galerie avec
fenêtres sur l'intérieur et l'extérieur au deuxième étage
et fut prolongée par des bâtiments annexes en forme de
croix. De plus, une tour ouest a été ajoutée. Ceci est lié
à l’établissement d'une prévôté de Saint-Michel sous
l’abbé Ruthard. Au XIe siècle, plusieurs reclus
vivaient à Saint-Michel, probablement dans la crypte.
Parmi eux se trouve l’historien Marianus Scotus. Dans la
seconde moitié du XIIe siècle, la tour a reçu
un beffroi. [...] Le
11 septembre 1944, l’église a été gravement endommagée par
un bombardement, mais a été restaurée après la fin de la
guerre en 1948. »
Commentaires de ce texte
Nous avons repris presque intégralement ce texte de
Wikipédia apparemment très documenté sur l'abbaye de Fulda.
Malheureusement, le texte original écrit en allemand a été
traduit peut-être imparfaitement par un programme
automatique, si bien que certaines parties peuvent sembler
difficiles à comprendre.
De même, nous aimerions avoir connaissance du texte exact de
la Vita
de l'abbé Eigil par Brun Candidus. En effet, l'auteur du
texte de Wikipédia semble s'inspirer directement de cette
Vita pour affirmer que « L’église Saint-Michel de
Fulda a été construite ...
sur ordre de l'abbé Eigil entre 820 et 822. ». La
date est extrêmement précise pour une construction qui s'est
probablement étalée sur plusieurs années. De plus, alors que
dans un grand nombre de cas les Vitae (Vies de saints) sont
écrites plusieurs dizaines (voire centaines) d'années après
la mort du saint, pour celle-ci, l'écriture des événements
est récente et on peut même envisager que Brun Candidus ait
été un témoin direct des actes de l'abbé Eigil. En
conséquence, la connaissance du texte exact s'avère
déterminante afin de lever toute ambiguïté (Construction de
cette église ? Reconstruction ? Construction partielle ?
Construction d'un autre édifice ? Financement en vue d'une
construction ?). Dans tous les cas, c'est une des premières
fois où l'on a un texte susceptible de donner la datation
d'un modèle de nef à plan centré.
L'auteur nous dit encore : « Du
bâtiment carolingien d’origine, seule la crypte a survécu.
Cependant, des éléments essentiels de la conception
architecturale originale, qui est attestée par la
description dans la Vita Aegil de
Brun Candidus de Fulda et qui est décrite ci-dessous,...
». Nous aimerions connaître dans le détail la description de
cet édifice par Brun Candidus. Car nous avons une autre idée
de l'évolution du bâtiment. Tout d'abord en ce qui concerne
la première phrase, « Du
bâtiment carolingien d’origine, seule la crypte a survécu.
». Nous pensons que, certes, la crypte a probablement
survécu, … mais elle a été profondément modifiée. C'est du
moins ce que nous révèle son plan (image
9). On découvre immédiatement sur ce plan les
cercles concentriques des murs. Et si on ne voit que cela,
on en déduit que le plan est parfait. Mais immédiatement
après, on remarque d'autres murs disposés en rayons reliant
les murs circulaires. Et on voit alors que le plan n'est
plus parfait : il manque des murs. Pareillement pour les
fenêtres à ébrasement : il en manque quelques unes.
Certaines sont d'ailleurs obturées. Ce plan est donc
imparfait. Disons-le tout de suite : ce n'est pas normal !
Car, selon nous, les architectes du premier millénaire
visaient à la perfection. Et pour eux, la perfection
s'exprimait dans la symétrie des formes.
Regardons à nouveau ce plan en se focalisant sur les
fenêtres placées sur le mur extérieur circulaire. Cinq
d'entre elles sont situées dans la partie supérieure de
l'image … à intervalles réguliers. Il suffit d'ajouter de
part et d'autre de ces cinq fenêtres et pour le même
intervalle, une autre fenêtre, pour découvrir neuf fenêtres
placées à intervalles réguliers. Et comprendre qu'à
l'origine, il devait y avoir douze fenêtres disposées d'une
façon régulière.
Mais la même opération peut être faite avec les murs
intervallaires entre les les murs circulaires. Quatre au
moins d'entre eux rayonnent en direction du centre et ils
s'intercalent entre les fenêtres . On peut penser qu'à
l'origine il y en avait douze identiques. Mais étaient-ce
bien des murs qu'il y avait à l'origine ? Ces murs
rayonnants vers le centre (tous ne le sont pas) ont pu être
ajoutés après pour permettre de voûter le couloir à
déambulatoire entre les cercles de murs concentriques. Si
nous posons cette question, c'est parce que nous pouvons
voir sur l'image 8 de
la vue centrale de la crypte, sur le mur derrière le pilier
central, un pilier inséré dans la maçonnerie. En
conséquence, nous devons envisager qu'à l'origine, il n'y
avait pas dans la partie centrale un mur circulaire mais une
série de piliers rectangulaires disposés en cercle :
peut-être 12, plus sûrement six.
Une chose n'a pas été dite jusqu'à présent, l'existence de
fenêtres. Nous en comptons neuf ... dont six murées. Il y en
avait probablement douze à l'origine … dont aucune murée. En
effet, à quoi sert de fabriquer une fenêtre si on doit la
boucher ? Cela signifie qu'à l'origine, la crypte n'était
pas souterraine mais aérienne ; ce n'était pas une crypte
mais le rez-de-chaussée d'un bâtiment.
Dernière remarque concernant le pilier central au chapiteau
ionique de l'image 8. On nous dit que cette
forme architecturale est exceptionnelle. En fait, nous avons
déjà vu cela à Saint-Michel-de-Cuxa
(Pyrénées-Orientales/Occitanie/France). C'est le fameux «
palmier » qui occupe lui aussi le centre d'une pièce.
Lorsque nous avons étudié cette anomalie, nous avons
envisagé qu'à l'origine l'espace était vide, encadré par de
hautes parois, une sorte de cour intérieure. La pose de ce «
palmier » au centre de la salle aurait permis son voûtement.
Il en serait de même ici. On aurait eu à l'origine un
bâtiment à deux étages. Avec dans la partie inférieure un
mur extérieur percé de douze fenêtres entourant un noyau
central composé d'une série de piliers quadrangulaires
disposés en cercle (6 ? 8 ? 12 ?). À l'étage supérieur, le
noyau central était formé de colonnes cylindriques
(peut-être les mêmes que les actuelles). Le mur extérieur du
niveau inférieur se poursuivait à l'étage supérieur. On
aurait donc affaire à une construction analogue à celles
d'Aix-la-
Chapelle ou d'Ottmarsheim (Haut-Rhin/Grand Est/France).
Mais bien sûr tout cela doit être vérifié sur place.
Dernière remarque : les auteurs parlent d'une ressemblance
avec le Saint Sépulcre de Jérusalem (« elle
a été incontestablement considérée comme le plus ancien
exemple de réplique de l'église du Saint Sépulcre en
Allemagne,... »). En fait, nous ne voyons pas de
ressemblance. Il s'agit d'un essai de justification de la
rotondité de cette église. Nous pensons qu'elle avait une
fonction de lieu de « parlement ».
Datation
envisagée pour l'église Saint-Michel de Fulda : an
825 avec un écart de 100 ans.