L'église Saint-Pierre de Xhignesse à Hamoir
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images de la présente page ont été recueillies sur
Internet.
La page du site internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« L'église
Saint-Pierre est un édifice religieux catholique sis à
Xhignesse (Hamoir), en Belgique. De style roman et
construite à l'extrême fin du XIe siècle,
l'église est classée au Patrimoine majeur de Wallonie. .
Le village de Xhignesse remonte à la fin de la période
mérovingienne lorsque les maires du palais prirent
progressivement le pouvoir et constituèrent leur propre
dynastie, celle des Pépins. Ils allaient ouvrir la voie à
leur grand successeur, l’empereur Charlemagne, et à la
civilisation carolingienne qui imprégnerait toute l’Europe
occidentale à la charnière des VIIIe et IXe
siècles.
Mort en 714, le maire du palais, Pépin de Herstal, était
le fils de Sainte-Begge, fondatrice d’Andenne et de son
abbaye. Il avait épousé Plectrude, issue comme lui de la
noblesse franque. Ce fut cette autre femme pieuse qui,
selon la tradition, fonda Xhignesse entre 687 et 714.
Ce domaine avait été offert par les Pépins à l’une des
premières abbayes de la région, celle de Stavelot-Malmédy,
fondée en 651 par Saint Remacle, un évangélisateur venu
d’Aquitaine. Situé à l’emplacement de l’église actuelle,
le sanctuaire d’origine a disparu. Il est très probable
qu’il ait eu une fonction monastique.
Implantée sur une butte, l’église actuelle fut érigée vers
1100 en moellons de grès et calcaire, au milieu d’un
cimetière, dont l'entrée est marquée par deux tilleuls et
où subsistent de nombreuses croix funéraires des XVIIe
et XVIIIe siècles. L’accès se fait par un
portail flanqué de piliers en calcaire, ajouté au XVIIIe
siècle tout comme le porche latéral, percé d’une entrée en
plein cintre. Mis à part ces ajouts, l’ensemble respire
l'art roman le plus pur. Le plan initial est de type
basilical, en forme de croix grecque, à branches égales,
hérité de l’Antiquité. Le vaisseau se compose d’une nef
haute, séparée de deux bas-côtés, au nord par trois
piliers, au sud par deux piliers et une colonne. Le
transept est large. Le chœur rectangulaire se termine en
abside semi-circulaire. Au sud et au nord, ce chevet est
flanqué de constructions rectangulaires basses qui
accueillent des chapelles et la sacristie. Une tour
occidentale, carrément aveugle, a sans doute été ajoutée
dans le courant du XIIe siècle. Elle supporte
un clocheton à base carrée que surmonte une petite flèche
octogonale.
L’ampleur de l’architecture, son unité et le soin apporté
à la construction, particulièrement à l’ornementation
extérieure du chœur, confèrent à cet édifice roman son
caractère exceptionnel. Le chœur, la nef et les deux ailes
du transept ont la même hauteur et des longueurs égales.
Arrondie, l'abside est ornée de sept arcades hautes.
Quatre d’entre elles sont aveugles. Les trois autres, dans
l’axe, sont percées de baies en plein cintre. Dans la
partie supérieure, neuf niches aveugles forment une sorte
de galerie. Xhignesse constitue l’un des exemples les plus
anciens de ce type de décor, qu’on trouve aussi aux bords
du Rhin et de la Moselle. »
Commentaires sur le texte
ci-dessus
–
Il faut tout d 'abord noter l'importance de la documentation
concernant cette église. Pépin de Herstal, sa femme
Plectrude, sont des personnages historiques liés à la
monarchie franque. Si Plectrude a fondé un monastère à
Xhignesse, l'église de ce monastère devait être richement
dotée. L'auteur émet quelques réserves sur authenticité de
cette fondation par Plectrude (« Ce
fut cette autre femme pieuse qui, selon la tradition,
fonda Xhignesse entre 687 et 714. »). Nous sommes
un peu moins réservés car nous avons parfois constaté que la
source d'une information apportée par un érudit local avait
pu être oubliée ou perdue. Dans le cas présent, il est
possible que l'histoire de cette fondation soit directement
issue d’une Vie de Saint.
–
Indépendamment de toute analyse architecturale, nous notons
dans ce texte la démarche caractéristique de la plupart des
historiens de l'art consistant à affirmer :
« Une église a été construite avant l'an mille. Mais cette
église a été entièrement détruite. Et l'église actuelle est
postérieure à l'an mille. ». Que ce raisonnement s'applique
dans quelques cas précis est envisageable. Qu'il soit
systématique est une erreur. Dans le cas de Saint-Pierre de
Xhignesse, si une église a précédé l’église actuelle, il
doit y avoir des restes de cette église initiale. Ces restes
sont peut-être enfouis. Ou bien on les retrouve en partie
conservés dans les murs de l'église actuelle. Ou bien
encore, l'église actuelle a été post-datée. Une église ne
peut pas disparaître comme par enchantement. Et l’historien
de l'art qui a étudié cette église doit fournir des
explications sur cette disparition.
Diverses constations sur
l'architecture de cet édifice
La vue par satellite de l'image
1 fait apparaître un transept haut (les
croisillons de ce transept sont de même hauteur que le
vaisseau central de la nef) et débordant, trait
caractéristique d'un art roman. À l'inverse, les piliers
porteurs du vaisseau central de la nef sont rectangulaires
de type R0000 (à
l'exception de l'un d'entre eux, cylindrique, signalé
ci-dessus, non visible sur ces images. L'existence de cette
colonne, résultat probable d'une réfection, ne nuit pas à
notre raisonnement). Ces piliers (plan de l'image
3, images 5 et 6)
portent des arcs en plein cintre et à un seul rouleau. Les
trois vaisseaux de cette nef sont charpentés. Nous avons
étudié ce type de nef dans le chapitre « Datation
» de ce site et nous l'estimons préroman. Mais alors,
comment concilier ces deux estimations apparemment
contradictoires ? En acceptant l'idée d'une construction en
deux temps. Dans un premier temps, on construit une nef à
trois vaisseaux avec une ou trois absides en prolongement
des vaisseaux. Dans un deuxième temps, on remplace ces
absides et une ou deux travées de nef par le transept et
l'avant-chœur, et peut-être, les absidioles. Il est possible
qu'il y ait eu dans un troisième temps, construction de
l'abside semi-circulaire dont le décor extérieur diffère de
celui des autres parties du bâtiment.
Les premières tentatives de datation des nefs à trois
vaisseaux non voûtés avec piliers de type R0000
et arcs en plein cintre à un seul rouleau ont donné pour
estimation l'an 750 avec un écart de 200 ans. Nous devons
prochainement affiner cette estimation. Cependant, nous
pouvons d'ores et déjà avancer l'idée que la nef de
Saint-Pierre de Xhignesse pourrait bien être celle de la
communauté fondée par Plectrude au début du VIIIe
siècle.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Pierre de Xhignesse à
Hamoir : an 750 avec un écart de 200 ans.