L'ancienne église Sainte-Cécile de Cologne  

• Allemagne - Autriche - Suisse    • Article précédent    • Article suivant   


Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

L’origine du bâtiment de l’église remonte à un monastère de dames fondé à la fin du IXe siècle, qui a été dédié à Sainte Cécile de Rome. Pendant longtemps, on a supposé que la première cathédrale de Cologne se trouvait sur ce site. Les fouilles, cependant, ont pu exclure cette tradition. Au lieu de cela, les fondations d’une église rectangulaire ont été trouvées, qui appartenaient probablement au couvent des dames. Selon les documents sur la situation économique difficile du monastère au Xe siècle, l’archevêque Brun a légué 50 livres d'argent dans son testament en 965 pour l'achèvement de l'édifice de l'église. À cette époque, la crypte à l’Ouest de l’église, qui a été reconstruite en 1970, a apparemment également été construite pour la première fois pour stocker des reliques. À Sainte-Cécile, l’archevêque de Cologne avait l’habitude de célébrer la deuxième messe de Noël, après Sainte Marie au Capitole, ce qui soulignait l’importance particulière du monastère, qui se perdit dans la suite du Moyen-Âge. Cependant, le bâtiment de l'église ottonienne a dû céder la place à un nouveau bâtiment Hohenstaufen, au XIIe siècle. Dans sa conception modeste, le bâtiment diffère considérablement des autres grandes églises romanes de Cologne.

Depuis 1956, Sainte-Cécile abrite le musée municipal d'art médiéval de Schnütgen.
»


Commentaires de ce texte

On retrouve les mêmes erreurs réfutées sur ce site des centaines de fois. La principale d'entre elles consiste à dite quelque chose de ce genre : « Des documents montrent qu'il existait une église avant l'an mille ... mais ce n'est pas l'église que l'on voit … puisque l'église que l'on voit est du XIIe siècle. ». C'est bien ce qui se passe dans le cas présent : il existait une église au IXe siècle. Puis une autre au Xe siècle, partiellement financée par l'archevêque Brun (mort en l'an 965). « Cependant, le bâtiment de l'église ottonienne a dû céder la place à un nouveau bâtiment Hohenstaufen, au XIIe siècle. ». Bien sûr, la dernière affirmation n'est confirmée par aucun texte : si tel était le cas, la date et le contenu du texte auraient été sommairement précisés.

À cela s'ajoute une autre erreur. L'auteur du texte nous parle d'une « église ottonienne », d'un « bâtiment Hohenstaufen ». D'autres que lui évoquent des « églises carolingiennes » ou des « églises mérovingiennes ». Si tous ces spécialistes parlent de ces églises, cela signifie qu'ils doivent les connaître, qu'ils doivent faire la différence entre une « église ottonienne » et un « bâtiment Hohenstaufen ». Le moindre amateur d'art sait faire la différence entre une église romane et une église gothique, parce que les livres regorgent de croquis lui permettant de se familiariser. Mais on n'a pas de document décrivant avec précision les styles antérieurs à l'an mille. C'est normal puisque tout est du XIIe siècle !


Notre estimation

D'après notre méthode d'analyse de l'architecture mise en place dans le chapitre « Datation » de ce site, nous pouvons écrire ceci. L'église primitive avait une nef à trois vaisseaux charpentés et un chevet à trois absides en prolongement des vaisseaux de la nef. Le vaisseau central était porté par des piliers rectangulaires (de type R0000), eux-mêmes porteurs d'arcs simples et en plein cintre. Il n'y avait pas de transept ni d'Ouvrage Ouest. Nous pensons que ce type d'église a été construit pendant plusieurs siècles. Au fur et à mesure, les nouvelles églises se sont dotées d'un ou deux transepts, d'un chevet plus développé, d'un Ouvrage Ouest.

Justification de quelques affirmations : les trois vaisseaux étaient charpentés. Actuellement, le vaisseau central est charpenté mais les vaisseaux secondaires sont voûtés d'arêtes. Cependant, ces voûtes sont posées sur des doubleaux reposant sur des consoles accrochées au mur. C'est une innovation gothique. En conséquence, à l'origine les trois vaisseaux étaient charpentés.

Initialement le chevet était à trois absides en prolongement des vaisseaux de la nef. Le plan de l'image 4 montre que c'est le cas de l'absidiole Sud. L'absidiole Nord a été remplacée par une sacristie. Nous pensons qu'à l'origine, l'entrée de l'abside centrale était directement voisine de la première travée de nef, au même niveau que les absidioles. Cette abside aurait été supprimée, remplacée par l'actuel avant-chœur et reconstruite dans le prolongement de l’avant-chœur.

L'auteur du texte ci-dessus semble un peu gêné en évoquant la phrase suivante : « À cette époque, la crypte à l’Ouest de l’église, qui a été reconstruite en 1970, a apparemment également été construite pour la première fois pour stocker des reliques.». Il est possible que des mots tels que « construite pour la première fois » soient issus d'un texte d'époque. Il y a effectivement de quoi être un peu surpris. Car, logiquement, une crypte est construite avant la partie supérieure de l'église. En fait, il faut savoir que, dans de nombreux cas, les cryptes ont été emménagées à l'intérieur d'églises déjà construites. Nous pensons que la dévotion vis-à-vis des reliques a commencé très tôt, mais elle s'est amplifiée pour arriver à un véritable engouement vers le IXe ou Xe siècle. Ce qui correspondrait aux travaux sur la crypte Ouest effectués au Xe siècle.


Datation envisagée pour l'ancienne église Sainte-Cécile de Cologne : an 750 avec un écart de 200 ans.