La basilique Saint-Michel de Altenstadt bei Schongau 

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Nous n'avons pas visité cette basilique. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Altenstadt, l’ancienne Schongau, était un lieu de repos militaire au Haut Moyen-Âge et un point de stockage et de transbordement pour les marchands sur le chemin entre Augsbourg et le Tyrol et l'Italie. À la fin du XIIe siècle, les riches citoyens ont donc décidé de construire une nouvelle église paroissiale spacieuse. Aucun document relatant le processus de construction n’a subsisté. Certains restes de poutres en bois pourraient être datés par dendrochronologie entre 1165 et 1177.

L’architecture simple et monumentale de la basilique sans transept fait référence à des modèles directs issus du Nord de l'Italie. Le nouveau bâtiment a probablement été réalisé par une équipe itinérante italo-lombarde du nord. Du moins le maître d’œuvre connaissait bien les modèles italiens (comme San Savino à Piacenza). Altenstadt présente également des similitudes évidentes avec la basilique Saint-Pierre de Straubing en Basse-Bavière. Les deux églises étaient sous l’autorité de l’évêque d’Augsbourg.

Lorsque la colonie a été déplacée à l’Umlaufberg du Lech au début du XIIIe siècle, Alt-Schongau a perdu son importance. L’église a continué à servir d’église paroissiale pour les habitants devenus principalement ruraux de la “vieille ville” de Schongau. Pour des raisons financières seulement, il n’y a pas eu de transformations majeures. Même le baroque, qui couvrait autrement les bâtiments sacrés du “Pfaffenwinkel” avec ses riches formes décoratives, est resté presque sans aucune influence.
[...]

Lors de la restauration de 1961/1963, on est revenu en arrière sur les changements néo-romans et l’intérieur a été rapproché de son état haut-médiéval. En raison de l’abaissement du sol, les bases des piliers d’origine sont à nouveau visibles aujourd’hui. Les absides latérales ont également été rouvertes. [...]

Architecture

La basilique est le seul édifice sacré voûté de la fin de la période romane en Bavière. L’église mesure environ 40 m de long, 18,65 m de large, la nef centrale mesure 13,2 m de haut et 6,7 m de large.

L’extérieur est clairement structuré. À l’est, les deux tours (32 m) flanquent l’abside principale, elle-même accompagnée des absides latérales. La maçonnerie de tuf ordinaire ne porte pas de plâtre. La structure architecturale sobre se compose de corniches, de bandes de pilastres, de la “bande allemande”  et de frises en plein cintre.

Deux portails mènent à l’intérieur. Le tympan du portail ouest
(image 5) montre un guerrier combattant un dragon. Cette représentation peut être interprétée comme une bataille du bien contre le mal. Des représentations similaires peuvent également être trouvées sur d’autres bâtiments sacrés de cette période. À l’extérieur, deux colonnes sont exposées, qui reposaient à l’origine sur deux lions. Les sculptures ont été enlevées en 1826, l’un des lions est conservé à Schongau dans la niche d’une façade de grand magasin.

Le portail nord a une belle décoration de feuilles sur les chapiteaux et sur le linteau. Les armoiries papales du tympan commémorent l’élévation au rang de basilique mineure en 1966.
[...] »


Commentaires sur ce texte de Wikipédia

L'argumentation est récurrente. Presque à chaque fois que nous abordons le descriptif d'un monument rédigé sur une page Internet (Wikipédia ou autres), on nous apprend que le site est ancien, connu dès le Haut Moyen-Âge, que le monument a été construit après l'an mille, principalement au XIIe siècle. Rien n'est dit sur les constructions antérieures effacées comme par magie. Aucune justification n'est apportée sur la datation au XIIe siècle du monument.

Certes, dans le cas présent, il y a la phrase « Certains restes de poutres en bois pourraient être datés par dendrochronologie entre 1165 et 1177.», qui pourrait justifier une datation. Mais d'une part, on ne dit pas où ont été trouvés ces restes de poutres en bois qui peuvent provenir d'un corps de bâtiment plus récent. De plus, pour un bâtiment donné, la toiture est la partie la plus fragile et donc la plus fréquemment remplacée. Il est donc possible qu'en 1165, on ait effectué le changement de charpente de l'édifice construit trois cent ans auparavant.


Les éléments caractéristiques de l’église

Le plan (image 4) est celui d'une nef à trois vaisseaux avec trois absides semi-circulaires en prolongement des vaisseaux. On trouve ce type de plan plus particulièrement en France. Il semblerait qu'il ait succédé au plan de nef à trois vaisseaux et à chevet à une abside (semi-circulaire ou rectangulaire) en prolongement du vaisseau central. Nous remarquons qu'il n'y a pas de transept (ou un faux-transept fabriqué sur les collatéraux de la première travée de nef). Il n'y a pas non plus d'ouvrage Ouest. Dans de nombreux autres cas d'églises, un transept a été ajouté sur une nef plus ancienne dépourvue de transept. Ce n'est pas le cas ici. Mais cette particularité rend l'église plus intéressante à étudier, car elle permet de montrer qu'un plan très caractéristique d'église est antérieur à l'invention ou à la généralisation du transept.

Ajoutons à cela l'étude de l'intérieur de la nef (image 6). Le vaisseau central est actuellement porté par des piliers de type R1111 (la section horizontale est un rectangle avec une saillie semi-circulaire sur chaque côté du rectangle). Fait surprenant dans la pratique, pour les piliers de type R1010 ou R1110 ou R1111, les arcs reliant les piliers sont à double rouleau. Ce n'est pas le cas ici. Nous pensons, mais sans certitude avérée (il faudrait effectuer une étude plus fine) qu'à l'origine, les piliers étaient de type R1110. Ils auraient été transformés en piliers de type R1111 par ajout d'une colonne demi-circulaire du côté du vaisseau central. À l'origine toujours, les collatéraux devaient être voûtés et le vaisseau central, charpenté.

Le portail Ouest (image 5) : il représente Saint Michel terrassant le Dragon. En fait, l'image est plus complexe car, semble-t-il, un homme sort de la gueule du Dragon. Peut-être l'image signifie-t-elle que Saint Michel libère une âme de l'Enfer ?

Crucifixion (image 8) : le Christ crucifié est représenté entre la Vierge et Saint Jean. Seul le Christ semble appartenir à la période romane.

Les fonts-baptismaux (images de 9 à 15)  : on peut voir à la base quatre masques crachant des flots. Ils représentent les 4 fleuves du paradis. La surface de la cuve de forme hémisphérique est divisée en 8 scènes par des bandes circulaires ou semi-circulaires entrelacées. À l'intérieur des bandes circulaires, sont représentés les symboles des Évangélistes : l'aigle (image 9), le taureau (image 14), l'homme (image 15). À l’intérieur des bandes semi-circulaires, on peut voir le baptême du Christ (image 10), Saint Jean et l'Agnus Dei (image 11), la Vierge et l'Enfant (image 12), Saint Michel et le Dragon (image 10).

Il nous est difficiulté de proposer une datation pour cette œuvre. Le thème de la Vierge et de l'Enfant semble remonter au XIIe siècle. Inversement, le Christ représenté nu dans les eaux du Jourdain nous semble nettement plus ancien (Xe siècle). Quant à la représentation de Saint Jean Baptiste et de l'Agnus Dei, c'est la première fois que nous la rencontrons. Elle pourrait aussi dater du Xe siècle. Pourtant toutes ces représentations sont contemporaines. D'où nos hésitations à dater cette belle œuvre.


Datation envisagée pour la basilique Saint-Michel de Altenstadt bei Schongau : an 950 avec un écart de 100 ans.