L'église Saint-Pierre de Sinzig
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
Nous nous sommes aussi en partie inspirés du livre Palatinat
Roman de la collection Zodiaque,
écrit par Dithard von Winterfeld, Professeur de l'Histoire
de l'Art de l'Université de Mayence. Nous en conseillons la
lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
L’église est peut-être un bâtiment successeur de la
chapelle Saint-Pierre, qui a été mentionnée en 855 dans un
acte de donation de l’empereur Lothaire Ier au
monastère du Couronnement de Sainte-Marie à
Aix-la-Chapelle. Sur la base de comparaisons stylistiques
avec d'autres églises de la région Rhin-Lahn, on suppose
que la construction de l'église a commencé vers 1225,
c'est-à-dire à l'époque où Frédéric II était empereur.
Celui qui a consacré l’église et l’autel était le
dominicain Henri Ier (Henricus de Osiliensis),
qui a été ordonné évêque en 1234 et qui a effectué des
actes de consécration dans diverses églises entre Sinzig
et Boppard lors d’un séjour dans la région du Rhin moyen à
la demande et au nom de l’archevêque de Trèves, Theoderich
von Wied († 1242). En raison de la consécration de
l’église le jour de l’Assomption de la Vierge Marie
(documentée pour la première fois en 1310), la
consécration de l’église paroissiale Saint-Pierre en
grande partie achevée peut être supposée être le 15 août
1241.
Le
bâtiment a été restauré en 1863/1864 selon les plans de
l’architecte Ernst Friedrich Zwirner. [...]
Architecture
Le bâtiment a été aménagé selon un plan cruciforme. Le
caractère d'un bâtiment central est également perceptible
(?) puisque
les bras transversaux ne dépassent que de l'épaisseur de
la paroi sur la largeur des allées latérales. Dans ses
points les plus longs, l'église mesure 33,50 m de long et
19,83 m de large. La nef est à trois étages. Le chœur est
clos sur cinq côtés, flanqué de deux chapelles latérales.
Le transept est rectangulaire, couvert d’un beau dôme et
surmonté de l’imposante tour octogonale. [...]
La
mise au tombeau (image
9)
Un
groupe monumental de figures de pierre est le «
Saint-Sépulcre », datant d’environ 1500, situé dans le
bas-côté nord. Les personnages légèrement plus grands que
nature encadrent une tombe décorée d’entrelacs gothiques,
sur laquelle repose le corps de Jésus. En tête se trouve
Joseph d'Arimathie. D’autres personnages peuvent être
identifiés comme Marie, l'épouse
de Clopas, dont la position de la main montre un
geste de deuil, et avec des tresses médiévales et un vase
d’onction, Marie Madeleine. Le personnage aux pieds du
Seigneur pourrait être le vieux Nicodème. [...] »
Commentaires de ce texte
Il se révèle pour nous d'un très grand intérêt. Mais avant
de signaler la raison de cet intérêt, effectuons une analyse
architecturale de l'édifice. La nef est à trois vaisseaux.
Le vaisseau central est porté par des piliers de type R0000. Nous estimons
qu'initialement, cette nef n'était pas voûtée mais
charpentée. Elle aurait été voûtée sur croisée d'ogives au
milieu du XIIIe siècle (ce qui pourrait
correspondre à la date de 1241 indiquée dans le texte).
Cette église primitive devait avoir une nef à trois
vaisseaux avec trois absides en prolongement de ces
vaisseaux (il reste deux absides). L'église primitive
n'avait pas de transept. Celui-ci aurait été ajouté plus
tard en remplacement de deux travées de nef. La galerie
d'étage faisant office de triforium
(voir sur les images 6 et
7) n'était pas selon nous inscrite dans le plan
initial. Elle aurait été construite ultérieurement (style
roman tardif).
Il faut bien comprendre que, contrairement à ce que dit la
phrase du texte, « on
suppose que la construction de l'église a commencé vers
1225,... », l'église, au moins dans sa partie
primitive, ne peut être datée du XIIIe siècle :
en 1225, on était capable de faire beaucoup mieux. Notre
propre estimation de datation d'une église à nef à trois
vaisseaux charpentés, à piliers de type R0000,
aux arcs en plein cintre, à trois absides en prolongement,
était, il y a peu, l'an 800 avec un écart de 200 ans.
Et c'est là que le texte révèle son intérêt
: la phrase « L’église
est peut-être un bâtiment successeur de la chapelle
Saint-Pierre, qui a été mentionnée en 855...
» concernerait non une église mentionnée en 855 ayant
précédé l'église actuelle, mais bien cette église actuelle
devant être vue dans son état primitif bien différent de
l'état actuel.
La mise au tombeau
(image 9)
Notre site est censé traiter tout ce qui concerne le premier
millénaire. Un objet appartenant au deuxième millénaire (qui
plus est exactement au milieu du deuxième millénaire) ne
devrait donc pas être décrit. Cependant nous citons cette
œuvre pour plusieurs raisons. Tout d'abord, rien n'interdit
d'admirer une œuvre d'art au cours d'une visite. Mais il y a
deux autres raisons : cette œuvre est caractéristique d'un
territoire et d'une période. Le territoire, c'est l'Europe ;
on retrouve des Mises au Tombeau un peu partout en Europe,
aussi bien en Allemagne, qu'en Flandre ou dans le Sud de la
France. La période est le XVIe siècle. Les
représentations du tombeau du Christ sont fréquentes en
dehors du XVIe siècle, mais pas sous cette forme,
avec le même groupe entourant le tombeau et le corps du
Christ. Cette extension dans l'espace accompagnée d'une
restriction dans le temps est selon nous significative de
courants de pensée qui circulent rapidement (quelques
générations) et se répandent universellement à l'intérieur
d'une culture commune (ici la culture chrétienne). Nous
pensons que la présence de ces mises au tombeau au XVIe
siècle doit être corrélée avec l'essor des confréries de
pénitents chargées des obsèques, et à un changement de
comportement vis-à-vis de la mort.
Cette idée selon laquelle une forme architecturale, une
représentation picturale, sont effectuées d'une manière
extensive dans l'espace et restrictive dans le temps a guidé
toute notre démarche en ce qui concerne le premier
millénaire. En particulier, c'est ce qui nous a fait
affirmer ci-dessus que cette église n'avait pas pu être
construite à partir de l'an 1225, car à la même époque (le
XIIIe siècle), en France (mais, par extension,
dans toute l'Europe et donc en Allemagne), on construisait
des églises gothiques.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Pierre de Sinzig :
an 800 avec un écart de 200 ans.