L'église Saint-Georges d’Oberzell (Ȋle de Reichenau)
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet
(ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues
d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté
le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Historique
Aux premiers siècles du Moyen-Âge, la vénération et les
reliques de saint Georges sont arrivées depuis l'Italie
dans le royaume des Francs mérovingiens. En effet,
l'archevêque de Mayence et de Reichenau, l'abbé Hatto Ier(actif
de 891 à 913), a reçu du pape Formose, à Rome, en 896,
diverses reliques du saint – l'église romaine de la ville
de San Giorgio dans le Velabro a joué ici un rôle
considérable – et il est revenu avec ces reliques dans les
Alpes auprès des Francs suisses orientaux. Là, il a
réparti son précieux trésor entre différentes institutions
religieuses si bien que le monastère de Reichenau du lac
de Constance, dirigé par Hatto, est entré en possession de
certaines reliques de saint Georges dont une partie du
chef (du crâne) du martyr. L'église de la “tête de
Georges” sur le Reichenau, plus exactement dans
l'Oberzell, ainsi fondée par Hatto, fut sûrement une
actrice majeure dans le développement de la vénération du
martyre de saint Georges dans la Souabe médiévale.
[...]
D'après
la tradition de Gallus Öhem, l'église Saint-Georges s'est
constituée dès le départ de l'abbé Ruadhelm (838-842)
après que Haïto (806-823) en ait été le fondateur. La
recherche d'aujourd'hui attribue l'église, donc,
unanimement à Hatto Ier.
L'église Saint-Georges est un bâtiment carolingien tardif
construit vers l'an 900, qui fut élargi plusieurs fois par
la suite. Elle est consacrée à saint Georges et appartient
au groupe d'églises dédiées à ce saint parmi les plus
anciennes d'Europe. Ses magnifiques peintures murales
remontent en bonne partie au IXe siècle avec
quelques apports aux Xe et XIe
siècles. L’œuvre peinte de Reichenau est ainsi considérée
comme un magnifique exemple artistique de l'époque
charnière entre l'Empire carolingien et ottonien.
[...]
Architecture
L'église préromane de Saint-Georges, fondée par Hatto, se
trouve sur une petite colline près de la pointe orientale
de l'île de lac de Constance. Composée de trois nefs
suivant le plan basilical avec des nefs collatérales plus
basses, elle possède également une tour de croisée.
[...] La
crypte située au-dessous du chœur est une grande salle
carrée à quatre colonnes encadrant l'autel. Peut-être
prévue pour la conservation des reliques de saint Georges,
cette crypte devait être prévue dès la phase initiale de
la construction de l'église.
Vers
900, la première église investie sous Hatto
Ier
possédait, ce qu'on peut encore voir aujourd'hui, la
longue nef de l'église avec ses rangées de colonnes et la
crypte. Alors que l'église était encore en pleine
construction, on n'a pas hésité à modifier ses plans sur
place en prévoyant la construction d'un édifice de taille
encore plus imposante correspondant au supposé
développement d'un pèlerinage votif à Saint-Georges.
Ainsi, l'église aurait dû posséder probablement au lieu de
l'aile transversale correspondant au bâtiment
rectangulaire situé derrière le chœur de l'église
actuelle, un chœur avec trois coupoles en formes de petits
cônes donnant ainsi à l'édifice une véritable fonction
d'église reliquaire et de tombeau “payant”
pour le saint.
Autour de l'an 1000, on décida d'ajouter au côté ouest de
la longue nef une abside arrondie, peut-être parce qu'on
voulait ramener les reliques de Saint Georges au niveau du
sol de l'église et les placer dans ce nouveau chœur
occidental. À la même époque, pourraient avoir été
réalisées les fresques de la longue nef. Au début du XIe
siècle, enfin, apparaissait le bas vestibule étendu et la
création de la chapelle de Saint Michel. De manière
contemporaine, les petites absides en forme de cônes du
bâtiment transversal étaient reconstruites et déplacées
dans les ailes transversales du bâtiment rectangulaire. »
Explications et
commentaires
Ce texte a été traduit de l'allemand par un programme de
traduction automatique. En conséquence, certaines parties
devenues incompréhensibles ont été supprimées. D'autres
parties du texte nécessitent une explication. Il en est
ainsi de la phrase : «
Ainsi, l'église aurait dû posséder probablement au lieu de
l'aile transversale correspondant au bâtiment
rectangulaire situé derrière le chœur de l'église
actuelle, un chœur avec trois coupoles en formes de petits
cônes donnant ainsi à l'édifice une véritable fonction
d'église reliquaire et de tombeau “payant”
pour le saint. ». Les «
petites absides en forme de cônes » sont
probablement des absides ou absidioles à plan
semi-circulaire voûtées en cul-de-four. Il est aussi
probable que les restes de ces absides aient été découvertes
lors de fouilles. Lesquelles semblent apparaître dans le
coin inférieur droit de l'image
1. Nous
n'avons malheureusement pas vu d'image d'un plan de ces
probables fouilles. L'auteur adopte l'hypothèse selon
laquelle ce chœur à absides en cul-de-four aurait été
imaginé (mais non construit) postérieurement à la
construction initiale (« en
prévoyant la construction d'un édifice de taille encore
plus imposante ». Ayant eu l'occasion d'envisager
une autre possibilité pour d'autres monuments de ce site,
nous la proposons : l’église primitive devait avoir une nef
à trois vaisseaux avec trois absides en prolongement des
vaisseaux. Cette église n'avait pas de transept (ou corps de
bâtiment transversal) comme il est indiqué ci-dessus.
Ultérieurement, on décide de construire un transept en
remplacement d'une ou deux travées de nef. Ce transept est
débordant, donnant à l'église un plan en forme de croix. On
profite de l'opération pour supprimer l'ancien chœur. Les
trois absides qui existaient précédemment étaient accolées,
ce qui devait constituer une gêne lors de célébrations
simultanées. La construction d'un transept débordant
permettait de séparer les absides. L'abside centrale était
conservée, voire agrandie, les absidioles secondaires
étaient greffées sur les croisillons du transept et donc
séparées de l'abside principale. Plus tard, par exemple lors
des guerres de religion, les croisillons du transept et les
absides auraient disparu. Il ne resterait que la tour de
croisée du transept, et peut-être, les restes d'un
avant-chœur. Ce déroulé permettrait d'expliquer la
dernière phrase « De
manière contemporaine, les petites absides en forme de
cônes du bâtiment transversal étaient reconstruites et
déplacées dans les ailes transversales du bâtiment
rectangulaire. ».
Une autre explication nous semble aussi nécessaire. Elle
concerne la phrase : « Autour
de l'an 1000, on décida d'ajouter au côté ouest de la
longue nef une abside arrondie, peut-être parce qu'on
voulait ramener les reliques de Saint Georges au niveau du
sol de l'église et les placer dans ce nouveau chœur
occidental. [...} Au
début du XIe siècle, enfin, apparaissait le bas
vestibule étendu et la création de la chapelle de Saint
Michel. ». Examinons le coin supérieur gauche de
l'image 1.
On y voit, dans l'axe de l'église, un bâtiment
rectangulaire moins large que le vaisseau central de la nef.
Puis un corps de bâtiment à plan semi-circulaire. Et enfin
la nef à trois vaisseaux. Le premier bâtiment rectangulaire
serait le « le
bas vestibule étendu » qui contiendrait la «
chapelle de Saint Michel ». Le corps de bâtiment à
plan semi-circulaire serait l'abside arrondie citée
ci-dessus. Il s'agit en fait d'une contre-abside, souvent
présente dans des édifices dits « carolingiens ». Cette
contre-abside est visible sur les images
8 et 9. On remarque de plus la présence de deux
fenêtres géminées situées à mi- hauteur. Ces fenêtres
communiquent avec le bâtiment situé en arrière qui serait,
selon nous, la chapelle Saint Michel. Nous avons constaté à
plusieurs reprises que le premier étage d'ouvrages Ouest
suffisamment imposants étaient réservés à des chapelles
dédiées à Saint Michel. Selon nous, cela n'est pas dû au
simple hasard. Saint Michel, pourfendeur des démons, procède
à la pesée des âmes. Ses attributs sont le glaive et la
balance. Ces chapelles Saint Michel auraient-elles servi de
cours de justice ?
Datation
Sur quels arguments s'appuie l'auteur du texte de Wikipédia
–
et avant lui tous les auteurs qui l'ont inspiré –
pour justifier sa datation aux alentours de l'an 900 ?
Essentiellement sur des textes écrits.
Il semblerait qu'il y ait eu une fondation (d'église ?
d'abbaye ? de communauté villageoise ?) par Hatto (806-
823). Celui-ci a eu un successeur, l'abbé Ruadhelm
(838-842). Ce serait l'abbé Hatto 1er (actif de
891 à 913) qui aurait construit la première église vers l'an
900 (cf ci-dessus : « Vers
900, la première église investie sous Hatto
Ier
»). Concrètement, cela signifie que pendant au moins 94 ans
(des débuts de Hatto (806) à la construction par lui vers
900) quatre générations de moines se seraient succédé pour
assister tous les jours à la messe sous une pluie battante,
attendant qu'on veuille bien leur construire une église.
Soyons clairs ! Il existait un lieu de culte en 806. Et
peut-être même bien avant. En effet, fondation ne signifie
pas construction. La fondation est celle d'une communauté et
non d'une église. En général, la fondation d'une communauté
conduit à l'installation de cette communauté. Mais, tout
aussi généralement, cette installation s'effectue dans des
lieux construits auparavant, ce qui n'empêche pas qu'il y
ait des constructions ultérieures. Parfois, lorsque la
communauté qui occupait auparavant les lieux a été chassée,
l'installation ne nécessite pas de construction nouvelle. Et
la communauté nouvelle ne cherchera pas à faire l'historique
de la communauté ancienne. Bien au contraire ! La date de
fondation de cette communauté (ici 806) sera l'an 1 de la
communauté et sauf autre information, la précédente
communauté sera oubliée.
Mais revenons à la date de l'an 900 avancée pour la
construction de cette « première
église ». En fait, tout semble se ramener à un
enchaînement de raisonnements apparemment logiques. En l'an
896, Hatto 1er ramène de Rome un ensemble de
reliques de Saint Georges et il décide de les répartir dans
son diocèse. Il en donne certaines à Oberzell. Afin
d'accueillir ces prestigieuses reliques, on décide de
construire un beau reliquaire. Ce reliquaire sera l'église
qui est dédiée à Saint Georges. D'où la date de l'an 900
pour la construction de cette église. Ce raisonnement nous
semble un peu « tiré par les cheveux » mais il semblerait
bien que ce soit celui donné par l'auteur. Il est certain
que de prestigieuses reliques attiraient les pèlerins et
contribuaient à l'enrichissement du monastère. Mais de là à
provoquer la construction immédiate de l'église de ce
monastère, il y a un pas difficile à franchir. Certes, il y
a eu des aménagements en vue de placer ces reliques dans un
bel écrin, mais un écrin sécurisé : les vols de reliques
étaient fréquents. Dans la pratique, on utilisait en général
les cryptes pour cet accueil des reliques. En conséquence,
rien ne prouve que la nef de l'église actuelle ait été
construite vers l'an 900.
À l'inverse, compte tenu du caractère archaïque de
l'architecture de cet édifice et de sa ressemblance avec les
nefs de Mittelzell et Niederzell, nous proposons une
datation analogue.
Datation envisagée
pour l'église Saint-Georges d’Oberzell : an 750 avec un
écart de 100 ans.