Diverses églises de la province de Drenthe (Pays-Bas)
Nous étudions dans la présente page les deux églises
suivantes : l'église
Sint-Magnuskerk d'Anloo et l'église
Sint-Bonifatiuskerkde Vries.
Nous n'avons pas visité ces églises. Les images ci-dessous
sont extraites d'Internet.
L'église
Sint-Magnuskerk d'Anloo
Selon Madame Ava van Deijk, auteure du livre Pays-Bas
romans de la Collection Zodiaque
(extraits) : « [...] L'édifice
actuel consiste en une tour, une nef unique, basse, et un
chœur étiré en longueur. Le clocher et la nef datent de
l'époque romane, mais le chœur, au chevet triangulaire est
gothique. [...] Cet
édifice en tuf volcanique a été précédé de plusieurs
autres en bois, comme l'ont démontré les fouilles
effectuées à la veille de la restauration des années 40.
Ces travaux visaient à restituer le mieux possible l'état
roman de l'édifice. La nef en tuf volcanique, par la suite
surélevée en brique, date du début du XIIe
siècle. Ses murs sont en blocage : méthode consistant à
déverser entre deux parements du mortier mêlé de galets.
L'extérieur est orné de panneaux creux en plein cintre
haut placés. À l'intérieur de ces panneaux s'ouvraient les
fenêtres primitives : celles-ci font pourtant défaut dans
les deux panneaux situés aux extrémités (images
1 et 3). [...] »
Les « panneaux » surmontés d'arcs en plein cintre, ici
décrits, sont nouveaux pour nous. Ils nous font penser aux
arcatures lombardes que nous avons rencontrées à de
multiples reprises, plus au Sud, mais jusqu'en Belgique. Ils
font aussi penser à d'autres panneaux analogues, toujours à
l'extérieur des bâtiments, mais de dimensions plus grandes,
de la largeur d'une travée.
Poursuivons la lecture du texte : « Un
arc triomphal semi-circulaire sépare le chœur de la nef.
Il est flanqué de niches qui rappellent la présence
d'autels latéraux disparus (image
4). [...] On
remarquera les peintures murales du mur Nord et du mur
oriental de la nef situées à proximité de l'arc triomphal.
On y voit des scènes de la vie de Notre-Dame, ce qui
pourrait indiquer la présence d'un autel de la Vierge,
aujourd'hui disparu. Elles représentent l'Annonciation, la
Visitation, la Naissance du Christ, la Fuite en Égypte et
sont datées de 1300 environ (images
5 et 6). [...] »
Revenons sur l'image 4 car
les deux niches situées de part et d'autre de l'arc
triomphal nous font penser aux « passages berrichons » vus
en France : deux baies symétriques permettant de passer du
sanctuaire à une nef unique. Lorsque nous avons étudié ces «
passages berrichons », nous avons déduit de leur présence
que, pour la plupart, la nef primitive était à trois
vaisseaux et que ces ces passages étaient les seuls restes
des baies de communication entre le sanctuaire et les
collatéraux. Il serait intéressant de vérifier cette
hypothèse. Existe-t-il un rapport des fouilles effectuées
avant la restauration ?
En tout cas, le fait que l'arc triomphal soit porté par des
impostes simplement moulurées est pour nous signe d'une plus
grande ancienneté que le XIIe siècle. L'argument
n'est cependant pas suffisamment fort pour remettre en
question la datation de Madame Ava van Deijk.
Datation envisagée
pour l'église Sint-Magnuskerk d'Anloo : an 1125 avec un
écart de 50 ans.
L'église
Sint-Bonifatiuskerk de Vries
Selon Madame Ava van Deijk, auteure du livre Pays-Bas
romans de la Collection Zodiaque
: «
L'église de Vries que l'on dit posséder le plus beau
clocher du Nord du pays, date du milieu du XIIe
siècle. En effet, sa finition soignée et son décor animé,
édifié en tuf volcanique et brique attirent immédiatement
l'attention (image
7). Si
le clocher constitue la partie la plus ancienne de
l'édifice, il est certain aussi que la nef date encore du
XIIe siècle (images
9 et 10). Le
chœur gothique actuel au profil élancé a été substitué au
XVe siècle au chœur primitif roman, de plan
semi-circulaire (image
7). La
partie inférieure du clocher est entièrement construite en
tuf volcanique ; sur sa façade occidentale, s'ouvre un
portail encadré d'un bandeau en dents d'engrenage (image 11). [...]
[...]
À côté de la chaire se dressent d'imposants fonts
baptismaux en grès de Bentheim, datant du milieu du XIIIe
siècle (image 12).
»
Notre analyse est proche de celle de Madame Ava van Deijk.
Mais pas en ce qui concerne les fonts baptismaux, qui nous
semblent nettement plus anciens que le XIIIe
siècle. Mais auparavant, une question se pose : s'agit-il
d'une construction monolithe, cuve et pied étant taillés
dans un seul bloc? Concernant la datation de ces fonts
baptismaux, voici les arguments : le bandeau supérieur est
encadré pas une double rangée de chevrons. Sur ce bandeau
est représentée une pampre de vigne avec grappe et larges
feuilles étalées. Le bandeau du dessous est formé de
feuilles stylisées dressées (des godrons ?). Nous estimons
que le style est plus proche de celui des décors des ambons
sculptés ou des plaques de chancel dits « carolingiens » que
celui d’œuvres du XIIIe siècle. Les personnages
en attitude d'atlante assis autour du pied et portant une
longue robe pourraient avoir aussi été sculptés avant l’an
mille : leur attitude fait penser à celle rencontrée à
Sainte-Foy de Conques.
Datation envisagée pour l'église
Sint-Bonifatiuskerk de Vries : an 1125 avec un écart de 50
ans.