La chapelle double Sainte-Croix de Landsberg
Nous n'avons pas visité cette chapelle.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture.
Une page du site Internet Wikipédia est consacrée aux
chapelles doubles. En voici des extraits :
« Les chapelles doubles
La double chapelle ou église double (au sens large) est un
édifice avec deux lieux de culte communs ou des chapelles
de fonctions liturgiques différentes, disposées l’une
au-dessus de l’autre. Habituellement, il y a une église de
célébration à l’étage supérieur au-dessus d’une chapelle
funéraire au sous-sol. .Dans cette forme particulière de
construction sacrée, qui a été utilisée dans
l’architecture européenne médiévale jusqu’au XIIIe
siècle, les deux salles de l’église ont été construites
l’une sur l’autre, généralement avec des plans d’étage
identiques, mais il existe également des exceptions telle
que la chapelle palatine Saint-Ulrich à Goslar.
L’attribution
antérieure des deux étages de la chapelle, qui supposait
une “séparation entre les classes sociales inférieures et
supérieures du Moyen-Âge”, dans laquelle la chapelle
inférieure était attribuée au “peuple” et la chapelle
supérieure aux “seigneurs féodaux”, ne peut être
corroborée par aucune preuve. Au lieu de cela, la
distinction entre une chapelle inférieure “publique”, dans
laquelle le souverain célébrait une messe avec ses invités
avant les actes officiels ou lors de “visites d’État”, et
une chapelle supérieure “privée”, dans laquelle la famille
du souverain en particulier pouvait participer au service,
ou bien (la distinction entre) une chapelle haute, qui
était réservée aux services de la cour, et une chapelle
basse comme chambre funéraire, qui servait également aux
messes funéraires, peuvent être acceptées. Dans ces
chapelles romanes, les chapelles supérieure et inférieure
sont généralement reliées entre elles par une ouverture de
plancher dans la chapelle supérieure, qui est généralement
prolongée secondairement.
La chapelle double a trouvé de nombreux successeurs, en
particulier sous le nom de Karner,
la combinaison de la chapelle de cimetière et de
l'ossuaire, et dans de nombreuses chapelles de cimetière à
deux étages dans le sud de l’Allemagne, en Autriche et en
Bohême. En tant que pures chapelles de cimetière, les
chapelles doubles étaient généralement dédiées à Saint
Michel. [...] »
Commentaires de ce texte
Les auteurs de ce texte envisagent plusieurs explications
possibles pour ces constructions un peu surprenantes et pour
leur usage. Avant de donner notre explication, il nous faut
accepter l'idée que cet usage a pu changer au cours des
siècles, que la raison première de construire sous cette
forme a fini pas disparaître et que la chapelle a pu être
utilisée de manière différente. La plupart des hypothèses
des auteurs sont basées sur l'idée que la chapelle
supérieure était plutôt réservée aux puissants, la partie
inférieure étant le domaine du peuple. C'est aussi ce que
nous envisageons. Certaines de ces chapelles ont la
particularité d'avoir un trou au centre du plancher de
l'étage supérieur. C'est le cas de celle-ci (image
9). La présence de ce « trou » fait immédiatement
penser aux églises à plan centré à deux étages : elles aussi
ont un trou au centre du plancher de l'étage supérieur
(exemple : la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle). Lorsque
nous avons étudié ces édifices, nous avons émis l'hypothèse
que c’étaient des « parlements », des endroits où l'on se
parle. Comparons avec ce qui se passe en France : le
bâtiment dit de « l'Assemblée Nationale » contient une
grande salle où se passent les débats. Tout autour et
au-dessus, il y a des tribunes où se trouvent des simples
citoyens qui assistent aux débats sans y participer. En ce
qui concerne les parlements du premier millénaire, il y
aurait eu la même chose mais en sens inverse : les débats
entre puissants se font au-dessus. Des personnages moins
importants (mais certainement pas le menu peuple) écoutent
ces débats dans la partie inférieure. Notre idée est que
certaines de ces chapelles doubles auraient pu servir de
parlements. Il existe cependant une différence avec les
églises à plan centré et à étage. La plupart des édifices à
plan centré sont dans des villes ou dans des endroits
isolés, mais non fortifiés. À l'inverse, ces chapelles
doubles sont situées dans des châteaux forts. Notre
hypothèse est la suivante : les monuments dc plan centré à
étage seraient un peu plus anciens que les chapelles
doubles. De plus, ils auraient été bâtis par des peuples
fédérés des romains (gaulois, francs) alors que les
chapelles doubles seraient saxonnes. Cependant, il ne s'agit
là que d'hypothèses qui doivent être soumises à de
nombreuses vérifications.
Concernant l'ancien château de Lansberg et sa chapelle
double, la page du site Internet Wikipédia qui leur est
consacrée nous apprend ceci :
«
Le château de Landsberg
Histoire
Des fouilles archéologiques ont montré que
l’impressionnante colline du château de Landsberg était
déjà fortifiée à l’époque slave. De petits vestiges d’un
rempart sont encore visibles sur le terrain. Lors de
l’enlèvement des couches de terre dans les années 1990, de
petits vestiges des murs du complexe du château médiéval
ont été découverts, qui présentaient des rayures sur le
plâtre. [...]
Au
XIIe siècle, Landsberg appartenait aux Wettins.
Lorsque Conrad le Grand de Meissen se retira au monastère
du Petersberg en 1156, il partagea ses biens entre ses
trois fils. Dietrich reçut l’Ostmark ou la Marche de
Lusace, à laquelle appartenait Landsberg. En 1174,
Dietrich est mentionné dans un document sous le nom de “Comes
de Landsberc”.
Ainsi, le château devait être achevé ou du moins en
construction à cette époque. Dietrich appartenait au
cercle rapproché de l’empereur Frédéric Barberousse. Il
participe à la campagne d’Italie de 1176/1177 et aux
négociations de paix à Venise. Le lien étroit avec
l’empereur explique également la conception de la chapelle
du château.
Les
chapelles doubles n’ont été construites qu’à proximité
immédiate de la maison impériale des Hohenstaufen. Sur la
base de l'histoire traditionnelle de la construction, on
suppose que le château a été achevé en 1184, l’année de la
mort de Dietrich. En tant que disciple important de
l’empereur, il est fort probable que Dietrich ait fait
construire dans son château des bâtiments qui
correspondaient au haut niveau artistique de la chapelle
du château.
La
chapelle double, dont les formes architecturales sont
redevables, selon Ernst Ullmann et d’autres, à une “idée
impériale staufienne”,
a été construite comme une structure unifiée entre 1156 et
1184. L’attribution d’une ancienne basilique comme
prédécesseur de la chapelle du château ou d’une éventuelle
collégiale, qui a été reconstruite plus tard (à partir de
1184), doit être rejetée comme fausse, à la fois sur la
base des recherches de construction de Reinhard Schmitt et
des sources et la littérature d'Auert-Watzik/Mertens.
L’utilisation de briques sur les absides du premier étage,
c’est-à-dire à la chapelle supérieure, place Landsberg
dans une série de bâtiments anciens en brique et place la
double chapelle dans un contexte de bâtiments des régions
lusitaniennes, du sud du Brandebourg et de Saxe. On ne
sait toujours pas pourquoi la brique a été utilisée comme
matériau visible de l’extérieur dans la chapelle
supérieure, qui était probablement réservée au margrave, à
la noble classe supérieure. Un arc aveugle au-dessus du
tympan du portail nord – malheureusement plâtré
aujourd’hui – est également en brique. [...]
»
Commentaires de ce texte
Nous n'avons que peu de choses à dire au sujet de cette
chapelle double dédiée à la Sainte-Croix. Il n'est pas
facile de la dater car nous n'avons eu que très peu d'images
de l'intérieur. La datation de la seconde moitié du XIIe
siècle nous semble néanmoins un peu tardive. Et ce, pour
plusieurs raisons. Pour la première, nous pensons que les
auteurs n'ont pas suffisamment envisagé que les bâtiments
avaient pu subir plusieurs campagnes de travaux. Un exemple,
relisons la phrase : « L’utilisation
de briques sur les absides du premier étage, c’est-à-dire
à la chapelle supérieure, place Landsberg dans une série
de bâtiments anciens en brique... ». L'auteur
n'évoque pas la possibilité que cette construction en
briques au premier étage ait pu être effectuée plusieurs
décennies après la construction en pierres de l'étage
inférieur. C'est pourtant cette explication qui donnerait la
solution la plus plausible à cette anomalie (image
4).
Toujours sur l'image 4, on note que les
absides de la partie inférieure sont toutes trois adossées
au même plan vertical et accolées entre elles. Ceci fait
penser au plan typique des églises à nefs à trois vaisseaux
charpentés avec trois absides en prolongement des trois
vaisseaux ; un plan très répandu en Europe … que nous
estimons préroman (antérieur à l'an 1000). Enfin, si la
porte de la façade Nord (images
4 et 5) dotée d'un beau tympan (image
6) nous semble romane (mais un premier art roman),
la porte de la façade Sud (image
7) est surmontée d'un linteau en bâtière finement
sculpté de feuillages et d'oiseaux affrontés qui nous semble
lui aussi préroman (voir l'image
8).
Datation
envisagée pour la chapelle double Sainte-Croix de
Landsberg : an1050 avec un écart de 100 ans.