Deux églises de Nimègue (Gueldre/Pays-Bas)
Dans la présente page, nous étudions les deux monuments
suivants de Nimègue : la
chapelle Sint-Nicolaaskapel et l'église
ruinée de Barbarossa.
Nous ne les avons pas visité. Les images de cette page sont
extraites d'Internet.
La
chapelle Sint-Nicolaaskapel
Selon Madame Ava van Deijk, auteure du livre Pays-Bas
romans de la Collection Zodiaque
: « Le
palais dit “fondé par Charlemagne” fut dévasté dès 1047.
En 1155, l’empereur Barberousse décida de le faire
reconstruire ; c'était la plus occidentale des grandes
résidences des empereurs. Pourtant, à la fin du XVIIIe
siècle, le complexe impérial fut presque entièrement
détruit. Il n'en reste que quelques bâtiments dont deux
sont romans : la chapelle polygonale Saint-Nicolas et la
“ruine de Barberousse” ou chapelle Saint-Martin, dont il
ne reste qu'une partie et qui appartenait au château de
l'empereur Barberousse.
La chapelle Saint-Nicolas (nommée à tort “chapelle
carolingienne”) est remarquable en raison de son plan à
seize pans que couronne un noyau octogonal plus élevé. Cet
édifice à plan centré de style roman précoce est analogue
à la chapelle du palais d'Aix-la-Chapelle, mais il est
privé de massif occidental. Il date au plus tôt du
deuxième quart du XIe siècle, comme l'indiquent
certains détails, tels que les petites fenêtres en plein
cintre dans les panneaux creux et les chapiteaux cubiques
des arcades de la galerie supérieure du déambulatoire à
seize pans. L'annexe du portail du côté Nord et les
parties en tuf volcanique appartiennent à la campagne la
plus ancienne de construction. [...] »
Commentaire de cette
partie de texte
Il y a dans cette description une sorte de volonté de nier
une plus grande ancienneté que le XIe siècle. Cet
édifice ressemble énormément à la chapelle palatine
d'Aix-la-Chapelle : au rez-de-chaussée, même type de
déambulatoire séparé du noyau central par des piliers à base
bi-rectangulaire dotés d'impostes ; à l'étage, même genre de
claire-voie. On serait donc tenté à la simple vue de
l'architecture globale de dater cet édifice des environs de
l'an 800 (la chapelle palatine aurait été construite sous
Charlemagne). Eh bien non ! Selon l'auteure, elle aurait été
construite au moins deux siècles plus tard (« au
plus tôt du deuxième quart du XIe siècle
») ! Par ailleurs, la précision « du
deuxième quart du XIe siècle » serait
admirable si chacun d'entre nous se sentait capable de dater
avec la même précision et du premier coup d’œil une
construction du XXe siècle. Par ailleurs, Madame
Ava van Deijk établit sa datation sur l'examen de fenêtres,
chose que nous ne faisons jamais, car les fenêtres font
parties des éléments susceptibles d'être modifiés au cours
du temps. Elle se base aussi sur l'examen des chapiteaux,
mais là encore, nous ne sommes pas certains que ces
chapiteaux cubiques soient du XIe siècle. Il
faudrait un examen détaillé de ces chapiteaux (pour
certaines églises, les colonnes et chapiteaux ont été
changés au XIXe ou XXe siècle).
Dernière remarque : l'auteure nous dit, d'une part, en se
basant sur les fenêtres et les chapiteaux, que l'église date
«
au plus tôt du deuxième quart du XIe siècle
» ; mais un peu plus loin, en se basant sur d'autres
critères, elle révèle que « L'annexe
du portail du côté Nord et les parties en tuf volcanique
appartiennent à la campagne la plus ancienne de
construction. ». Ce qui signifie que les parties
qu'elle cite sont plus anciennes que le deuxième quart du
XIIe siècle.
Face à ces incohérences, nous proposons la datation suivante
:
Datation envisagée
pour la chapelle Sint-Nicolaaskapel de Nimègue : an 875 avec
un écart de 100 ans.
L'église
ruinée de Barbarossa
Reprenons le texte de Madame Ava van Deijk : « De la chapelle Saint-Martin, appelée aussi “ruine
de Barberousse”, il ne subsiste que l'abside avec son cul-de-four
et une partie de ses parois latérales. La chapelle se
composait de deux niveaux ; au début du XIXe
siècle, on démolit les voûtes d'arêtes de l'église
inférieure, une sorte de crypte. Ces voûtes reposaient sur
des colonnes détachées.
À l'extérieur, l'abside présente une ornementation de
style rhénan qui ne correspondait pas à la disposition
intérieure des murs. L'arc triomphal de l'abside repose
sur deux colonnes romaines que couronnent des chapiteaux
carolingiens en marbre. [...] »
L'image 7 permet
de visualiser l'emplacement du château de Barberousse.
Le chevet (image 8)
est décoré d'arcatures lombardes séparées par des lésènes.
Le fait que l'arc triomphal (image
10) soit porté par des colonnes monolithes (image
11) par l'intermédiaire de chapiteaux composites (image 12) milite en
faveur d'une ancienneté. Mais, comme le souligne Madame Ava
van Deijk, l'intérieur de l'édifice apparaît plus ancien que
l'extérieur. Ce qui est bien déroutant.
Datation envisagée
pour l'église ruinée de Barbarossa : an 975 avec un écart de
75 ans.