L'église Saint-Vincent de Soignies
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-après sont extraites d'Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci (extraits) :
« Historique : Les XIe
et XIIe siècles marquent ici le point culminant
de la dévotion à Saint Vincent, dont une communauté
religieuse est l'animatrice, particulièrement lors du 14
juillet, date présumée de la mort du saint en 677. On
édifie d'abord un ensemble oriental composé du chœur,
d'une tour-lanterne à la croisée du transept, puis de deux
croisillons. Au XIIe siècle, on édifie l'actuel
vaisseau et le chœur initial est surélevé. [...]
Ce
joyau architectural relativement hétérogène constitue une
curiosité unique dans l'architecture médiévale du Hainaut.
La construction de l'édifice débute entre 1015 et 1024,
alors même que la première Vita de Saint-Vincent est
rédigée. Les grandes lignes de l'édifice ne seront
terminées que deux siècles plus tard (vers 1225).
Construction :
VIIe siècle : construction d'une église
primitive sur le site même de la collégiale.
XIe siècle : vers 1020 - Construction du massif
occidental (porche d'entrée, tourelles).
À l'est, construction du chœur liturgique, du transept et
des tourelles
C'est cette entame concomitante des travaux, à l'est et à
l'ouest qui laisse supposer qu'un édifice existait déjà à
cet emplacement. Ces travaux se terminent vers 1060.
XIe siècle : vers 1080 - Construction des nefs.
XIIe siècle : réalisation des charpentes (datée
d'après la dendrochronologie dans la fourchette
1185-1200), couverture en plomb sur tout ou partie de
l'édifice.
XIIIe siècle : vers 1220. Imbrication de
l'avant-corps roman dans une forte tour-clocher aux
accents gothiques. Les volumes principaux de l'édifice
actuel sont terminés à cette époque. [...] »
Commentaires sur ce texte
–
Selon le site Internet nominis
descriptif des noms de saints : «
Saint Vincent (Madelgaire ou Mauger ; mari de sainte
Waudru de Mons (+ 687) : Il avait tout pour devenir un
saint. Il fit tout pour que la sainteté l'entoure. Son
épouse s'appelle sainte Waudru; ses enfants, saint Landry,
évêque en Belgique, saint Dentelin; ses filles, sainte
Aldetrude, abbesse à Maubeuge, et sainte Madelberte, qui
lui succède comme abbesse. Lui-même sera le fondateur du
monastère de Soignies dans le Hainaut. Et c'est de là
qu'il part rejoindre le chœur des saints et des anges dans
la vie éternelle.
À Soignies en Wallonie, l'an 677, saint Vincent, ou
Madelgaire. Son épouse, sainte Waudru, et lui résolurent,
d'un commun accord, de mener la vie monastique. Vincent
vécut d'abord au monastère de Hautmont, puis fonda
l'abbaye de Soignies, où il mourut. (Martyrologe romain)
»
–
Nous pensons que dans le texte ci-dessus parlant de cette
abbaye, certaines précisions telles que « La
construction de l'édifice débute entre 1015 et 1024
» ou « Les
grandes lignes de l'édifice ne seront terminées que deux
siècles plus tard (vers 1225). », ou encore « Ces
travaux se terminent vers 1060. » , sont inspirées
d'actes authentiques dont on aimerait connaître la teneur
exacte.
–
La suite de phrases, « La
construction de l'édifice débute entre 1015 et 1024..
. Les
grandes lignes de l'édifice ne seront terminées que deux
siècles plus tard », révèle, selon nous, une
incohérence. Lorsqu'un homme ou un groupe d'hommes décident
de réaliser un projet, ils veulent assister à la fin des
travaux sur ce projet. Il s'agit là d'une simple
constatation, d'un état de faits. C'est ce qui se passe à
l'heure actuelle. Et, soyons en certains, c'est ce qui se
passait durant le Moyen-Âge. En conséquence, en supposant
que les travaux aient commencé en 1015, le projet de
construction a été élaboré cinq ans auparavant, en 1010, et
il était prévu avant même la mise en chantier que la durée
des travaux n'excède pas 15 ans, afin que les promoteurs
puissent contempler leur réalisation. Ce qui signifie que le
projet devrait être considéré comme terminé en 1030. Il est,
bien sûr, possible que des travaux soient réalisés après ce
délai, mais dans ce cas, ces travaux sont ceux d'un autre
projet.
–
Et c'est ce qui s'est probablement passé en ce qui concerne
la réalisation des charpentes. Relisons le texte : « XIe
siècle : vers 1080 - Construction des nefs. XIIe
siècle : réalisation des charpentes (datée
d'après la dendrochronologie dans la fourchette 1185-1200)
». Les nefs ont été bâties vers 1080 et les charpentes
posées cent ans plus tard : pendant un siècle, les braves
moines ont patiemment attendu qu'un toit puisse les protéger
des averses qui arrosent régulièrement le Hainaut. Alors
qu'il aurait été plus simple de tout construire, travée
après travée, chacune à chaque fois couverte par un toit.
Nous voyons donc le caractère illogique d'une telle
situation. Mais alors ? Comment expliquer que la datation
des charpentes soit de la fin du XIIe siècle
alors que la nef est estimée nettement plus ancienne ? Nous
tenons l'explication d'un maçon qui nous a dit qu'une
toiture ancienne devait être réparée tous les cinquante ans
et sa charpente tous les 100 ans. La charpente datée par
dendrochronologie pourrait donc avoir remplacé une charpente
plus ancienne.
Nos constatations
–
Sur le plan de l'image 6, ainsi que sur les images 5, 7 et 8, on
identifie une nef à trois vaisseaux. Le vaisseau central est
charpenté ; les vaisseaux secondaires sont voûtés en voûtes
d'arêtes. Le système de piliers porteurs du vaisseau central
est mixte (alternance de piliers cylindriques de type C0000 et de piliers
rectangulaires de type R1111).
Le système mixte a probablement été inventé dans la zone
d'influence franque (Nord et Est de la France, Benelux,
Ouest de l'Allemagne) durant la période dite carolingienne
et s'est répandu durant la période dite ottonienne. L'idée
principale était de partager en deux chacune des travées
portées par des piliers rectangulaires, des piliers
cylindriques assurant l’intermédiaire. Dans le cas présent,
on aurait donc trois travées principales qui, partagées en
deux, donneraient en tout six travées, Mais c'est un peu
plus complexe si on tient compte de la travée correspondant
à la tribune. Cependant, alors que, pour d'autres églises,
on comprend les raisons de ce partage d'une travée en deux
(les piliers rectangulaires de type R1111
portent des arcs doubleaux transverses à la nef. Ces arcs
doubleaux servent à porter les charpentes du toit), pour
celle-ci, on ne le comprend pas. Il est possible que le
projet initialement avancé ait avorté.
–
En tout cas, l'ensemble des éléments caractéristiques de
cette nef (vaisseau central charpenté, piliers de type R1010 à la tribune,
arcs à double révolution) la font dater de la fin de la
période préromane ou du début de la période romane.
–
Le transept et le chevet, visibles seulement sur l'image
1, seraient,
selon nous, postérieurs à la nef. Nous pensons en effet,
qu'à l'origine, les absides se situaient dans le
prolongement des vaisseaux de la nef. Lorsque ce
prolongement n'est pas effectué, cela signifie, en général,
que le transept et le chevet font partie d'une deuxième
campagne de travaux.
–
De même, l'ouvrage Ouest (images
2 et 3) est postérieur à la nef.
–
Remarquons que les fenêtres de l'image
4 sont à un ressaut.
Datation
envisagée pour l église Saint-Vincent de Soignies :
an 1025 avec un écart de 50 ans.