L'église des Saints-Pierre-et-Paul de Niederzell (Île de Reichenau)
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet
(ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues
d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté
le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Historique
Une première église vouée à saint Pierre est érigée ici en
premier par l'évêque alaman Egino de Vérone en 799, qui
voulait aussi construire une “cella”
(c'est-à-dire
une cellule monastique, donc par extension un monastère)
pour y vivre ses derniers jours, après avoir fondé le
diocèse de Vérone. Cette retraite monastique dépendait de
l'abbaye de Reichenau. Il y meurt en 802. Il est considéré
comme bienheureux par l'Église. Cette église est à nef
unique avec une abside abondamment ornée de fresques
aujourd'hui disparues. Après deux incendies, l'église est
reconstruite sans transept vers 1080 et de nouvelles
fresques la décorent. Les derniers travaux de toiture
datent de 1134. L'intérieur est réaménagé entre 1750 et
1760.
Architecture
L'église
romane avec ses lourdes colonnes est flanquée des deux
côtés de la façade orientale de tours jumelles érigées au
XVe siècle. Les fenêtres trop importantes de
l'abside comportent une fenêtre du milieu d'époque romane,
qui devait être autrefois pourvue de vitraux.
L'abside en cul-de-four est richement décorée de fresques
du XIe siècle de style lombard, style apprécié
par l’abbaye de Reichenau. Egino y est enterré.
L'intérieur de l'église a été remanié en style rococo
entre 1750 et 1760. Les fenêtres sont agrandies et la
tribune d'orgue aménagée.
On remarque l'entrée de côté à la chapelle d'Egino qui
servait à la récitation des Heures par les bénédictins.
»
Commentaires de ce texte
On retrouve ce que nous avons rencontré à de nombreuses
reprises sur les pages d'Internet dans nos recherches en
documentation sur la datation des monuments. Dans le
paragraphe « Historique »,
on nous apprend l'existence d'une église antérieure à l'an
mille. Puis l'église est «
reconstruite » après l'an mille (ici l'an 1080).
Mais ce, sans autre précision. On ne dit pas ce qu'est
devenu l'édifice ancien. Encore moins s'il reste des traces
de l'édifice ancien dans l'édifice actuel. Cet édifice
ancien a disparu comme par enchantement. Ce qui n'empêche
pas certaines précisions sur cet édifice. Comme celles que
l'on a ici : « Cette
église est à nef unique avec une abside abondamment ornée
de fresques aujourd'hui disparues. »
À ce catalogue de certitudes qui nous sont assénées, nous
préférons l'analyse de l'architecture de cette église. Sa
nef à trois vaisseaux charpentés est caractérisée par son
archaïsme. Elle s'apparente plus à une basilique
paléochrétienne du Ve siècle qu'à une basilique
romane du XIIe siècle, à nef entièrement voûtée.
Or la date 1080 qui nous est donnée n'est antérieure que de
vingt ans au douzième siècle. Nous pensons qu'en l'an 1080,
les bâtisseurs étaient capables de faire beaucoup mieux.
Ajoutons à cela un grand absent de cet édifice : le
transept. Là encore, nous pensons que la construction de ce
corps de bâtiment dans une église correspond à une
innovation ecclésiastique de peu antérieure à l'an mille.
Il apparaît cependant que cette église, très bien restaurée,
est sans doute trop bien restaurée. Il nous semble en effet
peu probable qu'elle soit restée totalement intacte pendant
plus d'un millénaire. Certaines parties ont été remplacées
et les crépis ou badigeons nous empêchent de connaître
l'état avant restauration.
Sur la page du site « Trésors
romans » consacrée à cette église, nous avons pu
recueillir la photographie de l'image
10. Elle représente une carte de l'île de
Reichenau aux alentours du XVe siècle (datation
estimée à partir de coques de navires). L'église des
Saints-Pierre-et-Paul de Niederzell est reconnaissable grâce
aux deux tours de sa façade occidentale. Elle est aussi
nommée (écriture difficilement lisible) (image
11). Sur l'image
12, on
reconnaît à gauche l'église d'Oberzell. Ces deux églises,
Niederzell et Oberzell, semblent avoir peu changé depuis le
XVe siècle.
Il n'en est pas de même de l'abbatiale
de Mittelzell (au centre de l'image
12, bâtiment situé en avant de l’ensemble
monastique à plan carré). Si le chevet et transept Est se
devinent sur cette image, ce n'est pas le cas du transept
Ouest et de la tour Ouest, qui étaient peut-être intégrés
dans un seul ensemble. En ce qui concerne la nef, on ne voit
pas apparaître le toit du collatéral Nord. La surprise vient
surtout de la découverte d'une autre église située plus en
arrière. Elle est désignée comme étant « S Joan ». C'est une
église à plan basilical, donc analogue aux trois autres
églises de Reichenau. Elle serait à l'emplacement d'une
église identifiée sur Google Maps sous le nom
« Kirchengemeinde Reichenau » (nous n'avons pas trouvé sur
Internet la dédicace de cette église).
Datation
envisagée pour l'église des Saints-Pierre-et-Paul
de Niederzell : an 800 avec un écart de 150 ans.