Diverses églises de la province de Groningue (Pays-Bas)  

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Dans la présente page, nous étudions les trois églises suivantes de la province de Groningue : l’église Sint-Sebastiankerk de Bierum, l’église Sint-Janskerk de Huizinge et l’église Sint-Nicolaaskerk d’Oldenzijl.
Nous n'avons pas visité ces églises. Les images ci-après sont extraites des galeries d'Internet.



L'église Sint-Sebastiankerk de Bierum

Selon Madame Ava van Deijk, auteure du livre Pays-Bas romans de la Collection Zodiaque (extraits) : « [...] Le clocher, construit vers l'an 1200, forme avec la nef la partie la plus ancienne de l'église ; le chœur polygonal, avec ses étroites fenêtres ogivales, date du XIVe siècle où il remplaça le chœur primitif semi-circulaire et sans doute plus étroit.

À l'exception de sa face orientale, le clocher est orné de trois panneaux creux en plein cintre. Une petite arcature court le long de ses côtés et sur les murs extérieurs de la nef, dépourvus par ailleurs de toute ornementation. Sur la façade Sud, apparaissent des lésènes ; mais elles sont absentes sur la façade Nord. Les fenêtres de la nef appartiennent déjà au style de transition. La partie occidentale comprend une porte obstruée au Nord et une autre ouverte au Sud.

À l'intérieur, le clocher se révèle posséder une chapelle au premier étage, et, au rez-de-chaussée, une petite pièce qui par la suite a servi de cachot
. [...]

L'église possède des fonts baptismaux du XIIIe siècle en grès de Bentheim, provenant de l'église de Toornwerd. Leur cuve est ceinte d'une frise de pampres et d'un bandeau en éventail entre lesquels s'intercale une double tresse. »


Quelques explications ou commentaires sur ce texte

arcatures et lésènes : les lésènes sont des pilastres qui séparent des panneaux surmontés d'arcatures lombardes. Celles-ci sont de deuxième génération. Elles semblent contemporaines aux fenêtres et donc dater d'une période tardive dans l'art roman. La phrase « Sur la façade Sud, apparaissent des lésènes ; mais elles sont absentes sur la façade Nord. » paraît totalement anodine. Elle ne l'est pourtant pas. Le fait que le mur Nord soit différent du mur Sud amène à conclure qu'il y a eu plusieurs étapes de travaux, éventuellement distantes de plus d'un siècle. En effet, l’hypothèse la plus logique, confirmée par de nombreuses observations est que le plan d'origine était
idéal : les deux murs symétriques par rapport à l'axe principal devaient être identiques. Et donc l'un des deux murs au moins ne doit pas être d'origine. Nous envisageons même que les deux murs ne soient pas d'origine.

style de transition : il s'agit probablement de la transition entre l'art roman et l'art gothique. Des fenêtres entourées d'un tore analogues à celle de l'image 5 se retrouvent dans les premières églises gothiques.

– L'existence d'une chapelle au premier étage du clocher n'est pas exceptionnelle. De telles chapelles existent dans nombre d'ouvrages Ouest, et la dédicace à Saint Michel y est relativement fréquente.

– la forme du clocher encadré par deux bâtiments symétriques annexes fait immédiatement penser au plan vertical transverse d'une nef basilicale à trois vaisseaux. En conséquence, nous envisageons la succession d'événements suivants : une première église est construite. Elle est à plan basilical avec une nef à trois vaisseaux, la construction étant légère. Une première transformation est effectuée avec l'installation d'un clocher sur la première travée, côté Ouest. Ce clocher est posé sur les piliers du vaisseau central après renforcement de ceux-ci, les collatéraux étant conservés. Une deuxième construction est opérée avec la transformation progressive de la nef triple en nef unique. Les murs extérieurs primitifs sont conservés, mais renforcés et surélevés. Cette transformation s'effectue en deux temps : probablement, le mur Sud, puis le mur Nord. Nous avons un indice qui pourrait permettre de confirmer cette hypothèse de l'historique des constructions : sur l'image 2, la partie de façade Sud du clocher située au-dessus des toits de la nef, « (clocher) orné de trois panneaux creux en plein cintre » est selon nous plus ancienne que les murs situés en contrebas.

– Les images 7 et 8 font apparaître que les points de départ des arcs et ogives soutenant les voûtes en croisée d'ogives de la nef sont décalés. Ceci signifie que la construction de ces voûtes s'est faite en plusieurs étapes. Cette nef unique (qui a peut-être succédé à une nef triple) aurait été d'abord charpentée, puis voûtée en croisée d'ogives.

Les fonts baptismaux (image 9), estimés par l'auteure du XIIIe siècle, sont selon nous préromans. On retrouve en effet certains décors caractéristiques vus auparavant à Vries (deux pages antérieures) : cuve cylindrique, pied cylindrique reposant sur une base carrée, pampre de vigne avec grappes et feuilles étalées, feuilles stylisées dressées.


Datation envisagée pour l'église Sint-Sebastiankerk de Bierum : an 1050 avec un écart de 150 ans. Remarque : une telle datation essaie de prendre en compte l'hypothèse d'une nef triple antérieure à la nef unique actuelle, sans toutefois en assurer la certitude.




L'église Sint-Janskerk de Huizinge

Selon Madame Ava van Deijk, auteure du livre Pays-Bas romans de la Collection Zodiaque : « Le petit village de Huizinge possède une église exceptionnelle qui vaut d'être visitée. De loin, c'est à peine si on aperçoit l'édifice car la tour basse du XIVe siècle est presque entièrement cachée par de grands arbres. Celui qui traverse la grande grille pour pénétrer dans le cimetière, ressent, un court instant, l'impression étrange de se trouver devant une chapelle circulaire (image 12). Ce qu'il voit est seulement le chevet semi-circulaire de l'église que prolonge une nef unique. Construits tous deux vers le milieu du XIIIe siècle, ils relèvent de la période de transition. [...]

[...] Les tores encadrant les fenêtres au Nord de la nef et celles du chœur annoncent déjà la période de transition dans laquelle les bâtisseurs commençaient à travailler la brique avec une ingéniosité qui n'allait cesser de croître. »

Petit commentaire de ce texte. Bien que cette église soit postérieure à l'an mille, nous avons choisi de l'étudier car elle est en brique. L'usage de la brique est connu dès l'antiquité (Mausolée de Galla Placidia à Ravenne, Ve siècle). Mais cet usage semble avoir disparu durant les périodes préromanes et romanes pour réapparaître durant la période gothique. Mais en des endroits ciblés, comme le Toulousain. Quelles sont les raisons de ces changements apparemment désordonnés ? En ce qui concerne le Toulousain, on évoque le manque de pierres de taille. Et, pour son absence en d'autres lieux, le coût de fabrication de la brique lié à l'utilisation de grandes quantités de bois. Cependant, les considérations financières n'expliquent probablement pas tout. Car les problèmes financiers ont existé de tout temps. Et nous ne comprenons pas pour quelles raisons il y a absence de monuments en brique antérieurs à l'an 1000 (voire 1200) même dans les pays où ce matériau a été utilisé ultérieurement.

Datation envisagée
pour l'église Sint-Janskerk de Huizinge : an 1150 avec un écart de 50 ans.




L'église Sint-Nicolaaskerk d'Oldenzijl

N'ayant pas d'image de l'intérieur, nous avons des difficultés à décrire cette église à nef unique dont le chevet est décoré d'arcatures lombardes. Elle ressemble beaucoup à celle de Huizinge d'écrite ci-dessus.

Madame Ava van Deijk la date de la première moitié du XIIIe siècle. Nous pensons qu'elle est plus ancienne. Elle témoigne d'un art roman tardif et, sauf si on devait reporter l'art gothique au XIVe siècle (alors que les débuts du gothique étaient jusqu'à présent datés du début du XIIIe siècle, voire même avant : 1145 pour la Cathédrale de Noyon), on peut difficilement admettre pour cette église une datation du XIIIe siècle.

Datation envisagée pour l'église Sint-Nicolaaskerk d'Oldenzijl : an 1150 avec un écart de 50 ans.