L'abbatiale du monastère Sainte-Marie de Huy
Nous n'avons pas visité cette abbatiale.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Après l’asservissement des Saxons par Charlemagne, les
Francs établissent une garnison militaire sur la Huy vers
790. Elle servait à sécuriser la région contre les Slaves.
Les vestiges d’un mur d'enceinte sont encore visibles dans
la forêt. Des poteries découvertes indiquent une
colonisation dès l’âge du bronze.
Après l’expansion de Magdebourg par l'empereur Otton le
Grand, Huysburg perdit son importance stratégique. Le 20
avril 977, l'empereur Otton II accorde à l'évêque Arnulf
von Halberstadt la souveraineté sur les forêts de Hakel,
Huy, Fallstein, Asse, Helm et Nordwand. C’est aussi la
première mention documentée des Huys. L’affectation
seigneuriale du monastère et de ses possessions suit
l’histoire générale du monastère dans le cadre de
l'évêché. Depuis 977, la crête de Huy était la propriété
des évêques de Halberstadt.
La petite ferme sur la Huy, composée d’une maison en
pierre et de quelques bâtiments à colombages, devient
alors la ferme de l’évêque. L’évêque Burchard Ier
de Halberstadt construisit une chapelle à deux étages, qui
fut consacrée en 1058, avec la participation de
l’archevêque Engelhard de Magdebourg. Dans cette chapelle,
il y avait un autel dédié à la Vierge Marie et une crypte.
Dans le processus de fondation qui s’ensuivit, aucun
fondateur spirituel ou laïc n’apparaît au départ. À partir
de 1070, l’évêque Burchard II, également connu sous le nom
de Buko, autorisa les ermites à s’installer près de la
petite église. [...]
Le
chanoine de Halberstadt, Ekkehard, fut chargé par l’évêque
Burchard II de la garde de la chapelle de Huysburg et de
la petite communauté. Le 24 décembre 1080, Ekkehard est
nommé à la tête du monastère et, le 21 juin 1081, l’évêque
de Halberstadt le consacre abbé. Il fut le premier abbé du
monastère, mais démissionna de sa charge le 18 août 1083
et mourut le 28 juin 1084.
Ekkehard marqua la fin du processus de fondation du
monastère bénédictin sur la Huy. [...]
On
ne sait pas si les moniales cloîtrées ont participé à la
fondation du monastère bénédictin sur le Huysburg après
1084. Le 11 juin 1156, le pape Hadrien IV exigea de
l’évêque Ulrich de Lalberstadt qu’il abolisse le couvent
des femmes de Huysburg et cesse de s’occuper des moines.
Mais en 1158 les moniales cloîtrées y vivaient encore.
D’autres informations sur la sécurité financière des
moniales cloîtrées ont été transmises en 1158, 1314 et
1316. Avec la mort en 1411 de la dernière moniale
cloîtrée, la communauté féminine de Huysburg prend fin.
Comme il n’y avait pas de monastère féminin reconnu par le
diocèse et pas de deuxième cloître à Huysburg, la
désignation répandue de monastère double est erronée.
L’abbaye
de Huysburg doit la fondation de ses possessions aux
évêques Burchard II et Reinhard. Le 1er
novembre 1084, l’évêque Burchard II émet le premier acte
de propriété, assez complet. Le nouveau monastère reçoit
les bâtiments du mont Huy, une grande partie de la forêt
du Huy et toute la région environnante avec les
propriétaires cultivateurs. Le document mentionne
également la donation de la chapelle sur la Huy,
construite par l’évêque Burchard Ier en 1058.
Entre 1114 et 1118, d’autres dons ciblés ont été faits par
l’évêque Reinhard von Blankenburg. De nouvelles
acquisitions sont faites en 1138 par l’évêque Rodolphe Ier
de Halberstadt et en 1156 par l’évêque Ulrich. En 1195, il
y avait encore des confirmations de propriété par l’évêque
Gardolf von Harbke. Après cela, la croissance de la
propriété a stagné. »
Commentaires de ce texte
Nous avouons ne pas avoir très bien compris le sens de ce
texte que nous reproduisons presque intégralement. L'auteur
nous parle d'une chapelle à deux étages construite avant
1058 mais ne dit rien sur l'église actuelle. Le fait qu'il
parle d'une « chapelle » signifierait peut-être qu'il s'agit
d'une église de petites dimensions, donc différente de
l'église actuelle, mais on ignore ce qu'est devenue cette
église.
Il nous parle de « moniales
cloîtrées » pour ajouter presque après : « Comme
il n’y avait pas de monastère féminin reconnu par le
diocèse ... »
Retenons enfin la phrase : « Dans
le processus de fondation qui s’ensuivit
(c'est-à-dire après la consécration de la chapelle en 1058),
aucun fondateur spirituel ou laïc n’apparaît au départ.».
Cette phrase signifie qu'on ne dispose pas d'un document
mentionnant la fondation d'un monastère après 1058. Mais si
un texte mentionnait la fondation d'un monastère avant 1058,
l'auteur en aurait parlé. En conséquence, on ne dispose
d'aucun texte de fondation, que ce soit avant 1058 ou après
1058. La fondation du monastère que l'auteur situerait après
1058 pourrait bien se situer avant, voire même, bien avant.
C'est cette hypothèse d'une fondation de monastère
antérieure à 1058 que nous privilégions . Comme nous le
verrons plus loin par son architecture, l'abbatiale apparaît
nettement antérieure au XIIe siècle, et, en
admettant qu'il y ait eu une fondation après 1058 puis
construction d'une basilique après cette date, il a fallu
beaucoup de temps pour accumuler les richesses en vue d'une
construction aussi importante.
Il reste cependant une énigme : qu'en est-t-il de la
chapelle à deux étages construite par l'évêque Burchard Ier?
Nous proposons l'hypothèse suivante : cette chapelle
pourrait être l'ouvrage Ouest (à gauche sur le plan de l'image 3). C'est là une
information qui a été oubliée mais que nous avons pu
vérifier sur plusieurs ouvrages Ouest. Ceux-ci sont partagés
en deux étages (au moins). L'étage supérieur est utilisé
comme chapelle, une chapelle souvent dédiée à Saint Michel.
L'étage inférieur est dans la plupart des cas un porche
d'entrée. Mais il peut y avoir des exceptions. C'est le cas
ici. L'image 5 montre
la présence d'une abside semi-circulaire. Il devait donc y
avoir là une petite chapelle, avec un autel, peut-être
consacré à la Vierge Marie.
Datation
Nous pensons que la construction de cette église s'est
effectuée en plusieurs étapes :
– Étape 1. L'édifice
d'origine devait être constitué d'une nef à trois vaisseaux
avec probablement une ou trois absides en prolongement de
ces vaisseaux. Nous avons eu l'occasion d'étudier ce type
d'église dans les pages précédentes. Celle-ci présente
cependant des éléments caractéristiques très intéressants.
Notons d'abord qu'il y a alternance entre piliers
rectangulaires de type R0000
et colonnes cylindriques. Cette alternance de piliers est
employée dans un système dit lié, mais ce n'est pas parce
qu'il y a alternance des piliers que l'on peut en déduire
que le système est lié. Un système est lié lorsque une
travée de nef correspond à deux travées des collatéraux.
Nous en avons ici l'exemple. L'image
5 révèle 5 piliers consécutifs (3 à section
rectangulaire et 2 cylindriques disposées en alternance).
Ces piliers portent 4 arcs en plein cintre de mêmes
dimensions. Un autre arc de plus grande dimension recouvre
deux arcs consécutifs. Le grand arc correspond à une travée
du vaisseau central. Chacun des arcs plus petit correspond à
une travée de collatéral. On vérifie cela sur l'image
6 : chaque travée de collatéral est recouverte
d'une voûte d'arêtes. On est là à la transition entre le
préroman (vaisseaux non voûtés) et le roman (vaisseaux
voûtés). Nous ne sommes cependant pas certains qu'à
l'origine, les collatéraux ont été voûtés.
– Étape 2. Lors
de cette deuxième étape, les absides ainsi que probablement
des travées de l'église précédente, ont été détruites et
remplacées par l'actuel transept, haut et débordant. Un
avant-chœur et un chœur ont été ajoutés. Cette deuxième
campagne de travaux aurait été effectuée durant la période
romane, au XIIe siècle.
– Étape 3. La
construction de l'ouvrage Ouest fait partie d'une troisième
campagne de travaux. Ne disposant pas de suffisamment
d'images, nous sommes incapables de distinguer parmi les
campagnes de travaux 2
et 3 laquelle est la plus ancienne.
Datation envisagée
pour la nef d’origine de l'abbatiale du monastère
Sainte-Marie de Huy : an 950 avec un écart de 75 ans.