La basilique Saint-Aegidius de Mittelheim
Nous n'avons pas visité cette basilique.
Notre étude de l'édifice s'est inspirée de pages d'Internet
(ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues
d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté
le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette
basilique nous apprend ceci :
«
La basilique
Saint-Aegidius est une église romane à nef à
trois vaisseaux située à Mittelheim, dans la région du
Rheingau, en Hesse. L’église, dédiée à Saint Aegidius
(Saint Gilles), remonte au début du XIIe
siècle, mais a été en partie construite sur les fondations
d’une chapelle du Xe siècle, ce qui en fait la
plus ancienne église du Rheingau.
Histoire
Dès
avant l'an 1000, il y avait une chapelle ottonienne à nef
unique sur le site de la basilique actuelle. Après 1108,
les religieuses augustines ont vécu dans un petit
monastère près de la chapelle fondée par le ministre de
Mayence, Wulverich von Winkel, membre de la famille
Greiffenclau, en l’honneur de saint Aegidius. La chapelle
a été remplacée entre 1118 et 1131 par l’actuel bâtiment à
trois nefs.
En
1131, la basilique fut consacrée; le monastère a été
rejoint par les chanoines augustins expulsés de l'abbaye
d'Eberbach par l'archevêque de Mayence Adalbert I, faisant
du monastère d’Aegid un monastère double. Cependant, le
couvent masculin n’a duré que quelques décennies. En 1213,
les religieuses augustines s’installèrent au monastère de
Gottesthal, près d'Oestrich. Cependant, on continue
d'utiliser la basilique comme église monastique. À ce
stade, il n’y a plus de moines à Mittelheim; ils sont
probablement retournés à l’abbaye d’Eberbach (aujourd’hui
occupée par les cisterciens). À partir de 1250 environ, le
monastère de Mittelheim fut de nouveau habité par les
moniales augustines, après qu’une grande partie du couvent
du monastère de Gottesthal eut été rattaché à l'ordre
cistercien. Avec la permission de l’archevêque Christian
II, un petit groupe de religieuses restées augustines
retournèrent dans les bâtiments du monastère de
Mittelheim. L’archevêque Gerhard I I, successeur de
Christian II, interdit aux religieuses de Mittelheim
d’accepter des novices, Après cela, le monastère s’éteint
lentement. »
Commentaires de ce texte
• « ... la
chapelle fondée par le ministre de Mayence, Wulverich von
Winkel, ... ». Nous avons découvert ce mot de «
ministre » à la lecture de ce texte. Il semblerait
que le ministre ait été une sorte de fonctionnaire. Le nom
est connu depuis l’antiquité. À l'origine, c'était un
esclave dépendant directement d'un maître, chargé d'une
mission. Mais au fur et à mesure de l'importance donnée à sa
mission, l'esclave a obtenu indépendance et dignité. Ainsi,
pour citer un exemple, le vieil esclave chargé du commerce
des viandes, nommé senes
calli est devenu le sénéchal.
• L'ensemble du texte se révèle assez discret sur les
bâtiments et leurs diverses constructions ou évolutions. Il
est par contre plus disert sur les changements au sein des
communautés : présence avant l'an mille ; arrivée de
religieuses augustines, en 1108 ; arrivée d'augustins
en 1131, leur départ quelques décennies plus tard, etc. Pour
nous, touristes occasionnels, qui sommes surtout désireux de
connaître l'histoire du monument, les changements de
communautés ou les transferts de reliques apparaissent
totalement dérisoires. Mais il faut bien comprendre que
s'ils ont été consignés, cela signifie que pour les
contemporains, ils n'étaient pas dérisoires. Les « querelles
de clocher » sont souvent vécues comme de vrais drames par
leurs protagonistes.
• D'où vient la datation de l'édifice donnée par la phrase
suivante, « L’église,
dédiée à Saint Aegidius (Saint Gilles), remonte au début
du XIIe siècle, ... », un peu tempérée
par la suite, «
mais a été en partie construite sur les fondations d’une
chapelle du Xe siècle, ... » ? Puis
plus loin : «La
chapelle a été remplacée entre 1118 et 1131 par l’actuel
bâtiment à trois nefs. ». Nous ne voyons là qu'une
explication, l'interprétation de la phrase suivante : « En
1131, la basilique fut consacrée;... ». Le
raisonnement doit être selon nous le suivant. En 1131, la
basilique à été consacrée. Si elle a été consacrée, c'est
parce que les travaux étaient achevés. Ces travaux avaient
été commencés peu de temps auparavant. La date de 1108,
peut-être trouvée dans des textes, pourrait convenir. Donc «
l'église actuelle a été construite entre 1108 et 1131. Mais
une église était utilisée auparavant (une communauté de
moniales l'utilisait). C'est donc l'église nouvelle qui a
remplacé l'église ancienne. ». Comme on le voit, la date de
consécration de 1131 règle tout le processus de raisonnement
! Mais si tout dépend d'une consécration, pourquoi parler
d'une église qui existait avant l'an mille (ou avant l'an
1108) ?
À notre connaissance, il n'y a pas eu consécration de cette
église. Doit-on en déduire que cette église n'a pas existé ?
En fait, la réponse la plus logique, c'est qu'il y a bien eu
consécration de cette église, mais que tout souvenir de
cette consécration a disparu. Et d'en déduire que le
document de 1131 signalant une consécration est sans doute
le seul souvenir de plusieurs (nombreuses ?) consécrations
effectuées en ce lieu.
Datation
par comparaison architecturale
Les images 2, 3 et 5
font apparaître les traits caractéristiques d'une basilique
de modèle romain. Ce qui signifie que, par sa conception,
elle serait plus proche d'une basilique romaine du IVe
siècle que d'une basilique romane du XIe siècle.
• Traits caractéristiques d'une basilique paléochrétienne
romaine : nef à trois vaisseaux charpentés, piliers de type
R0000 ou C0000,
arcs simples reliant les piliers, façade Ouest reproduisant
le plan en coupe de la nef (comme un mur posé contre la
nef), une ou trois entrées côté Ouest, une ou trois absides
en prolongement des vaisseaux. Pour le décor, principalement
des mosaïques et des fresques. Sculptures éventuelles sur
plaques (sarcophages, chancels, autels).
• Traits caractéristiques d'une basilique romane du XIe
siècle : nef à trois vaisseaux dont deux au moins (les
collatéraux) voûtés, piliers de type R1110
ou R1111, arcs
doubles reliant les piliers, façade Ouest décorée ou Ouvrage
Ouest, entrées sur divers côtés (hormis Est) ; transept,
chevet fortement développé. Pour le décor sculpté,
principalement des chapiteaux et tailloirs.
Comme on le voit sur les images, le modèle de la basilique
Saint-Aegidius est plus proche du modèle romain que du
modèle roman. À une différence près cependant : ici, il y a
un transept. Cependant, si on regarde de plus près ce
transept (images 8 et 9
: transept vu en direction de l'Est (sanctuaire) pour l'image 8 , en direction
du Sud pour l'image 9),
on constate que les arcs de ce transept (arc triomphal, arc
absidal, arcs d'entrée aux croisillons) sont nettement plus
grands que ceux de la nef et, surtout, ils reposent sur les
piliers par l'intermédiaire d'impostes. Ce qui n'est pas le
cas des arcs de la nef. Ces constatations invitent à
envisager deux étapes de travaux. C'est d'ailleurs un cas
d'espèce rencontré à plusieurs reprises : dans un premier
temps, est construite une église à nef à trois vaisseaux
charpentés avec trois absides en prolongement de ces
vaisseaux. Puis certaines nécessités apparaissent
(construire un espace plus important réservé aux clercs,
ajouter des absides, etc.). On décide alors de construire à
l'emplacement de l'ancien chevet et d'une ou deux travées,
un transept et un nouveau chevet.
En conséquence, voici ce que nous proposons :
Datation envisagée pour
la nef à trois vaisseaux de la basilique Saint-Aegidius de
Mittelheim : an 775 avec un écart de 200 ans.
Datation envisagée pour
le transept et le nouveau chevet de la basilique
Saint-Aegidius de Mittelheim : an 1025 avec un écart de 75
ans.