L'abbatiale d'Eberbach
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Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de cet
édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia)
et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous
avons en particulier abondamment consulté le site Internet http :
//romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« La
fondation du monastère cistercien d’Eberbach remonte à
Bernard de Clairvaux. Après la fondation du monastère de
Himmerod en 1135 dans l'Eifel, le monastère de Clairvaux,
de l’Ordre cistercien, essayait de trouver un autre
monastère fils en Allemagne. Ainsi, le 13 février 1136, le
monastère d’Eberbach fut fondé par l’abbé Ruthard et 12
moines envoyés de Clairvaux. Le monastère était sous le
patronage de Marie Immaculée, et avait le patronage
secondaire de Jean-Baptiste. Ces deux monastères ont été
fondés par l'abbaye primaire de Clairvaux. [...]
La
base du couvent d'Eberbach était un monastère augustinien
fondé en 1116 par l'évêque de Mayence Adalbert I er.
Son saint patron était Saint Thomas. Cependant, le
monastère en fut expulsé par Adalbert en 1131 en raison
d’une prétendue indiscrétion et déplacé à Saint Agidius à
Mittelheim. Les bâtiments du monastère ont été
temporairement utilisés pour un prieuré du monastère de
Johannisberg. Ainsi, les cisterciens ont pu s’installer
dans les bâtiments abandonnés et construire un nouveau
monastère selon les idéaux cisterciens.
Le
monastère d’Eberbach s’est développé rapidement. Dès 1142,
le monastère fils de Schönau dans l'Odenwald été fondé. À
cette époque, selon les statuts des cisterciens, le
monastère d’Eberbach devait déjà compter plus de 60
moines. [...]
Eberbach
a connu sa première crise pendant le schisme de l’église
entre 1160 et 1170. L'ordre cistercien a soutenu le pape
Alexandre III contre les papes de l’empereur Frédéric
Barberousse des Hohenstaufen. »
Le texte de Wikipédia est nettement plus détaillé que les
extraits que nous donnons ci-dessus. Mais ce texte parle
principalement de l'ordre cistercien et de son implantation
dans cette région d'Allemagne, les principales abbayes étant
filles de Clairvaux ou de Morfond et mères des nombreuses
autres abbayes (jusqu'en Sicile).
Tout en étant certainement très intéressant, ce texte ne
nous apprend pas grand chose vis-à-vis des objectifs de
datation des édifices que nous nous sommes fixés.
Il confirme cependant une de nos idées. Mais avant cela,
commençons par citer quelques unes de ces abbayes avec, pour
chacune, la date de sa fondation : Aubazine (1142), Belloc
(1144), Bonnaigue(1143), Boquen (1137), Cadouin (1115),
Flaran (1151), Fontfroide (1146), ...
Instantanément une idée s'impose à notre esprit : Aubazine a
été construite en 1142, Belloc, en 1144, Bonnaigue en 1143,
etc. Nous estimons que cette idée qui semble très naturelle
est une fausse idée. Une fondation n'est pas une
construction. C'est une communauté humaine qui est fondée et
non des bâtiments. Et pour que la communauté puisse démarrer
immédiatement ses activités, il faut qu'elle soit installée
dans des bâtiments construits auparavant.
Et c'est bien ce qui se passe ici, la communauté de
cisterciens a remplacé, en 1136, une communauté d'augustins
fondée en 1116. Il est possible que cette communauté
d'augustins ait remplacé une autre communauté fondée 50 ans
auparavant. Mais aucun document ne vient confirmer cela.
Faut-il pour autant en déduire, ce que les spécialistes font
trop souvent, qu'une telle éventualité n'a pas eu lieu et
que la construction de l'abbaye a démarré à partir de
l'année 1116 ? En fait, il faut comprendre qu'il a pu y
avoir une succession d'ordres monastiques à Eberbach. Si on
sait beaucoup de choses sur les cisterciens d'Eberbach,
c'est probablement parce que c'était le dernier ordre à
occuper les lieux. Ils n'avaient pas intérêt à conserver les
archives de leurs prédécesseurs.
En résumé, si on sait qu'il y a eu fondation d'une
communauté cistercienne à Eberbach en 1135, on ne peut rien
dire ence qui concerne les bâtiments qui peuvent être
éloignés de plusieurs siècles par rapport à la date de 1135.
Il faut par ailleurs dire que, dans le cas le plus général,
on ne peut assigner une date fixe à l'ensemble des
bâtiments.
Essai de datation
Les images de 4 à 8
de l'intérieur de la nef permettent d'établir qu'à
l'origine, elle devait être à trois vaisseaux charpentés,
avec des piliers à section rectangulaire de type R0000
et des arcs simples . Elle aurait été voûtée en
voûtes d'arêtes au XIVe siècle. La nef primitive
ne devait pas posséder de transept. Celui-ci aurait été
construit au XIIIe ou XIVe siècle
(nous ne disposons pas d'image permettant de confirmer
cela).
Image 9. Nous
n'avons pas d'information sur la poutre de gloire située
dans cette salle. Le Christ, vêtu d'un long pagne et aux
bras en équerre, est d'apparence préromane. Mais peut-être
n'est-ce qu'une reconstitution néoromane ?
Datation
envisagée pour l'abbatiale d'Eberbach (nef
primitive) : an 800 avec un écart de 150 ans.