La collégiale Saint-Cyriaque de Frose
Nous n'avons pas visité cette
collégiale. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de
pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de
galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en
particulier abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Dès le IXe siècle, un monastère a peut-être été
fondé à Frose par le roi Louis le Germanique. En 936,
Vrosa est à nouveau mentionnée dans un document du roi
Otton II et en 950, elle est remise au margrave Gero. Vers
960/961, il le transforma en monastère canonial et
l’incorpora comme prieuré dans son monastère nouvellement
fondé de Gernrode.
Histoire de
l'architecture
La collégiale a été construite vers 1170 comme une
basilique à toit plat, avec un changement de colonnes
saxonnes à l'emplacement d’un bâtiment de fondation qui a
été prouvé par des fouilles. Elle se compose d’un corps de
logis Ouest à deux tours et d'absides semi-circulaires sur
les bras du transept et le chœur Au XIIIe
siècle, des modifications ont été apportées à l’édifice
Ouest et au chœur.
Architecture
Les colonnes trapues de la nef reposent sur de hautes
bases. Six des huit chapiteaux de colonne sont conçus
comme des chapiteaux cubiques. Les chapiteaux du côté sud
présentent des boucliers profilés, ceux du côté nord sont
des palmettes finement dessinées. Deux autres chapiteaux
en palmette du côté nord semblent rigides et en blocs. {...]
Le
bâtiment Ouest, d’apparence austère et trapu, n’a pas
d’entrée. Entre les tours, au rez-de-chaussée, se trouve
une salle couverte de deux voûtes d'arêtes, qui était à
l'origine ouverte sur la nef. Au-dessus, se trouve une
galerie voûtée en berceau avec des ouvertures sur la nef
centrale, richement structurées par des colonnes serties
et des arcs aveugles.
À l'extérieur du clocher du bâtiment intermédiaire se
trouvent trois ouvertures sonores en plein cintre divisées
en deux parties, dont les colonnettes présentent déjà des
formes gothiques primitives, ainsi que celles des arcades
des étages supérieurs de la tour. »
Commentaires de ce texte
Il a été obtenu de l'allemand par un traducteur automatique,
ce qui explique qu'il est difficilement compréhensible.
On note cependant que le monastère a été peut-être fondé dès
le IXe siècle et qu'en tout cas, il existait en
936, 950 et vers 960. S'il y avait un monastère en cette
période, il devait y avoir une église de ce monastère.
L'auteur ne le cache pas puisqu'il dit que « La
collégiale a été construite …. à
l'emplacement d’un bâtiment de fondation qui a été prouvé
par des fouilles. ». On aimerait avoir des
précisions sur ces fouilles et sur ce que signifie
l'expression « bâtiment
de fondation » : bâtiment datant de la fondation de
la communauté ? Ou bâtiment dont les fondations ont été
utilisées pour celles de la collégiale ? Dans le second cas,
la collégiale ne devrait pas être datée de 1170 (nouvelle
construction de bâtiment) mais bien avant cette date. Nous
estimons en effet que la datation d'un édifice doit être
fixée à partir du premier plan. Ce premier plan fixe
l'emplacement des fondations. Si les fondations sont
conservées par la suite, cela signifie que de nouvelles
constructions sont des ajouts à l'édifice d'origine, et non
un remplacement radical de celui-ci.
Dans tous les cas, l'édifice que l'on a ici ne peut être
daté de 1170 (rappel : « La
collégiale a été construite vers 1170 ... »). Nous
estimons en effet que cet édifice est archaïque par rapport
à ceux qui étaient construits à la même période. En 1170, on
savait voûter des églises et la plupart d'entre elles
étaient dotées d'un transept et d'un grand chevet.
Un portail (portail Sud ?) est surmonté
d'un magnifique tympan décoré de deux cerfs (image
4). Le texte du linteau nous donne la référence :
Psaume 42 Verset 2.
« Comme
une biche soupire auprès des courants d'eau, ainsi mon âme
soupire après toi ô Dieu ! ». Nous pensons
cependant que cette œuvre n'est pas romane (ni gothique
d'ailleurs) mais récente. Elle reproduit peut-être une œuvre
plus ancienne mais très endommagée. L’attribution au psaume
42 n'est pas non plus dans la tradition romane. Il y a
d'ailleurs de nettes différences entre le texte du psaume et
l'image 4 : il
n'y a pas une biche mais deux cerfs. Il n'y a pas un courant
d'eau mais une colonne. Le thème du cerf est assez répandu
dans l'iconographie romane, mais nous ne pensons pas qu'il a
été inspiré par le psaume 42.
Les caractéristiques principales de cette église sont
celles-ci : nef à trois vaisseaux charpentés, alternance de
colonnes cylindriques et de piliers rectangulaires
(l'alternance est la suivante : deux colonnes pour un
pilier), arcs simples reliant les piliers. L'alternance de
piliers et de colonnes fait envisager un système lié.
Cependant rien ne prouve qu'une travée du vaisseau central
correspond à trois travées des collatéraux.
Le plan d'origine devrait être celui d'une église à nef à
trois vaisseaux avec trois absides en prolongement de ces
vaisseaux (image 3).
On note par ailleurs l'absence de transept. En fait, il
existe bien une sorte de transept (image
5). Mais il est invisible de l'extérieur (image
2). Nous pensons que ce faux transept a été
construit comme un avant-chœur. Et également, qu'à
l'origine, il devait y avoir trois absides semi-circulaires
en prolongement des vaisseaux, toutes construites à partir
du même plan vertical de fin de nef. Ultérieurement, on a
décidé de construire un avant-chœur. On a gardé les
absidioles, démoli l'abside primitive. On a ensuite
construit à l'emplacement de l'abside que l'on venait de
détruire un avant-chœur que l'on a prolongé par une abside
semi-circulaire (image 3).
L'ouvrage Ouest (images 1,
2 et 6) est selon nous plus tardif que la nef.
Comme il est indiqué dans le texte
ci-dessus, la plupart des chapiteaux que l'on a ici sont
cubiques :
Image 7 :
Chapiteau cubique à décor de spirales.
Image 8 :
Chapiteau cubique à décor de palmettes.
Mais il y a deux exceptions.
Image 9 :
Chapiteau composite imité du corinthien avec décor de
feuilles dressées.
Image 10 :
Chapiteau composite imité du corinthien. La particularité de
ce chapiteau, positionné dans la travée la plus proche du
chœur côté Nord, est d'être surmonté d'un tailloir épais
décoré de palmettes. Il semblerait que la hauteur de
l'ensemble chapiteau-tailloir soit plus grande que celle des
autres ensembles « chapiteau cubique + tailloir ». En
conséquence, il est fort possible que ce chapiteau et ce
tailloir aient été installés lors d'une réparation
postérieure à la construction.
Nous l'avons dit auparavant, l'ouvrage Ouest est postérieur
à la construction primitive (image
6). Par conséquent, les baies de communication
entre cet ouvrage et la nef (images
11 et 12) sont postérieures à la nef. On remarque
l'épaisseur exceptionnelle des tailloirs ressemblant plus à
des chapiteaux qu'à des tailloirs.
Datation envisagée pour la nef de la collégiale
Saint-Cyriaque de Frose : an 900 avec un écart de 100 ans.