L'église romane Saint-Vaast de Saint-Vaast (La Louvière)
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images de cette page ont pour source Internet.
Selon Xavier Barral i Altet, auteur du livre Belgique
romane de la Collection Zodiaque
: « La
petite église de Saint Vaast est traditionnellement
associée à l'arrivée des reliques du saint évêque d'Arras.
Dans son aspect actuel, cet édifice tardif présente une
structure à nef unique couronnée par un chœur
rectangulaire et précédée par une tour carrée à quatre
niveaux d'élévation. Le vestige le plus intéressant est le
tympan en bâtière (image
6) qui
couronne la porte, aujourd’hui murée, du bas-côté Nord. Il
reposait à l'origine sur deux colonnettes appareillées à
chapiteaux végétaux. Le décor du tympan présente une série
d'éléments végétaux stylisés, distribués avec une certaine
irrégularité sur toute la surface disponible. C'est un
thème bien connu de l'art roman qui se réfère aux tympans
à décor couvrant végétal. Il est pourtant traité ici avec
une indéniable originalité. »
Nous n'avons malheureusement pas d'image de l'intérieur de
cette église qui, extérieurement, apparaît gothique. De
plus, le fait qu’elle soit dit « à
nef unique » est pour nous significatif d'une
datation relativement récente. Nous pensons en effet que les
églises d'une certaine importance étaient toutes à nefs
triples durant la période préromane.
Cependant, le texte ci-dessus témoigne d'une contradiction :
« le
tympan en bâtière qui
couronne la porte, ... du
bas-côté Nord. ». S'il existe un bas-côté, cela
signifie que la nef n'est pas unique, mais au moins double,
et peut-être triple. On peut penser à une erreur de
vocabulaire (confusion entre « mur Nord » et « bas-côté Nord
»). Cependant, on constate un décrochement de pente du toit
côté Nord (image 2)
et côté Sud (images 1 et 5).
Cela fait envisager qu'il y a de chaque côté un mur ou des
piliers de séparation entre la partie centrale et la partie
extrême.
Le linteau en bâtière de l'image
6 est, selon nous, très intéressant. En affirmant
que « C'est
un thème bien connu de l'art roman qui se réfère aux
tympans à décor couvrant végétal », puis qu'il est
« traité
ici avec une indéniable originalité », l'auteur
semble relativiser son importance et attribuer son décor à
une « originalité
», comme, actuellement, on reconnaît une œuvre d'art à
l'esprit créatif de l'artiste. Nous estimons, quant à nous,
qu'au Moyen-Âge, il n'y avait de place à « l'esprit créatif
» que pour les détails d'une œuvre et non pour le choix du
thème et son apparence globale.
L'auteur nous dit que le décor végétal couvrant correspond à
un thème bien connu de l'art roman. Mais ce décor végétal
est le plus souvent très ciblé. On peut avoir des feuilles
d'acanthe. Ou bien des feuillages entrelacés (lierre,
pampres de vigne, etc.). Ou encore des godrons.
Dans le cas présent, ce type de feuillage (feuilles placées
sur des tiges dressées) est vraiment exceptionnel. On le
retrouve (en partie) sur certains chapiteaux de Bretagne
(décor dit « à sucettes »). Mais c'est le décor d'un pilier
de la crypte de Lanmeur qui nous semble le plus proche de
celui-ci. Il nous est difficile d'admettre que ce décor soit
le fruit du hasard ou d'une imagination créatrice. Nous
pensons que l'idée doit venir d'un groupe social ayant vécu
au premier millénaire.
Datation
envisagée pour l'église romane Saint-Vaast de
Saint-Vaast (La Louvière) : an 1150 avec un écart de 100
ans.
Mais cette évaluation ne tient pas compte de l'hypothèse que
nous avons émise d'une possible nef à vaisseaux. De même,
elle ne tient pas compte de l'existence du linteau préroman,
révélateur d'une église aussi préromane ayant précédé
l'actuelle.