L'église Notre-Dame du Rosaire de Wierde 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après ont pour source les galeries d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« La tour-donjon : À l'origine, se dressait dans ce village d'origine gallo-romaine un donjon seigneurial du XIe siècle, isolé et qui n'avait qu'un rôle défensif. Propriété de la famille noble de la localité (les Wierde), il servait de refuge en cas de danger à cette famille ainsi qu'à la population environnante.

Ce donjon était entièrement fermé : on y accédait uniquement par une porte surélevée, située au premier étage de la face sud de la tour, à laquelle on accédait par une échelle qui, une fois retirée, rendait l'accès à la tour impossible. Cette porte a été transformée ultérieurement en archère.

La tour était coiffée, non d'un clocher, mais d'un hourd, plate-forme en bois qui surmontait les murailles et permettait d'en assurer la défense.


L'église : Beaucoup moins développée que l'actuelle église, l'église primitive était un modeste édifice en bois, adossé à la tour ; elle n'avait probablement qu'une seule nef. L'église actuelle, en pierre à nef unique avec deux collatéraux, fut construite durant la première moitié ou au milieu du XIIe siècle. Le donjon-tour devint son clocher.

En 1194, le chapitre de la cathédrale de Liège approuve la donation du patronat de l'église de Wierde, du maître-autel et de l'autel de saint Nicolas aux religieux norbertins de l'abbaye de Géronsart par Renier et Mainier de Wierde, chanoines de Saint-Lambert de Liège, et leurs frères Philippe, Godefroid et Jacques de Wierde.

En 1215, l'évêque de Liège confirme la donation du patronat de l'église de Wierde à l'abbaye de Géronsart par Philippe de Wierde et ses cohéritiers.

En 1716, la tour-clocher fut restaurée et coiffée d'une flèche en ardoise à trois niveaux.

L'église fut dévastée par un incendie en 1763 : le plafond stuqué de la nef ainsi que l'orgue baroque qui occupe la tribune du fond de la nef datent de cette année 1763.

Le chœur à chevet plat était initialement encadré de deux absidioles semi-circulaires
(image 3 , absidiole Nord) mais l'absidiole sud fut sacrifiée en 1837 pour être aménagée en petite sacristie carrée qui en occupe aujourd'hui l'emplacement (image 2).

Les baies cintrées du chevet carré et des collatéraux ainsi que la porte percée dans le collatéral sud datent de 1865.

L'église a fait en 1975 l'objet d'une restauration.
[...] »


Selon Xavier Barral i Altet, auteur du livre Belgique romane de la Collection Zodiaque :

« L'église Notre-Dame qui a pris tardivement le vocable du Rosaire est un bel exemple de construction directement liée à un lignage seigneurial. Celui de Wierde apparaît dans les textes à la fin du XIe siècle en tant que propriétaire du village et de l'église. Cette dernière ne présente pas en elle-même de traits caractéristiques exceptionnels. Au XIIe siècle elle possédait trois nefs, une abside principale rectangulaire et deux absides latérales semi-circulaires ornées d'arcatures aveugles. Le morceau le plus notable est la tour de façade qui témoigne, avec son élévation à quatre niveaux, de hauteur sensiblement égale, de l'utilisation militaire qui était faite de ce type de construction. En effet, à l'origine, le rez -de-chaussée était entièrement fermé. »


Commentaires de ces textes

– L'auteur du texte de Wikipédia décrit une caractéristique de la tour-clocher que l'on retrouve dans beaucoup de tours du Moyen-Âge : la porte d'entrée était placée en hauteur, à plusieurs mètres au-dessus du sol. L'accès se faisait par une échelle ou éventuellement une rampe extérieure suivie d'un pont-levis.

– Qu'est ce qui justifie l’affirmation suivante ? : « Beaucoup moins développée que l'actuelle église, l'église primitive était un modeste édifice en bois, adossé à la tour ; elle n'avait probablement qu'une seule nef. ». A-t-on trouvé des restes de cette église en bois adossée au clocher ?

 – Si nous posons la question, c'est parce que nous avons constaté que, très souvent, des affirmations péremptoires n'étaient pas accompagnées des justifications nécessaires. Un raisonnement supposé imparable était initié par des prémisses douteuses voire fausses. Ainsi, dans le cas présent, on part de la conviction que la tour est du XIe siècle et l'église, du XIIe siècle. Mais il devait y avoir une église à côté de la tour, et ce, dès le début. Il ne reste rien de cette église. Donc elle était en bois. Etc. (image 3).



Les éléments caractéristiques

L'absidiole Nord est décorée d'arcatures lombardes de première génération (image 3).

Image 5 : Nous ne savons pas où se situe cette porte murée. L'ouverture était autrefois protégée par un linteau en bâtière préroman.

Images 1 et 7 : On constate sur ces images qu'à l'extérieur, la tour-donjon n'est pas insérée dans le collatéral Sud. Cela signifie que cette tour-clocher jouxte la façade Ouest du vaisseau central. À l'intérieur (image 7), on peut voir le côté intérieur du mur de façade Ouest sur lequel est accrochée la tribune de l'orgue. Cette disposition est peu commune : dans la plupart des édifices de la région, lorsqu'il y a une tour jouxtant la façade Ouest, cette tour est grandement ouverte sur la nef à l'étage inférieur, grâce à une baie protégée par un transarc en plein cintre, et à l'étage supérieur, où l'on trouve le même type de baie et le même arc. Si, dans le cas présent, on ne retrouve pas la même disposition, c'est sans doute parce que les propriétaires de la tour voulaient garder son caractère défensif en supprimant toute communication directe avec la nef. Il reste une question : pour quelles raisons a-t-on donné à cette tour-donjon un caractère défensif alors que ce n'était pas le cas pour des tours voisines ?

Images 6, 7, 8 et 9. Les éléments suivants caractérisent cette nef à trois vaisseaux charpentés. Le vaisseau central est porté par des piliers rectangulaires de type R0000. Les arcs reliant les piliers sont en plein cintre et à un seul rouleau. Ces arcs sont portés par les piliers par l'intermédiaire d'impostes peu épaisses. Ces impostes, simplement moulurées, ne sont pas taillées dans un seul bloc. L'image 9 montre une de ces impostes dont l'état est révélateur de son ancienneté. Tous ces éléments font apparaître que cette nef est probablement antérieure à l'an mille.

Ajoutons à cela l'absence de transept (ceux-ci sont selon nous généralisés après l'an mille) et un type de chevet (abside rectangulaire encadrée par deux absidioles demi-circulaires) très semblable à celui d'autres églises estimées préromanes.


Datation envisagée pour l'église Notre-Dame du Rosaire de Wierde : an 800 avec un écart de 150 ans.



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