L'église Saint-Nicolas de Bad Reichenhall  

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Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Tour

La tour a été construite à la fin du XIXe siècle (dans le cadre de l’extension de l’église en 1863/1864) dans le style néo-roman (lombard) avec une hauteur d’environ 40 m. L’ancienne tour romane-gothique a été démolie en 1861.

Abside orientale

Le côté oriental de l'abside est encore conservé dans sa forme originale de l’édifice roman (fin du XIIe siècle) : frise richement conçue avec des arcs non structurés, reposant alternativement sur des chapiteaux de calice, des personnes et des têtes de lion. Les têtes de lion tiennent un animal dans leur gorge. Les ouvertures cintrées sont remplies de sculptures, trois avec des palmettes, une avec un lion couché, une avec deux têtes d’animaux, quatre avec des torses humains.

Intérieur de l'église

La nef à trois nefs
(sic) a été construite dans le style roman. [...] »


Commentaires de ce texte

La « frise richement conçue avec des arcs non structurés... » dont il est ici question est probablement celle de l'absidiole Sud (images 4 et 5). Nous appelons « fausses arcatures lombardes » ce que l'auteur appelle « arcs non structurés ». Ce sont des blocs parallélépipédiques de pierre taillés en forme d'arc reposant sur des consoles. Malgré le caractère plus « primitif » par rapport à des arcs qui seraient dits « structurés », ce type d'assemblage serait plus récent (arcatures lombardes de seconde ou troisième génération). La datation de fin du XIIe siècle est envisageable (an 1175 avec un écart de 25 ans).


Description

On constate tout d'abord une rupture du modèle basilical. Dans le modèle de basilique paléochrétienne à nef à trois vaisseaux, le vaisseau central est plus élevé que les vaisseaux secondaires de manière à aménager des ouvertures sur les murs gouttereaux du vaisseau central, au-dessus des toitures des vaisseaux secondaires. Ce qui permet de faire pénétrer la lumière dans le vaisseau central. En conséquence, il y a quatre pentes de toit sur la nef : deux pour le vaisseau central, une pour chaque collatéral.

Or, dans le cas présent, il n'y a que deux pentes ; si on ne tient pas compte des pentes de toit, le vaisseau central et les collatéraux sont à la même hauteur. Les images 6 et 7 permettent de comprendre ce qui s'est passé : un étage a été ajouté aux collatéraux.

Toute la question est de savoir si cet étage (galerie supérieure faisant office de tribune) a été prévu dès l'origine ou si c'est un ajout postérieur.

Remarquons d'abord la différence entre la première travée à partir du chœur (images 8 et 9) et une des travées suivantes (image 10). Dans sa partie supérieure, la travée est partagée en deux par une colonne verticale à l'imitation de la partie inférieure. Ce n'est pas le cas pour les travées suivantes. Nous pensons que la première travée (image 8) est le modèle d'origine.

Rappelons l'importance de la colonne demi-cylindrique adossée au pilier (à l'extrême gauche sur l'image 8 ; au milieu sur l'image 10). Cette colonne permet de porter un chapiteau lequel porte un arc doubleau. Actuellement, cet arc doubleau supporte une voûte d'arêtes mais il est possible qu'à l'origine, il supportait les charpentes d'un toit. Dans bien des cas, la colonne demi-cylindrique a été ajoutée après. À l'origine, il y avait alternance de piliers cylindriques (type C0000) et rectangulaires (type R1010). Par l'ajout d'une colonne demi-cylindrique, le pilier serait devenu de type C1011.

Cependant, à cause de la ressemblance entre les chapiteaux, nous envisageons que, dès l'origine, cette colonne demi-cylindrique ait été posée (piliers de type C1011). Il s'agirait là d'un processus que nous n'avons pas rencontré auparavant. Ajoutons à cela que les arcs reliant les piliers sont en plein cintre et à un seul rouleau (image 8).

On a dans cette nef un mélange de formes innovantes et passéistes. Parmi les formes innovantes, l'alternance des piliers rectangulaires et cylindriques, témoins du caractère dual de cette nef : une travée du vaisseau central correspond à deux travées des collatéraux. L'existence (envisagée) dès l'origine des demi-colonnes portant les arcs doubleaux du vaisseau central fait aussi partie des innovations. À l'inverse, les arcs simples reliant les piliers ont été ultérieurement remplacés par des arcs doubles.


Datation envisagée pour l'église Saint-Nicolas de Bad Reichenhall : an 975 avec un écart de 75 ans.