L'église Saint-André de Neustadt an der Donau 

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Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

Nous n'avons pas pu obtenir de renseignement sur cette église Saint-André sur les pages Internet parlant de Neustadt an der Donau. Par contre, la page du site Wikipédia décrivant le quartier thermal de Bad Gögging permet d'obtenir des bribes de renseignements :

« Histoire

L’histoire de Gögging en tant que station thermale commence également à l’époque romaine. Les sources de soufre de la ville thermale actuelle de Bad Gögging étaient manifestement utilisées par les Romains.
[...] Lorsque l’église locale a été reconstruite au début des années 1960, les restes des thermes de l'époque romaine ont été trouvés. Il a été constaté que le centre du complexe de bains romains était situé sur la colline de l’église. Sous l’église romane de Saint-André, il y a une piscine romaine avec un système de chauffage associé, le chauffage dit hypocauste. La piscine a une taille de 10,8 par 7,8 mètres.

Bad Gögging est mentionnée pour la première fois sous le nom de
“Keckinga” en 823. Le nom fait référence à une caractéristique importante de l’endroit et peut être traduit par “source vivante”. Le village, documenté comme “Göcking”, a continué sa tradition en tant que station balnéaire pour les Romains au Moyen-Âge, lorsque les anciens thermes étaient déjà couverts par l’église Saint-André. On ne sait pas quand les sources curatives ont été redécouvertes. Ce qui est certain, c’est que le duc Louis le Riche de Landshut le savait en 1470. Une partie des thermes romains trouvés sous l’église Saint-André est ouverte au public depuis 1980 en tant que Musée romain de spa et de bains. Seuls les vestiges peuvent être vus. [...]

L’église Saint-André elle-même est romane et possède un portail sculpté qui est stylistiquement lié à l’art des Magistri Comacini. Le tympan représente le Christ comme le juge du monde entre deux anges. Les reliefs latéraux représentent diverses figures allégoriques représentant le péché ou les vices humains. Les champs plus grands se réfèrent à l’Ancien et au Nouveau Testament et sont liés les uns aux autres. Les diverses scènes sur un portail roman d’une église locale sont rares dans le sud de la Bavière. »


Commentaires divers

La présence de vestiges de thermes trouvés à l’intérieur de l'église (images 1 et 2) montre l'ancienneté du lieu. Cependant, ce ne sont pas ces vestiges qui nous intéressent mais l'église qui les surmonte (images 1 et 2). À nef unique rectangulaire et chevet aussi rectangulaire surmonté d'une tour, elle s'apparente à certaines églises du Sud de la France que nous estimons de peu antérieures à l'an mille. On observe aussi cette ressemblance avec l'arc triomphal porté par des impostes à chanfrein vers l'intrados. Cependant, il est possible que la ressemblance soit purement fortuite (images 14 et 15).

Nous pensons que le portail Nord a été posé ultérieurement car sa pose aurait entra^né la suppression d'une fenêtre de façade (image 2). Il est entouré de pierres sculptées en bas-relief (images 3 et 4). Ces sculptures posent question car elles ne ressemblent pas à ce qu'on trouve dans l'art roman. Par rapport à celui-ci, il y a un mélange d’archaïsme et de modernisme.

Observons par exemple le tympan de l'image 5 : les traits des visages sont grossiers, les sculpteurs n'ont pas sculpté la mandorle qui entoure le corps du Christ. Comme s'ils l'avaient oubliée. On sent là, soit une négligence, soit un art non maîtrisé. Mais, à l'inverse, l'attitude des anges en train de danser fait penser à l'art gothique.

Image 6 : Cette image d'une femme portant un encensoir est vue ici pour la première fois. Si c'est une sainte, elle ne porte pas d'auréole. Par contre, un entrelacs est gravé sur sa poitrine.

Image 7 : C'est la représentation bien connue du centaure chasseur. Mais il est ici tourné de l'autre côté. Il porte un chapeau de forme conique.

Image 8 : Par son nimbe crucifère, cette figure pourrait représenter le Christ portant une croix processionnelle. L’archaïsme est fortement marqué.

Image 9 : Piédroit de gauche. Le bas-relief du haut présente un roi s'adressant à deux personnages portant un chapeau de forme conique. Sur la pierre située en dessous, la bordure inférieure du cadre a été supprimée. Il semblerait bien que cette pierre ait été utilisée en remploi. Il en serait de même pour les autres pierres sculptées. Les bas-reliefs se succèdent de plus en plus petits en descendant vers le bas. L'avant-dernière est un hybride représenté sur l'image 10. La dernière semble être un lion à queue feuillue : silhouette caractéristique, la queue du lion passe entre les pattes pour remonter le long du corps.

Image 11 : Piédroit de droite. On retrouve la même disposition de bas-reliefs disparates faisant penser à un matériau de remploi. Ce qui est confirmé avec l'avant-dernière pierre à partir du haut. Cette pierre présente sur sa face avant un sphinx à tête humaine. Mais on peut voir sur la face latérale gauche une scène en partie tronquée. Les deux panneaux supérieurs ont agrandis sur l’image suivante.

Image 12 : Le panneau supérieur est clair, c'est la scène de la crucifixion. Sauf que d'habitude, le Christ est représenté entre la Vierge et Saint Jean. Or il semblerait bien qu'il y ait deux femmes. Ajoutons que le Christ ne porte pas d'auréole et qu'il est vêtu d'un long pagne. Là encore, on note l’archaïsme de la scène.

Image 13 : Figure difficile à identifier. Sur son cadre, on peut voir des inscriptions. Signification ?

Image 14 : Intérieur de l'église faisant office de musée avec au centre un panorama sur les fouilles.


Datation

Il est difficile d'avancer une datation pour une église contenant des restes de thermes du IIe siècle et dont le portail pouvant dater du XIe sicle contient des bas-reliefs en remploi qui peuvent dater du IXesiècle. Aussi proposons nous cette datation pour l'église Saint-André de Neustadt an der Donau : an 1025 avec un écart de 150 ans.



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