La collégiale Saint-Guy de Gröningen
Nous n'avons pas visité cette
collégiale. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de
pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de
galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en
particulier abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
L'église du monastère de Saint-Guy, située sur une petite
colline, a été consacrée en 940 par l’abbé Volkmar Ierde
Corvey. Du début jusqu’au milieu du XIIe siècle
environ, l’église actuelle a été reconstruite en tant que
basilique romane à trois vaisseaux à plafond plat, dans le
style architectural de Hirsau. Le patronage était donné à
saint Guy ou saint Vit.
Après
la dissolution du monastère au moment de la Réforme,
l’église du monastère est tombée en ruine. En conséquence,
le bas-côté sud a été démoli en 1566-1570 et les deux
bas-côtés du chœur en 1606. Entre 1819 et 1831, le
bas-côté nord est supprimé, le chœur d’origine carré est
raccourci et redressé, les piliers de la croisée
renforcés. En 1934, des fouilles ont mis au jour certaines
des fondations du bâtiment de fondation de la période
ottonienne.
La
tour de croisée octogonale avec arcades acoustiques
couplées en plein cintre est l’un des plus anciens
exemples de ce type qui subsistent. À l’extrémité Ouest de
la nef centrale, se trouve une galerie au-dessus d’une
chapelle voûtée, dont la balustrade est décorée de
bas-reliefs figuratifs en stuc représentant le Christ au
milieu des apôtres. Une copie du bas-relief est installée
dans l’église, qui a été retravaillée sur l’original en
fonction des restes de peinture d’origine. L’original du
bas-relief de cette galerie, exemple le plus important de
la période tardive du style roman vers 1170, se trouve
dans la collection de sculptures de Berlin.
Il
convient également de noter la sculpture architecturale
des chapiteaux cubiques archaïques de la nef, qui montre
le changement de colonnes en Basse-Saxe. Les ornements en
bas-relief représentent des figures d’animaux stylisées,
des bandes tressées et des frises de feuilles, qui sont
influencées par la collégiale de Quedlinburg. L’effet
spatial est altéré par l’absence des absides orientales et
des bas-côtés, mais il reste néanmoins impressionnant. Le
bâtiment est lié à l’église du monastère de Hammersleben,
où le programme spatial complet d’une église monastique
romane a été conservé.
En
plus du relief de la galerie, des fonts baptismaux romans,
quelques peintures sur la voûte en berceau de la chapelle
sous la tribune et un relief d’anges sur le pilier de la
croisée Nord-Ouest datant d’environ 1220 ont également été
conservés. [...] »
Commentaires
du texte de Wikipédia
Comme nous le constatons pour chaque étude de monument
effectuée de notre site Internet, l’historien qui l'a étudié
avant nous constate que l'église est citée antérieurement à
l'an mille, mais aussitôt après affirme que cette église a
été reconstruite après l'an mille (« L'église
du monastère de Saint-Guy, située sur une petite colline,
a été consacrée en 940 par l’abbé Volkmar Ierde
Corvey. Du début jusqu’au milieu du XIIe siècle
environ, l’église actuelle a été reconstruite en tant que
basilique romane à trois vaisseaux à plafond platt
»). Le plus souvent, aucune preuve n'est apportée à ces
affirmations. Dans le cas présent, il est noté un peu plus
loin : « En
1934, des fouilles ont mis au jour certaines des
fondations du bâtiment de fondation de la période
ottonienne. ». Cependant, nous savons que ce genre
de découverte peut être fortement remis en question : dans
la plupart des cas, il est très difficile de dater des
restes de murailles car on doit disposer d'artefacts (pièces
de monnaie, bijoux) ou de restes datables par des méthodes
scientifiques … qui n'existaient pas en 1934.
Datation
Nous pensons que cette église n'a pas été reconstruite au XIe
ou au XIIe siècle comme le dit l'auteur du
texte de Wikipédia. Ce que l'on voit, c'est l'église qui
existait en l'an 940. Si, comme le dit le texte, elle a été
consacrée en 940, cela pourrait signifier que sa
construction a été terminée en 940. Ce qui n'est pas certain
car une cérémonie de consécration ne correspond pas
forcément à une inauguration de bâtiment.
Pour quelles raisons estimons-nous que cette église n'est
pas du XIIe siècle ? Pour l'archaïsme des
structures. L'auteur le dit lui-même : les chapiteaux (images 6, 9, 10, 11, 12)
sont archaïques. Mais ce ne sont pas seulement les
chapiteaux qui sont archaïques C'est aussi
l'architecture ! Au XIIe siècle, on faisait
beaucoup mieux !
Cette église est très intéressante car elle permet de
vérifier une évolution que nous avons pressentie sur
certaines églises d'Europe d'un nombre qui commence à
devenir important (une cinquantaine ?). Nous avons donc
constaté qu'à l'origine, la plupart des grandes églises
avaient des nefs à trois vaisseaux. Mais ultérieurement, ces
nefs à trois vaisseaux ont été transformées en nefs à un
vaisseau par suppression des collatéraux. Ces édifices sont
généralement identifiables car on peut voir les traces des
arcs qui protégeaient les baies de communication entre le
vaisseau central et les collatéraux. Ici c'est bien visible
à l'extérieur (image 5)
et à l'intérieur (images 7
et 8).
Nous l'avons dit précédemment, les chapiteaux sont
archaïques, d'abord dans leur forme (chapiteaux cubiques)
puis dans les thèmes abordés : masques dévorant (images
6, 9 et 12), animaux adossés (images
10 et 11).
Datation
envisagée pour la collégiale Saint-Guy de
Gröningen : an 900 avec un écart de 100 ans.