Autres monuments de Rhénanie du Nord - Westphalie (page 2/2)  

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Cette page étudie les monuments suivants : l'église Sainte-Walburge de Meschede, la cathédrale de Minden, la cathédrale Saint-Paul de Münster, l'église Saint-Lutger de Münster, la cathédrale de Paderborn.

Ces cinq édifices n'auraient pas dû, a priori, être insérés dans ce site. En effet, notre étude concerne des monuments susceptibles de dater du premier millénaire. Avec cependant une prise en compte des marges d'erreur ou d'incertitude. Et aussi, une prise en compte de la continuité temporelle : le premier millénaire ne s'arrête pas à l'an mille (plus exactement le 31 décembre 999 à 23,9999... heures). Nous avons donc anticipé ces difficultés en estimant une fin progressive limitée à l'an 1100. Et nous essayons de repérer les édifices caractéristiques de cette période. Cependant, il nous arrive de dépasser la date de 1100 quand nous estimons que des traits particuliers de l'architecture sont susceptibles d'expliquer une architecture antérieure. Concernant les cinq églises que nous avons ici, qui peuvent être attribuées à une période de transition entre l'art roman et l'art gothique, nous ne pouvons apporter que peu de réponses concernant l'architecture. Mais il ne faut pas oublier que notre étude sur le premier millénaire concerne aussi son histoire. Et nous avons découvert, à travers la richesse des informations récoltées sur divers sites, que l'histoire de ces monuments pouvait éclairer celle du premier millénaire.

Nous n'avons pas visité ces églises. Notre étude de ces édifices s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet. De plus, nous avons pu identifier un nombre important de monuments grâce au livre Westphalie Romane de la Collecton Zodiaque, écrit par Uwe Lobbedey.



L'église Sainte-Walburge de Meschede

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

L’année exacte de fondation est inconnue. La seule chose qui est claire, c’est que les débuts remontent au IXe siècle. On suppose qu’elle a été fondée entre 804 et 860. Cela en fait le deuxième plus ancien couvent de Westphalie. Le fondateur du monastère est Emhildis, qui vient probablement du clan Rigdag, d’où est issue la famille des futurs comtes de Werl. Cependant, son nom n’est pas mentionné dans les documents avant le XIIe siècle. Ce qui est certain, c’est que le monastère était étroitement associé à la famille des comtes de Werl et plus tard d'Arnsberg. Ils étaient probablement les véritables fondateurs. L'abbesse était issue, pour la plupart des attributions, de cette famille, et les comtes étaient les baillis héréditaires du monastère jusqu’à son extinction en 1368.

La première mention définitive du monastère remonte à 913. Dans un document, Conrad I er confirme les anciens privilèges accordés aux habitants du monastère. Il s’agit notamment des droits d’immunité et du libre choix de l’abbesse. L’importance de la communauté est attestée par diverses donations de hauts aristocrates jusqu’aux empereurs ottoniens.
[...]

Le monastère était initialement dédié à Marie et devint plus tard un centre de vénération de sainte Walburge, dont les reliques parvinrent à Meschede par la médiation du roi Conrad I er entre 911 et 918.

La position initialement forte de l’abbesse a été quelque peu réduite au cours des siècles en faveur des chanoinesses. Ainsi, au XIIe siècle, un consensus entre l’abbesse et le couvent est devenu courant dans l’administration des biens. Outre son rôle dans la christianisation dans les premiers siècles de son existence, le monastère a joué un rôle important dans la culture et l’éducation.
[...]

Histoire du bâtiment

Dans la première période de son existence, le monastère n’avait probablement pas sa propre église, mais seulement un petit oratoire. La première église a été construite à l'époque préromane vers 900, et des recherches architecturales et archéologiques ont montré qu’elle a été construite entre 897 et 913. Des tunnels latéraux voûtés en berceau dans la crypte et les pièces d’angle carrées datent de cette période. De l'époque romane (consacrée entre 1169 et 1191) provient un bâtiment central semi-circulaire de la crypte. Un nouveau bâtiment sur les fondations du bâtiment prédécesseur préroman n’a été construit qu’en 1663 et 1664. C’est une église-halle qui utilisait des éléments de style gothique à l’époque baroque (post-gothique).
»

Nous ajoutons à ce texte cet autre, extrait aussi de Wikipédia : « Sainte Walburge (710-779) est une sainte d'origine saxonne, fêtée le 25 février. Originaire du royaume de Sussex, alors soumis au Wessex, dans l’Angleterre actuelle, elle se fit missionnaire et aurait passé la plus grande partie de sa vie à évangéliser les Germains du continent. »


Commentaires

Au sujet des fondations d'abbayes (ici : « L’année exacte de fondation est inconnue. La seule chose qui est claire, c’est que les débuts remontent au IXe siècle. »), nous avons écrit à de nombreuses reprises qu'une fondation n'est pas une création ex nihilo. La fondation d'une communauté humaine nécessite son installation à un emplacement donné et donc des locaux qui peuvent avoir été construits longtemps auparavant et des moyens de subsistance dans la durée. Ajoutons à cela que, dans le cas de fondations successives, ce n'est pas la première qui est habituellement conservée, mais plutôt la dernière, celle qui a été privilégiée par le dernier occupant.

« Ce qui est certain, c’est que le monastère était étroitement associé à la famille des comtes de Werl... ». L'idée que nous retrouvons ici est qu'un monastère pouvait être inféodé à une seigneurie laïque et non à un ordre monastique. Il y aurait sans doute là toute une étude à réaliser sur cette pratique : savoir quand ont été créés les divers ordres monastiques et quels ont été les processus de création.

« De l'époque romane (consacrée entre 1169 et 1191) provient un bâtiment central semi-circulaire de la crypte. » : il semblerait que cette phrase concernerait la crypte située sous l'abside centrale (image 4). Nous pensons que les cryptes construites par l'installation d'un plancher de séparation à l'intérieur d'une église de grande hauteur sont en général postérieures à ces églises. Dans un tel cas, la date de consécration ne reflète pas la date de construction de l'église mais celle de la crypte.

« Un nouveau bâtiment sur les fondations du bâtiment prédécesseur préroman n’a été construit qu’en 1663 et 1664. C’est une église-halle qui utilisait des éléments de style gothique à l’époque baroque (post-gothique). ». Nous ne sommes pas du tout d'accord avec la deuxième phrase : à l'époque baroque, on faisait du baroque et pas du « style gothique ». Tout comme en notre début du XXIe siècle, on ne fait pas du « style XIXe siècle », mais, par contre, il peut arriver que dans les constructions du XXIe siècle, il y ait des parties construites au XIXe siècle. Et ce serait un comportement analogue qui se serait passé dans le cas présent. Nous ne savons pas quelle est la date d'origine de cet édifice mais il est probable que, vers 1650, il était très usé par le temps et qu'une restauration s'avérait nécessaire. Auparavant il avait subi quelques réparations. Ainsi les murs extérieurs avaient été refaits à l'époque gothique (XIVe siècle) avec la pose de belles fenêtres à lancettes (images 3. 4, 5). Peut-être aussi le vaisseau central. Mais le vaisseau central de la nef posait problème. Il fallait le restaurer en respectant les modèles du XIVe siècle, mais en utilisant les techniques du XVIIe siècle. C'est du moins ce que nous envisageons. Cependant, nous n'avons aucun moyen pour le prouver et rien qui puisse indiquer une datation pour l'église d'origine. Aussi nous ne proposons pas de datation de cette église.

En ce qui concerne les deux phrases,  « Sainte Walburge (710-779) est une sainte d'origine saxonne, fêtée le 25 février. Originaire du royaume de Sussex, alors soumis au Wessex, dans l’Angleterre actuelle, elle se fit missionnaire et aurait passé la plus grande partie de sa vie à évangéliser les Germains du continent. », nous remarquons leur caractère paradoxal. En effet Meschede est une ville située à proximité de la Saxe, région allemande autrefois occupée par les Saxons et Walburge était une saxonne vivant en Angleterre. Elle est venue en Allemagne en région saxonne pour évangéliser les Saxons ... et non les Germains. Il est possible qu'il y ait des erreurs. Nous pensons cependant que ce texte est le reflet d'une interpénétration de peuples au cours du premier millénaire. Une interpénétration qui est très mal connue car les historiens de l'époque préféraient parler des princes et de leurs exploits que des peuples qu'ils administraient.




La cathédrale de Minden

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette cathédrale nous apprend ceci :

« Histoire

Dans les guerres saxonnes, les Francs chrétiens ont réussi à subjuguer les Saxons vers 800. Au cours de leur christianisation, des centres missionnaires chrétiens ont été établis dans les zones de peuplement saxonnes. Les exemples sont Münster, Corvey, Paderborn, Herford et Minden. En 799, Charlemagne fonda un chapitre de la cathédrale à Minden et probablement vers 805 ou peu après le diocèse de Minden. Initialement, une église simple et sans tour a été construite, composée d’une nef simple et d’un chœur carré et plat. Cette conception carolingienne était typique des églises construites en Westphalie après la mission saxonne, comme à Paderborn.
[...] Lors des fouilles du XXe siècle, il s’est avéré que cette première construction de la cathédrale déterminait l’emplacement de la croisée et l’orientation de la nef centrale de l’édifice actuel de la cathédrale. [...] La cathédrale carolingienne fut détruite par un incendie en 947.

En 952, le bâtiment successeur de la cathédrale carolingienne, une basilique à trois nefs à toit plat, a été achevé. Les bas-côtés étaient très étroits par rapport à la large nef centrale ; le rapport de largeur à la nef centrale était de 1 : 4. Le transept pourrait probablement avoir été repris du bâtiment précédent carolingien. De plus, un ouvrage Ouest à trois tours a été intégré pour la première fois. Cette œuvre à l’Ouest était probablement destinée à servir de chambre à l'empereur ou au roi, qui pouvait y prendre part aux offices sur une galerie faisant saillie dans la nef. Si cette hypothèse est correcte, l’œuvre Ouest de la cathédrale de Minden confirme l’importance supra-régionale de l’Église épiscopale de Minden en tant que résidence de l’empereur.

Il existe des similitudes entre le Westwerk de Minden et celui de l'église abbatiale de Corvey. Là aussi, l’ouvrage Ouest de cette période est à deux étages avec une galerie et trois tours. Le bâtiment de Minden a été consacré en 952, 70 ans après Corvey, par l'évêque Heimwardt.

Lors d’une visite du roi Henri IV, le 19 mai 1062, un incendie se déclara lors d’une dispute entre ses partisans et les citoyens de Minden, qui détruisit la cathédrale. De grandes parties de la colonie ont également été endommagées.

Après la destruction de l’église carolingienne tardive, un nouveau bâtiment de la cathédrale a été construit en 1071, la cathédrale Eilbert, du nom de son constructeur, l'évêque Eilbert.
[...] La nef de la basilique a été conservée dans sa forme. [...] Un transept roman à trois travées a été construit à partir de zéro. Mgr Eilbert consacra la cathédrale. [...]

En 1152, l’ouvrage Ouest a été reconstruit, ce qui a permis de créer l'aile Ouest.

Vers 1230, le renouveau des parties orientales de style roman tardif a commencé. La place du chœur, le transept et l’étage supérieur de la sacristie datent de cette phase de construction. [...] Au milieu du XIIIe siècle, une nouvelle nef de basilique a été commencée, mais pendant la construction, les plans ont été modifiés en faveur de l’église actuelle gothique primitive, à trois nefs. Les sources dans la littérature pour déterminer le moment de la construction de l’église-halle sont extrêmement rares, mais une période de construction entre 1267 et 1290 est probable. La cathédrale reconstruite a été consacrée en 1290, et selon Roesner, la construction a été achevée à cette époque.

La cathédrale est restée presque inchangée pendant près de 600 ans jusqu’à ce qu’elle soit détruite par des bombes pendant la Seconde Guerre Mondiale.
[...] »


Commentaires de ce texte

Nous avons plusieurs remarques à faire.

La phrase « Dans les guerres saxonnes, les Francs chrétiens ont réussi à subjuguer les Saxons vers 800. Au cours de leur christianisation, des centres missionnaires chrétiens ont été établis dans les zones de peuplement saxonnes. », est très probablement inspirée de textes d'époque, le plus connu étant La vie de Charlemagne écrite par Éginhard vers l'an 830. Ces textes ont été lus, relus et abondamment commentés. Mais on a oublié ce que nous révèle l'adage : « Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son ». Et ces textes, très élogieux vis-à-vis de Charlemagne, le sont peut-être trop. Il en est de même aussi pour l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours qui nous apprend qu'en l'an 500 de notre ère, le peuple Franc s'est converti à la suite de son chef Clovis. Permettez-nous de douter de l'une et l'autre de ces informations. Le peuple Franc (respectivement Saxon) ne s'est pas converti par le seul coup de baguette magique de Saint Rémi (respectivement Charlemagne). Il y a eu très certainement avant l'an 500 et après l'an 800 pour les Francs, comme pour les Saxons, et comme aussi pour d'autres peuples ignorés, des missionnaires zélés venus propager la foi catholique. Et très certainement aussi des cathédrales étaient implantées à Minden et Paderborn.

« [...] La cathédrale carolingienne fut détruite par un incendie en 947. [...] Lors d’une visite du roi Henri IV, le 19 mai 1062, un incendie ... qui détruisit la cathédrale. [...] Vers 1230, le renouveau des parties orientales de style roman tardif a commencé. [...] Au milieu du XIIIe siècle, une nouvelle nef de basilique a été commencée, [...] ». Cela fait tout de même beaucoup de destructions et de reconstructions.

Nous pensons que cette église a été construite sur des structures préromanes, mais nous n'avons aucun moyen pour le prouver et rien qui puisse indiquer une datation pour l'église d'origine. Aussi nous ne proposons pas de datation de cette église, construite en grande partie au XIIIe siècle.




La cathédrale Saint-Paul de Münster

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Cathédrale carolingienne (de 805 à 1377)


La première cathédrale a été construite après la nomination de saint Liudger comme évêque de Münster en 805. Elle est donc connue sous le nom de cathédrale Saint-Liudger ou cathédrale Saint-Ludgerus.

Pendant longtemps, on a supposé que la première cathédrale était une église plus petite, surtout après l’histoire fondatrice de Tibus. Ce n’est qu’en 1904 que Savels soupçonne que la cathédrale d’origine est une basilique à trois nefs. Il a calculé la largeur sur la base de la ligne nord de la place de la cathédrale et est arrivé à environ 20 mètres.


Des découvertes plus fiables ont été faites en 1936 par Wieschebrink, l’ancien directeur du Musée épiscopal. Ils ont révélé que la cathédrale Saint-Liudger se trouvait dans une large mesure sur le site maintenant occupé par le cloître et le cimetière des chanoines. À partir des restes des fondations, il a été possible de conclure que le bas-côté nord, y compris le mur extérieur avec les fondations des piliers, avait une largeur d’environ 8,3 mètres. Avec la prémisse que la nef principale était deux fois plus large qu’une nef latérale – comme c’était la coutume dans les premiers bâtiments d’église du Moyen Âge – la première cathédrale devait avoir une largeur totale de 27,6 mètres. Sur la base des fouilles, la longueur a été déterminée à 31,2 mètres.

Dans le coin nord-ouest du bâtiment, Wieschebrink a trouvé d’autres fondations murales à angle droit, à deux mètres beaucoup plus épaisses que les murs restants. À partir de ces restes, il a déterminé une tour carrée d’une longueur de bord d’environ 8,3 mètres.

La cathédrale Ludgerus se trouvait au nord de la cathédrale actuelle, approximativement à l’endroit où se trouvent aujourd’hui le cloître avec le cimetière des chanoines, la chapelle Sainte-Marie et la sacristie. Elle n’a été démolie qu’au XIVe siècle, bien après la construction de la troisième cathédrale. Elle a également survécu à la deuxième cathédrale ottonienne du Xe au XIe siècle.

Jusqu’à sa démolition, la cathédrale de Ludgerus est restée en grande partie intacte. Après la consécration de la deuxième cathédrale, elle n’a d’abord pas été utilisée pendant près de 100 ans. Pendant ce temps, à l’instigation de l'évêque Dodo, une partie du coin Sud-Ouest a été coupée pour la construction d’une chapelle. Ce n’est qu’avec la fondation de la collégiale de l'ancienne cathédrale par l'évêque Burchard que la cathédrale Ludgerus a de nouveau reçu une fonction : elle a été utilisée par le chapitre comme chœur.

Le 18 août 1377, l’évêque Florenz von Wevelinghoven confirma que les deux bâtiments de la cathédrale (première et troisième cathédrale) s’enlevaient mutuellement de la lumière et autorisa la démolition de la cathédrale Ludgerus. Après sa démolition, la soi-disant “vieille cathédrale” a été construite au Nord-Ouest de la première cathédrale. Ce bâtiment de remplacement a servi de chœur pour le chapitre de la cathédrale de Ludgerus.

Cathédrale ottonienne

La deuxième cathédrale a été construite à proximité immédiate au sud de la première cathédrale. Elle était située sur le site de la (troisième) cathédrale d’aujourd’hui.


L’historien de l’art Max Geiberg (1875-1943) a supposé que la deuxième cathédrale a été construite pendant le mandat de l’évêque Dodo entre 967 et 993. Cette hypothèse est soutenue par le fait que déjà au Xe et au début du XIe siècle, d’autres bâtiments importants de la cathédrale avaient un transept Ouest. Ce transept a donc été réutilisé dans la construction de la troisième cathédrale. Compte tenu de la période de construction présumée à l’époque de la domination ottonienne, la deuxième cathédrale est appelée “la cathédrale ottonienne”.

Le diocèse de Münster suppose que la deuxième cathédrale a été construite dans la seconde moitié du XIe siècle, à la suite d’un incendie de la première cathédrale, probablement en 1071. Après cela, la deuxième cathédrale a été construite à partir de 1071 ou 1090.

Les informations fournies par le diocèse ne contredisent pas nécessairement l’estimation de Geisberg. Elles sont basées sur une mention documentaire de la consécration de la deuxième église cathédrale en 1090, qui pourrait avoir eu lieu après la reconstruction après un incendie. Par exemple, l'Überwasserkirche, à quelques centaines de mètres de là, a complètement brûlé en 1071.

La cathédrale ottonienne a été en grande partie démolie pour la construction de la troisième cathédrale. De la basilique elle-même, il ne reste aujourd’hui que des fragments du mur sud du bas-côté.
[...]

Il n’y a pas de plans ou de représentations picturales sur la base desquels les dimensions du deuxième bâtiment de la cathédrale pourraient être reconstruites. Étant donné que la “troisième” cathédrale d’aujourd’hui a été placée à la place de la deuxième cathédrale, aucune fouille n’a pu être effectuée pour obtenir des connaissances en particulier sur sa longueur totale. [...]

Histoire architecturale de la cathédrale actuelle (à partir de 1192)

Dès 1192, à l’instigation de l’évêque Hermann II de Katzenlngogen et à ses frais, un nouveau bâtiment Ouest a été érigé sur le deuxième complexe de la cathédrale (ottonienne). Il s’agit de l’ancien chœur (B), qui a remplacé l’ancienne abside Ouest, flanquée des deux tours (A et C) de style roman.

Ce bâtiment Ouest a été intégré dans la construction de la troisième cathédrale et ses caractéristiques de base ont été préservées à ce jour.


Cathédrale gothique (1225-1264)

La première pierre de la troisième, l’actuelle cathédrale Saint-Paul, a été posée en 1225 par l’évêque Dietrich III d'Isenberg. Contrairement aux deux bâtiments précédents, le client n’était pas l’évêque, mais le chapitre de la nouvelle cathédrale, qui avait entre-temps acquis une influence significative sur l’évêque.

En 1264, la cathédrale Saint-Paul a été achevée après presque 40 ans de construction et consacrée le 30 septembre 1264 par l’évêque Gerhard von der Mark.

Le résultat fut une basilique voûtée avec un double transept de style gothique. La cathédrale mesure un total de 108,95 mètres de long.
[...]

Pour la construction, de grandes parties de son bâtiment prédécesseur ont été démolies, d’autres parties ont été réutilisées. Il s’agissait notamment du bâtiment Ouest, de parties du transept Ouest (D et E) et de parties du mur du bas-côté Sud (I). Il en résulta un mélange d’éléments stylistiques de la période romane (principalement avec les deux tours romanes du bâtiment Ouest), et de la période gothique. »


Commentaires de ce texte

Nous n'avons pas compris toutes ces explications fort denses dont nous ne reproduisons ici que des extraits. Nous conseillons la lecture de la page Internet de Wikipédia. Il est certain que l'auteur de cette page a produit une analyse très détaillée de cet édifice. Nous n'avons malheureusement pas de plan des fouilles effectuées sur cette église (plus exactement ces églises).

Nous sommes très surpris par ce que nous dit l'auteur sir l'existence de trois cathédrales dont deux au moins auraient coexisté pendant plusieurs siècles. Tire-t-il cette information de textes ou s'agit-il de son opinion personnelle ? Mais avant cela, remarquons que si la première cathédrale est dédiée à Saint Lutgerus, il y a à Münster une autre église dédiée à Saint Lutgerus (voir son analyse ci-dessous).

Revenons aux trois cathédrales.

On nous dit que la première cathédrale dédiée à Saint Lutgerus est très proche de la seconde mais distincte de celle-ci. Nous pensons que l'ensemble formé par ces deux églises et peut-être d'autres églises ou chapelles a pu constituer un groupe cathédral (groupe formé de plusieurs églises très proches contenant outre la cathédrale, un baptistère et plusieurs autres églises dans un enclos cathédral). Nous n'avons pas la certitude que de tels groupes cathédraux existaient en Allemagne (le baptistère est en général absent), mais des présomptions. Cette existence de groupes cathédraux (voir celui d'Oviedo) suscite des questions. Pour quelles raisons ces groupes de plusieurs églises de grandes dimensions ont-il été créés ? Des raisons liturgiques (on change d'église à certaines occasions) ? Des raisons sociologiques (église d'un peuple donné ou d'une classe sociale donnée ou d'une secte donnée) ? Dans un tel dernier cas, il est possible qu'il y ait eu plusieurs cathédrales à cause d'une multiplicité d'évêques, chaque peuple ou chaque classe sociale ou chaque secte ayant son évêque.

Concernant la deuxième et la troisième cathédrale, il est possible qu'il n'y ait eu en fait qu'une seule cathédrale. On nous dit en effet que la troisième cathédrale a été construite sur les fondations de la seconde. En conséquence, on peut envisager la situation suivante rencontrée auparavant : l'église d'origine serait ce qui a été appelé
« deuxième cathédrale ». À l'origine, on construit une église à nef à trois vaisseaux avec 1 ou 3 absides en prolongement. Plus tard, on décide de modifier le chœur et d'ajouter un transept. Puis on construit l'Ouvrage Ouest et un deuxième transept. On a souvent constaté que les modifications s'arrêtaient là. Mais elles peuvent continuer car vient le moment où on réalise qu'il faut changer la nef. Une fois que cela est fait, il ne reste plus rien de l'édifice d'origine : on a construit la troisième cathédrale. Cette troisième cathédrale ne résulte pas d'un plan original mais d'une série de constructions successives.


Datation envisagée pour la cathédrale de Münster :

Nous venons de voir qu'il y a eu trois édifices successifs.

La première cathédrale Saint Lutger a disparu : nous ne pouvons pas la dater.

La deuxième cathédrale a disparu : nous ne pouvons pas la dater.

La troisième cathédrale serait le résultat d'une série de transformations sur la seconde. Sans plan initialement prévu de ces transformations, nous ne pouvons pas la dater.




L'église Saint-Lutger de Münster

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire et architecture du bâtiment

Vers l’an 1180, le premier bâtiment de St. Ludgeri a été construit pour succéder à un premier bâtiment en bois qui avait été construit peu de temps auparavant, dont les caractéristiques de base ont été largement préservées. Ainsi, la nef centrale et les deux bas-côtés continuent de correspondre à la construction d’origine. Il a été achevé vers l’an 1220.

Après que l’église ait été endommagée dans l’incendie de la ville en 1383, elle a été reconstruite sous une forme modifiée. Le chœur du côté Est, qui était initialement relativement petit, a été élargi en un grand chœur haut. Comme le toit était également surélevé, la tour de croisée, au centre de l’église, devait également être surélevée. La tour, qui avait à l’origine deux étages romans avec des fenêtres géminées, a été prolongée d’un étage dans le style gothique fourni avec des pierres de taille aveugles et des entrelacs ogivaux.
[...]

Les deux tours Ouest de l’édifice sacré d’origine ont également été victimes de l’incendie de 1383, mais n’ont été remplacées qu’en 1876. »


Commentaires

Nous n'avons que peu de choses à dire sur cet édifice. Une question cependant. On nous dit ceci « Vers l’an 1180, le premier bâtiment de St. Ludgeri a été construit pour succéder à un premier bâtiment en bois qui avait été construit peu de temps auparavant,... ». Comment a-t-on su qu'il y avait eu auparavant, « premier bâtiment en bois » et que ce bâtiment « avait été construit peu de temps auparavant,... » ? Il ne s'agit pas là d'une critique mais de simples questions car il y a bien eu des églises en bois. Mais nous aimerions savoir comment on les a trouvées.

Comme pour les églises précédentes, nous ne pouvons découvrir la datation de l'église d'origine et encore moins la prouver. Aussi nous ne proposons pas de datation de cette église.




La cathédrale de Paderborn

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette cathédrale nous apprend ceci :

« Histoire architecturale de la cathédrale de Paderborn

La cathédrale d’aujourd’hui a été précédée par divers bâtiments qui sont attestés dans les sources et prouvés dans les fouilles de 1952 à 1956 et 1978-1980.

Église carolingienne Saint-Salvator


Le palais impérial construit par Charlemagne aux sources du Pader sur une colonie saxonne incendiée comprenait déjà une église dédiée au Christ (sous le titre de SALVATOR MVNDI, c’est-à-dire « Rédempteur du Monde »). Cette église de 9 mètres × 20 mètres était située au nord de la cathédrale actuelle, à la source Pader. Aujourd’hui, son plan au sol entre la cathédrale et la chapelle Saint-Barthélemy est reconnaissable aux pavés de couleur claire. Elle a été détruite lors de la destruction du Palatinat en 778. Cela a été suivi par la reconstruction, la destruction renouvelée et la reconstruction.

Cathédrale carolingienne


Peu après la destruction de la Salvatorkirche, une nouvelle église a été construite à Paderborn. Le bâtiment de 22 mètres × 50 mètres était dédié à Marie et Kilian. Lors de sa visite à Paderborn en 799, le pape Léon III consacra un autel à Saint-Étienne. À cette fin, il a apporté des reliques de Rome et les a déposées sur l’autel. Vraisemblablement, le diocèse de Paderborn a également été fondé à cette occasion avec la nouvelle église comme église épiscopale. Le diocèse était initialement sous la juridiction de l’évêque de Wurtzbourg, avant que le Saxon Hathumar ne soit nommé premier évêque de Paderborn vers 806. Le deuxième évêque de Paderborn, Badurad, agrandit la cathédrale dans le but d’abriter les reliques de Liborius. À l’Ouest, il a ajouté un transept et une crypte circulaire basée sur le modèle de la basilique Saint-Pierre . C’est durant cette période que commença la première éclosion du culte du Libori. Sous l’évêque Rethar, la cathédrale a été considérablement redessinée au Xe siècle. Rethar a ajouté à l’Est un chœur avec une crypte pour le sanctuaire de Liborius et il a remplacé le chœur Ouest par un ouvrage Ouest. Le bâtiment carolingien a été détruit dans un incendie majeur en 1000.

Après la destruction par le grand incendie en 1000, l’évêque Rethar a commencé la reconstruction. La reconstruction, qui avait progressé jusqu’à la hauteur des fenêtres, a été démantelée sous l’évêque Meinwerk quand il a pris ses fonctions et remplacée par une basilique à trois nefs avec un transept à l’Est et un ouvrage ottonien à l'Ouest ; sur le côté Ouest duquel se trouvaient des tours d’escalier. Meinwerk avait repris la crypte légèrement modifiée du bâtiment de Rethar. En outre, il ajouta une chapelle à la partie Sud du transept, qui fonctionnait probablement comme une chapelle privée épiscopale. En 1015, ce bâtiment a été consacré. Il était dédié à Marie, Kilian, Ulrich d'Augsbourg et Liborius. Un incendie de la ville en 1058 a détruit le bâtiment.

L'évêque Imad fit reconstruire la cathédrale sous une forme considérablement agrandie. Elle avait maintenant un transept à l’Est et à l’Ouest et une nef plus large que la cathédrale Meinwerk. En outre, elle avait un grand chœur Est et, contrairement aux bâtiments de Rethar et Meinwerk, un chœur Ouest à nouveau. Son plan d’étage correspondait en grande partie à celui du bâtiment actuel. La crypte est restée sous le chœur Est. Le 22 juillet 1068, cet édifice fut consacré par Imad, juste avant la fête de saint Liborius. Vers 1100, la crypte a été redessinée à sa forme, qui est restée essentiellement la même à ce jour, et le chœur Est a été élargi.

Dans un incendie en 1133, le toit et le plafond de la cathédrale ont été détruits. L’évêque Bernhard von Oesede fit renforcer les murs avec des piliers et voûta la cathédrale. En 1144/1145, elle a été consacrée.

La cathédrale actuelle date principalement du XIIIe siècle. Elle se présente comme une église-halle à trois nefs avec des transepts et un portail appelé “portail du Paradis”. Particulièrement caractéristique est la puissante tour Ouest romane du début du XIIIe siècle, qui domine le centre-ville avec une hauteur de 93 mètres. Dans la crypte, qui est l’une des plus grandes d’Allemagne avec une longueur de 32 m, les reliques de Saint Liborius sont conservées.  »


Commentaires de ce texte

Comme pour les descriptions précédentes, on entend parler d'édifices détruits par des incendies. Or il est rare que des édifices soient totalement détruits par des incendies, au point d'être obligé de reconstruire l'édifice dans sa totalité. Une suite d'événements tels que, « Elle a été détruite lors de la destruction du Palatinat en 778. Cela a été suivi par la reconstruction, la destruction renouvelée et la reconstruction.», « Après la destruction par le grand incendie en 1000, l’évêque Rethar a commencé la reconstruction. », « Un incendie de la ville en 1058 a détruit le bâtiment. L'évêque Imad fit reconstruire la cathédrale... », est donc fort peu envisageable si on estime que chaque incendie provoque une destruction de la totalité de l'édifice, suivie de la totalité de la reconstruction.

Nous nous sommes arrêtés sur les phrases suivantes, « Dans un incendie en 1133, le toit et le plafond de la cathédrale ont été détruits. L’évêque Bernhard von Oesede fit renforcer les murs avec des piliers et voûta la cathédrale. », et surtout la seconde des deux. En fait cette phrase confirme l'idée que nous avons eue concernant le voûtement des nefs. Lorsqu'on veut voûter une nef qui auparavant était charpentée, l’idée est d'adosser un pilastre à chaque pilier et aussi aux murs. Ces pilastres sont destinés à porter des doubleaux qui porteront la voûte. C'est ce qui est dit ci-dessus. Un autre renseignement important : la phrase qui raconte ce voûtement suit immédiatement celle qui raconte l'incendie du toit et du plafond. Très certainement, la seconde est une conséquence de la première ! On a voûté la cathédrale dans le but d'éviter les incendies.

À la différence des églises étudiées ci-dessus, on peut estimer la datation de certaines parties. Ainsi la tout Ouest (images 25 et 26) daterait du roman tardif. Le portail Sud (image 26) serait un peu plus ancien : an 1150 avec un écart de 50 ans.

Le chœur à plan carré (image 30) nous semble plus intéressant encore car on retrouve ce plan carré et les arcades présentes dans la partie inférieure, dans d'autres églises allemandes, ainsi que dans des églises du Sud-Ouest de la France. Les particularités de ce chœur, tout à fait différentes de celles d'autres chœurs pourvus d'absides semi-circulaires nous posent question. Ce type de chœur était-il destiné à un peuple particulier ?

Datation envisagée pour le chœur carré de la cathédrale de Paderborn : an 1000 avec un écart de 50 ans.



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