La Frankenturm de Trèves 

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Nous n'avons pas visité ce monument. Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

Nous nous sommes aussi en partie inspirés du livre Palatinat Roman de la collection Zodiaque, écrit par Dithard von Winterfeld, Professeur de l'Histoire de l'Art de l'Université de Mayence. Nous en conseillons la lecture.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monument nous apprend ceci :

« Historique

La Frankenturm
a été construite vers 1100 et mentionnée pour la première fois dans un document en 1298. Elle porte le nom de l'un de ses habitants du XIVe siècle, Franco von Senheim. La technique de maçonnerie de l’édifice imite délibérément l’apparence des ruines romaines, qui étaient encore visibles en grand nombre à Trèves à cette époque. Pour la construction de la tour, des matériaux provenant de bâtiments romains ont également été obtenus. La base est constituée de blocs parallélépipédiques antiques de grand format, tout comme ceux des angles. Les étages supérieurs sont recouverts de blocs de pierre calcaire, qui sont traversés de doubles couches de briques romaines préfacées à des intervalles de cinq à huit couches. Une pierre semi-circulaire provenant d’une tombe du IIe siècle a été utilisée comme linteau. Le reste de l’inscription de la spolia murée à l’envers se lit comme suit : ... BI ET AMA ... AE SE ... CONIUG ... VIS FEC ... et se traduit par ... pour lui-même et pour Amandia Seva (Seura?), son épouse, de leur vivant ... Les fenêtres en plein cintre en dalles de pierre sont romanes, tout comme les deux fenêtres jumelles couplées donnant sur la rue, derrière lesquelles se trouvait probablement le logement de l’étage principal. L'entrée haute d’origine au premier étage du côté long à l'est n’était accessible que par un escalier extérieur en bois (la grande porte au rez-de-chaussée de la tour qui existe aujourd’hui date d’une période ultérieure); l’escalier pouvait être tiré vers le haut en cas de défense.

Cette force défensive des bâtiments particuliers indique que la fortification de la ville est incomplète et ne fonctionne plus à cette époque. Il y a actuellement 13 maisons-tours médiévales à Trèves, dont, outre la Frankenturm, seules la tour de Jérusalem (XIe siècle), la Konviksturm (probablement du XIIe siècle) et la Dreikönigenhaus (de 1230) sont en grande partie conservées, les autres ne pouvant être indiquées que par des vestiges inclus dans des bâtiments ultérieurs ou même pzr des découvertes archéologiques.

La Frankenturm servait de tour résidentielle pour les administrateurs qui étaient au service de l’archevêque. À l’origine, elle avait cinq étages.
[...] »


Commentaires de ce texte

Nous ne sommes pas du tout d'accord avec le contenu de ce texte.

Et nous ne sommes pas les seuls ! Sur la même page du site Wikipédia, la légende de l'image identique à celle de l'image 5 ci-dessous est la suivante : « Carte des ensembles résidentiels fortifiés au Haut Moyen-Âge ». Sont indiqués sur cette carte, sous la forme de petites tours stylisées, dix emplacements fortifiés. Une vue détaillée (voir l'image 6) permet de localiser :

• en 2 : la  Dreikönigenhaus (datée par l'auteur du texte ci-dessus de 1230).

• en 5 : la Frankenturm (datée par l'auteur du texte ci-dessus de 1100).

• en 6 : la Turm Jérusalem (datée par l'auteur du texte ci-dessus du XIe siècle).

Rappelons que le Haut Moyen-Âge correspond à la période [500 ; 900].

À cette apparente contradiction, nous ajoutons nos propres observations. Relisons le texte : « La Frankenturm a été construite vers 1100. ... La technique de maçonnerie de l’édifice imite délibérément l’apparence des ruines romaines,... Pour la construction de la tour, des matériaux provenant de bâtiments romains ont également été obtenus. .... La base est constituée de blocs parallélépipédiques antiques de grand format, tout comme ceux des angles. Les étages supérieurs sont recouverts de blocs de pierre calcaire, qui sont traversés de doubles couches de briques romaines préfacées à des intervalles de cinq à huit couches. ». Pour paraphraser une publicité bien connue : « Ça ressemble à du romain, ça à le goût du romain, c'est fait avec du romain, … mais ce n'est pas du romain ! ». En fait, nous avons constaté à plusieurs reprises que les historiens de l'art étaient bien meilleurs que les danseuses-étoiles en ce qui concerne la technique du grand écart : un pied dans le quatrième siècle et l'autre de l'autre côté de l'an mille. Bien meilleurs que ces danseuses car celles ci mettent de temps en temps un pied entre les deux extrêmes. Jamais pour les historiens de l'art. Les murailles à alternance de pierre et de brique sont, soit des fortifications romaines du IVe siècle, soit des constructions du XIIe siècle copiées sur des vestiges romains.

Les historiens de l'art ne semblent pas envisager que, puisque les villes qui contiennent ces restes de fortifications existent encore, c'est parce qu'elles ont été constamment occupées du IVe au XIe siècle. Ce qui signifie que, durant ce temps, des fortifications ont été construites ou au moins entretenues.

Obnubilés par l'idée de dater du XIe ou XIIe siècle ces tours de Trèves, les spécialistes n'ont pas vu tout l'intérêt qu'elles pouvaient présenter non seulement pour l'histoire de Trèves, mais aussi pour celle de toutes les autres villes possédant des fortifications analogues. Les plans des images 5 et 6 sont en cela très instructifs. Sur l'image 5, on peut voir en noir le tracé des murs anciens passant par la Porta Nigra et la Porta Inclyta. Ces murs entourent l'ancienne ville romaine au plan quadrillé. La première constatation que l'on doit faire est que les 10 tours indiquées sur ce plan ne sont pas sur le rempart, mais à l'intérieur de celui-ci et dans un ordre dispersé. Ce qui laisse envisager que ces tours ne sont pas romaines (du IVe siècle) mais postérieures. De plus, l'emplacement de ces tours ne correspond pas au plan qui devait exister au Moyen-Âge. Elle devraient dons être antérieures à l'an mille. On constate sur l'image 6 que quatre de ces tours sont situées sur la muraille de l'enclos cathédral. Mais les autres tours posent problème car elles ne semblent pas entourer des quartiers. C'est en effet là pour nous un problème. Conformément à ce qu’écrit André Corboz dans son livre intitulé Haut Moyen-Âge, nous pensons que de nombreuses villes étaient partagées en quartiers séparés par des murailles. Ces quartiers devaient être occupés par des peuples : latins, goths, francs, etc. Il faudrait voir s'il existe des murs continus reliant ces tours ou si chacune est isolée par rapport aux autres. Dans le premier cas, on aurait la possibilité de groupements humains, dans le second cas, l'indépendance de familles.


Datation envisagée pour la Frankenturm de Trèves : an 650 avec un écart de 200 ans.



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