La collégiale Saint-Pierre de Petersberg  

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Nous n'avons pas visité cette collégiale. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Jusqu’à la fin du Moyen-Âge, le Petersberg était connu sous le nom de Lauterberg. En 1218 au plus tard, le nom de “Saint-Pierre sur la Montagne Sérénissime” est apparu. Les archéologues soupçonnent qu'il y avait une colonie fortifiée au sommet de la montagne, qui a été transformée en site de culte slave au cours des VIIIe et IXe siècles. Apparemment, un château-refuge avec ses remparts entourait un sanctuaire slave, qui était donc situé sur la plus haute élévation du pays habité par les Slaves entre le Harz et l'Oder, les monts Métallifères et la mer Baltique.

Vers 1100, l'archevêque de Magdeburg construisit une petite chapelle sur le Lauterberg. Des vestiges de cette
cappella vetus (en latin, “ vieille chapelle” ) sont encore visibles aujourd’hui dans le cimetière du monastère. Le chroniqueur de Lauterberg rapporte en 1124 que le frère de Conrad le Grand , le comte Dedo IV de Wettin, avait fondé un monastère augustinien dédié à Simon Petrus sur le mons serenus (Lauterberg) et lui avait transféré une partie des revenus de ses biens allodiaux. Depuis 1069, le roi Henri IV ayant empêché les Wettins d’étendre leurs domaines à l’Ouest de la Saale, il semblait donc judicieux pour les Wettins de s’orienter vers la zone à l’Est de la Saale et vers le point le plus élevé du district de la Saale afin d’y établir un monastère : ils voulaient vivre ici pour créer un lieu de sépulture digne à proximité de leur ville ancestrale de Wettin, qui servirait, entre autres, à cultiver la commémoration des morts de Wettin et à consolider le lieu en tant que centre religieux et idéologique de représentation pour l’exercice du pouvoir de Wettin. [...]

Construite en 1124 comme maison-monastère et lieu de sépulture de la famille Wettin, la construction de la collégiale Saint-Pierre a finalement commencé en 1142. La basilique à trois nefs en forme de croix a un plan inhabituel en raison de son emplacement sur la crête de la montagne : la nef n’est que légèrement plus longue que la tour du transept, les bas-côtés semblent trop larges. À flanc de montagne, le cloître a été construit avec plusieurs niveaux de sous-sol. [...] »


Commentaires de ce texte

Il ne nous donne que peu d'informations sur l'église. Par contre, le teste complet de Wikipédia – nous ne donnons ici que des extraits –  est très disert sur la famille des Wettins et Conrad le Grand. Il ressort de ces explications que le Petersberg, qui a servi de lieu de sépulture à Conrad le Grand et à sa famille, devait être au carrefour de plusieurs peuples : les Francs, les Saxons, les Slaves. Ce que l'on peut retenir aussi c'est que les dates qui nous sont données, 1060 pour la plus ancienne, ne concernent pas le premier millénaire mais le second. On pourrait en conclure que puisque ça ne concerne pas le premier millénaire, on ne devrait pas en parler. Ce serait une
erreur ! Car, dans ce cas, on a toujours tendance à conclure que, puisqu'on n'a pas de texte écrit remontant au premier millénaire et parlant de la Saxe, il ne s'est rien passé. Or c'est faux ! D'une part, les historiens du temps de Charlemagne ont raconté très brièvement ses conflits avec les Saxons, voisins des Francs ... et avec les Arabes d'Espagne, à mille kilomètres des Francs. Très certainement, Charlemagne a eu plus de difficultés avec les Saxons qu'avec les Arabes. Ce qui signifie que, dès l'an 800, les Saxons devaient être un peuple très organisé. D'autre part, les églises étudiées précédemment montrent, qu'avant l'an mille, la région de Saxe devait être riche en constructions.


Les diverses constructions de ce monastère

Les diverses images que nous avons pu obtenir permettent de penser que, malgré toutes les vicissitudes que ce monastère a subies, certaines constructions ont pu avoir été conservées. Ainsi la vue satellitaire de l'image 1 permet d'identifier 3 constructions. En allant du Nord au Sud : les restes de ce qui semble être un chevet (image 2) ; la basilique et enfin un bâtiment en ruines (images 3 et 4).

Image 2 : Sur cette image pas très claire sur laquelle il est marqué Alte Kapelle (Vieille chapelle), on distingue des traces de murs. Il semblerait que ce soient les restes d'un chevet avec abside semi-circulaire et absidioles accolées à l'abside. À droite, il pourrait y avoir les restes d'un cimetière.

Images 3 et 4 : Ce bâtiment en ruines est situé tout à fait en bas de l'image 1 (drapeau légendé Klosterruine). Nous ignorons quelle était sa fonction. Mais au vu de son plan, ce n'était certainement pas une église. En revenant à l'image 1 : au vu de la distance entre les drapeaux intitulés Alte Kapelle et Klosterruine, on devine quelle pouvait être l'importance de cette abbaye.

Les images suivantes de 6 à 15 ne concernent que la collégiale.

L'image 7 de la façade Nord nous présente une belle église de style roman. Mais cette façade est-elle bien d'époque romane ? L'appareil de pierres nous fait plus penser à un style néo-roman que roman.

Il en est de même pour l'intérieur.

On a bien ici une nef à trois vaisseaux charpentés. Les arcs reliant les piliers sont en plein-cintre et à un seul rouleau. Donc une nef très semblable à celles vues auparavant. Mais les piliers sont à section octogonale, ou bien rectangulaires à coins tronqués. Cette forme de pilier est tout à fait inhabituelle. À chaque fois que nous l'avons rencontrée, nous avons soupçonné une conception tardive.

Cette idée est renforcée par le fait que l'église est trop parfaite, bien différente par sa perfection des églises du XIIe siècle que nous étudions par ailleurs. Certes, au cours de notre étude des églises du Nord de l'Europe, nous en rencontrons ayant le même degré de perfection. Dans ce cas, nous envisageons que ces églises ont été restaurées. Mais la plupart du temps, nous estimons que ces églises ont été restaurées en copiant les modèles anciens. Pour cette église, c'est un peu différent car la forme octogonale des piliers ne fait pas parie des modèles anciens. Les chapiteaux des images 14 et 15 nous confortent dans cette idée.

Les images 14 et 15 sont deux vues différentes d'un même chapiteau représentant les symboles des évangélistes.

Pour l'image 14 : le Taureau de Saint Luc et l'Homme de Saint Mathieu.

Pour l'image 15 : l'Aigle de Saint Jean et le Lion de Saint Marc.

Remarquer le réalisme et la finesse d'exécution de ces œuvres ni romanes, ni gothiques, mais très probablement du XIXe ou du XXe siècle.


Datation

Comme nous l'avions dit ci-dessus, en étudiant les églises précédentes, nous avons estimé que les restaurations successives n'avaient que peu modifié l'architecture de l'édifice, les restaurateurs s'étant efforcés de recopier le modèle ancien. Nous pouvions alors envisager une datation. Ce n'est pas le cas ici. La restauration est selon nous trop forte et nous ne pouvons pas retrouver quelle était l'église d'origine qui, selon nous, était antérieure à l'an mille, contrairement à l'opinion de l'auteur du texte de Wikipédia qui la place au XIIe siècle.


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