Le monastère Notre-Dame de Magdeburg
Nous n'avons pas visité ce monastère.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
La première communauté spirituelle a été fondée entre 1015
et 1018 par l’archevêque de Magdeburg, Gero, en tant que
monastère collégial (Marienstift) et
dotée de chanoines augustins. Le bâtiment de fondation
aurait pu être en bois. La seule chose qui est certaine,
c’est que le prétendu document fondateur est un faux
postérieur. À partir de 1063/1064, l’archevêque Werner fit
construire le monastère Notre-Dame
(Liebfrauenstift) sous
la forme d’une basilique à trois nefs et à toit plat, dans
laquelle il fut enterré en 1078. Ce n’est qu’avec
l’archevêque Norbert de Xanten (1129-1134) et son
successeur Evermond qu’un nouveau chapitre s’ouvrit pour
la collégiale Sainte-Marie et donc aussi pour la
construction de l’église et des bâtiments conventuels
associés environ 50 ans après la mort de Werner.
En
1129, l'archevêque Norbert de Xanten transféra le
monastère à l'ordre des Prémontrés nouvellement fondé, ce
qui fut confirmé par le pape Honorius II. Ce monastère
prémontré, avec rang de prévôté indépendante, est devenu,
après, le monastère-mère de l’ordre dans sa région de
diffusion, à l'Est. C’est au cours de cette période qu’ont
eu lieu les travaux de reconstruction les plus importants
depuis le début de la construction, vers 1068-1078. Le
cloître a été construit à deux étages avec une “tonsure”
(?),
suivi du réfectoire d’été et d’hiver et de la salle
capitulaire. Entre 1130 et 1150, l’église est adaptée aux
nouvelles conditions liturgiques, le lieu de sépulture de
Norbert de Xanten est construit, les tours Ouest sont
érigées et les colonnes de la nef sont remplacées par des
piliers carrés pour accueillir une future voûte. En 1130,
l’hôpital Alexius fut remis au monastère.
Norbert
de Xanten fut enterré devant l’autel de la croix en 1134.
En 1151, sous Albrecht l'Ours, le monastère reçut
plusieurs villages en donation.
Le
Vendredi Saint de 1207, l’ancienne cathédrale de Magdeburg
a brûlé. La collégiale mariale du monastère Notre-Dame a
donc été élevée à la hâte au rang de cathédrale. Dès
Pâques, l'archevêque Albrecht Ier de Käfernburg
y a célébré la messe. En 1211, l’archevêque proclame
l'interdiction imposée par le pape à Otton IV dans cette
église. Entre 1220 et 1240, une vaste modernisation a eu
lieu. Ainsi, une voûte d'ogives a été créée dans la nef
centrale et des voûtes d’arêtes dans les bas-côtés.
Cependant, le caractère roman de l’église a été préservé.
»
Commentaires de ce texte
Plusieurs passages du texte semblent évoquer la situation
suivante : une première construction vers 1068-1069. Puis un
arrêt. Et enfin, une reprise des constructions 50 ans après,
«
entre
1130 et 1150 ». Mais l'insistance est plus
particulièrement accordée à la deuxième période avec des
mots forts comme « construction
de l'église »,
«
reconstruction », ou « l’église
est adaptée aux nouvelles conditions liturgiques ».
Et ce, sans trop savoir ce qui a été reconstruit et quelles
sont les nouvelles conditions liturgiques et les
modifications qu'il a fallu faire pour s'y adapter.
En fait, nous pensons que le ou les auteurs de ce texte de
Wikipédia n'ont fait que recopier des écrits de
prédécesseurs, lesquels avaient recopié les écrits de
prédécesseurs, et ainsi de suite. On remonterait sans doute
au XIXe siècle durant lequel quelques auteurs
lisant des actes datés respectivement de 1015, 1063, 1078,
etc., relativement précis sur certains événements (exemple :
enterrement de Werner dans la cathédrale en 1078) et
beaucoup moins précis, voire muets, sur d'autres (exemple :
commencement de travaux, fin de travaux, nature de ces
travaux), ont rédigé ce texte au vu de ces documents. Le
texte qu'ils ont écrit a été conservé. Qu'en est-il des
documents qu'ils avaient consulté ? Et au-delà de cela, il
faut se poser la question de l'absence de documents. Le
texte écrit ci-dessus démarre à l'année 1015 : « La
première communauté spirituelle a été fondée entre 1015 et
1018 par l’archevêque de Magdeburg, Gero, ... ».
Que s'est-il passé avant 1015 ? Puisque le texte parle d'une
« première
communauté », cela signifie qu'il n'y en avait pas
avant. Quelle est donc la charte authentique qui confirme
qu'il n'y avait pas de communauté avant ? Nous doutons qu'il
en existe. Très probablement, les auteurs du texte, ne
disposant pas de document antérieur à 1015, en ont déduit
qu'il n'existait rien auparavant. À titre de comparaison, je
ne sais rien de mes arrière-grands-parents, côté paternel.
Dois-je en déduire qu'ils n'ont pas existé ?
Selon nous, la démarche des auteurs du texte de Wikipédia a
été la suivante. On n'a pas trouvé de texte antérieur à
1015. Donc il n'y avait pas de communauté spirituelle avant
1015. À partir de 1063-1064, on parle d'une église. Donc
l'église a été construite après 1063-1064 (ce qui signifie
qu'entre 1018 et 1063, soit 45 ans, les moines assistaient à
la messe du dimanche en plein air). Mais cette église
contient des parties romanes d'un art roman plutôt tardif.
Donc il y a eu des reconstructions au XIIe
siècle. On le voit, il s'agit là d'un raisonnement
arbitraire, mais selon nous proche de la réalité.
Datation
de l'abbatiale
Extérieurement, cet édifice apparaît roman. Avec cependant
quelques parties exécutées ou reconstruites ultérieurement :
l'abside principale gothique et, probablement, les tours de
l'ouvrage Ouest (images de
1 à 7).
À l'intérieur (images de 8
à 10), le spectacle apparaît différent. Il y a
quelques années, nous aurions estimé cette église, gothique.
Cependant, observons plus particulièrement l'image
9. Nous
voyons à gauche une travée limitée par deux piliers.
D'autres travées analogues suivent cette travée. Sur une
travée donnée, on peut observer successivement et du bas
vers le haut : un arc en plein cintre formé de gros blocs
polychromes, une corniche horizontale de billettes, un arc
brisé, une corniche décorée d'arcatures lombardes, le
panneau supérieur percé d'une grande fenêtre, et enfin,
couronnant l'ensemble, la voûte sur croisée d'ogives.
On remarque immédiatement l'anomalie suivante : un arc en
plein-cintre (roman) est surmonté d'un arc brisé (gothique).
La seule explication est la suivante : il y a eu une
succession de travaux. L'église initiale devait avoir une
nef à 3 vaisseaux charpentés. Les piliers devaient être de
type R0000 (mais
cependant flanqués de colonnettes sur les angles). Les
impostes sur ces piliers avaient un chanfrein en biais
seulement du côté de l'intrados de l'arc. Ces dernières
particularités font envisager une datation tardive pour ce
type de nef à piliers R0000
et arcs simples.
Ultérieurement, à l'époque gothique, peut-être entre 1220 et
1240, comme il est écrit plus haut (« Entre
1220 et 1240, une vaste modernisation a eu lieu. »),
il a été décidé de voûter cette église. Sans doute pour des
questions d'esthétique, on a plaqué contre les murs romans
des arcs brisés, et au-dessus de ces arcs, on a élevé une
fine paroi recouvrant les murs romans. Puis on a adossé aux
piliers des colonnes ¾ cylindriques qui, prolongées en
hauteur, ont fini par porter les ogives de la voûte.
Le transept, haut et débordant (images
1, 3, 5 , 11), semble être d'un autre style que la
nef, tant pour les parties romanes que pour les parties
gothiques. Il pourrait avoir été construit à une époque
intermédiaire entre les deux.
L'absidiole Sud est, quant à elle, bien
romane. Elle est décorée d’arcatures lombardes (image
12). En fait, ce sont de fausses arcatures
lombardes : les blocs parallélépipédiques monolithes sont
creusés en forme d'arc. Remarquer la polychromie.
Les portails des images
13 et 14 sont aussi romans mais fortement
restaurés.
Le cloître (images 15, 16
et 17) est lui aussi roman, mais peut-être d'un
roman tardif (XIIIe siècle). Nous avons envisagé
un certain temps que la construction située dans la cour (images 17 et 18)
pouvait être un reste d'édifice à plan centré (parlement ?,
baptistère ?). Mais dans ce cas, le plan devrait être
circulaire et non elliptique (image
18). En conséquence, nous pensons à présent que
c'est une simple fontaine sans doute surmontée d'un château
d'eau.
Datation
envisagée pour l'abbatiale du monastère Notre-Dame
de Magdeburg : an 950 avec un écart de 100 ans.