L'abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Ilsenburg im Harz  

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Nous n'avons pas visité cette église abbatiale. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Ce n’est qu’au cours de la deuxième décennie du XIe siècle que l’abbaye d’Ilsenburg, habitée par des bénédictins depuis plus de 11 ans, a été construite sur le site d’un palais de chasse présumé. L'ancien empereur
cappellanus (aumônier) Otton III avait pris une part active à la politique de la Saxe orientale, comme le raconte le chroniqueur Thietmar von MerseburdHenri. II fait don d’une partie de ses biens, documentés le 2 avril 1003, dont le château d’Elysyna, au diocèse d'Halberstadt. L'évêque Arnulf von Halberstadt fonda son propre monastère. À cette fin, il transféra la donation royale au nouveau monastère. Arnulf légua également au nouveau monastère de vastes domaines provenant de ses possessions dans la région située entre Ilsenburg et Osterweick. [...] L’agrandissement du palais impérial de chasse en monastère dura probablement jusqu’en 1018. L’apogée du monastère, qui a existé pendant plus de 500 ans, se situe entre la fin du XIe et le XIIIe siècle. De nombreuses possessions acquises par des achats et des donations en ont fait l’un des monastères bénédictins les plus riches entre la Weser et l’Elbe. Le monastère, incendié en 1120, fut restauré en 1129 par l’abbé Martin. L’abbé Sigibodo († 1161) et l’abbé Tiother († 1176) agrandirent le complexe monastique. Dès la fin du XIe siècle, Ilsenburg possédait une importante école monastique et, au XIIe siècle, il y avait des preuves d’une activité d’écriture et d’art animée.

La réforme de la vie monastique à Ilsenburg trouva son expression architecturale dans la construction d’une église abbatiale plus grande selon le plan de Gorz, qui fut consacrée aux saints apôtres Pierre et Paul par l’évêque Burchard II le 5 juin 1087. Sa nef à vaisseaux, qui se terminaient par trois absides, peut être retracée pour la première fois dans l’architecture de l’église de l’ordre bénédictin dans l’ancien Empire allemand. Le sol en chape de plâtre richement décoré d’environ 1200 est aujourd’hui l’un des trésors de l'art roman en Allemagne. Les bâtiments partiellement conservés du cloître ont été érigés entre 1120 et 1176 après qu’un incendie ait détruit les bâtiments précédents. À certains moments, le couvent se composait de 25 moines. [...] »


Commentaires de ce texte

Il est un peu obscur et la traduction de l'allemand au français par un programme automatique ne le rend pas plus clair. En fait, on en apprend peu sur ce qui nous intéresse le plus, à savoir la datation des constructions.


Les images que nous avons de l'abbatiale permettent de la restituer malgré tous les dommages qu'elle a subis au cours du temps.

Il ne reste que deux vaisseaux des trois que la nef devait avoir à l'origine. Le vaisseau central devait être porté par un système mixte de piliers : alternance de piliers rectangulaires et de colonnes cylindriques. Ce vaisseau central ainsi que les collatéraux devaient être charpentés. Ils sont actuellement voûtés en voûtes d'arêtes. Ce voûtement a été réalisé après la destruction de la colonnade Nord et du collatéral Nord. Donc très probablement après les guerres de Religion (images 5, 6, 7, 8). Les arcs sont portés par les piliers par l'intermédiaire d'impostes pour les piliers rectangulaires et de chapiteaux cubiques pour les colonnes cylindriques (images 10 et 11).

Le plan de l'image 4 révèle l'existence d'un ouvrage Ouest dont il ne reste que la partie centrale et la tour Sud, ensemble datant de la période romane mais fortement restauré depuis. Le caractère roman ne se vérifie que dans le mur de fond de l'église (image 9).

Cette église avait-elle un transept ? Nous n'avons pas les moyens de le vérifier avec les seules images que nous avons pu obtenir. En tout cas, d'après le plan de l'image 4, l'abside principale a été conservée. Les principaux éléments caractéristiques de cette église (nef à trois vaisseaux charpentés, système mixte de piliers, chapiteaux cubiques, arcs en plein cintre et à un seul rouleau) la rangent dans le groupe d'édifices préromans, de peu antérieurs à l'an mille.


Le réfectoire (images 12, 13, 14) est, selon nous, plus tardif, du XIIe siècle.

C'est un peu par hasard que nous avons eu l'image des restes d'une chapelle (image 15). Elle nous semble de petites dimensions. On remarque immédiatement la trace de trois absides ainsi que les fondations de piliers rectangulaires. On pense immédiatement au plan caractéristique d'une nef à trois vaisseaux charpentés avec trois absides en prolongement des vaisseaux. L'édifice serait donc, selon nous, antérieur à l 'an mille. On retrouve là un aspect qui caractériserait les édifices antérieurs à l'an mille. Hormis les minuscules oratoires, ils seraient tous à nefs à trois vaisseaux. Cette constatation est pour nous importante : car une nef à trois vaisseaux est plus compliquée à construire qu'une nef à un seul vaisseau. Il est tout à fait normal qu'il y ait trois vaisseaux pour de grandes nefs car la longueur des poutres de bois constituant la charpente d'un toit est limitée. Mais une telle limite est inutile en ce qui concerne les petites nefs. La nef de l'église de l'image 15 aurait très bien pu être unique et non triple comme elle l'est ici. Si donc il était plus facile et moins cher de construire une nef unique de mêmes dimensions qu'une nef triple, pourquoi ne l'a-t-on pas fait ? La réponse est certainement parce qu'il y avait des raisons symboliques ou religieuses de le faire.

Datation envisagée pour l'abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Ilsenburg im Harz : an 900 avec un écart de 100 ans.