La chapelle Saint-Barthélemy de Paderborn
Nous n'avons pas visité cette chapelle.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet. De plus, nous avons pu
identifier un nombre important de monuments grâce au livre Westphalie
Romane de la Collecton Zodiaque,
écrit par Uwe Lobbedey.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette
chapelle nous apprend ceci :
« La chapelle Saint-Barthélemy
de Paderborn a été construite vers 1017 et est
considérée comme la plus ancienne église-halle connue au
nord des Alpes. [...]
La chapelle, dédiée à l’apôtre Saint-Barthélemy, est
située en plein centre-ville de Paderborn, sur le côté
nord de la cathédrale de Paderborn à laquelle elle est
affiliée.
La chapelle Saint-Barthélemy faisait partie du nouveau
bâtiment du palais impérial en tant que chapelle palatine.
L’évêque de Paderborn, Meinwerk(1009-1036), l’a fait
construire vers 1017 dans le style byzantin par des
constructeurs byzantins, qui ont créé les voûtes uniques
avec des dômes suspendus et les colonnes qui les
soutiennent. Les chapiteaux de ces colonnes sont
considérés comme des témoignages importants de
l’architecture ottonienne, et la chapelle elle-même est le
bâtiment historique de l’art le plus important de
Paderborn. [...]
Histoire
La
Vita Meinwerci,
une biographie de l’évêque Meinwerk du XIIe
siècle, rapporte que Meinwerk a fait construire la
chapelle Saint-Barthélémy par des constructeurs grecs. La
Vita Meinwerci
insère la nouvelle de la construction dans les événements
autour de l’année 1017, mais la datation reste incertaine.
Les fouilles ont montré que la chapelle a été intégrée
dans le palais impérial que Meinwerk a construit pour
Henri II. Le but de la chapelle ne peut être déterminé
avec certitude. Manfred Balzer soupçonne qu’elle a servi
pour l’investiture liturgique au roi avant d’entrer dans
la cathédrale. [...]
Architecture
L’architecture de la chapelle Saint-Barthélemy est
extraordinaire à plusieurs égards. De toute évidence, il
semblait y avoir besoin d’explications dès le XIIe
siècle, car l’auteur de la Vita Meinwerci affirme
qu’elle a été construite par des constructeurs grecs. Dans
la plupart des cas, cela signifiait des constructeurs
byzantins que Meinwerk aurait pu rencontrer lors de ses
voyages à Rome. Cependant, comme aucun modèle direct de la
chapelle Saint-Barthélemy ne peut être trouvé dans la
région byzantine, la déclaration a finalement été remise
en question. Seule l’origine byzantine des dômes suspendus
a finalement été acceptée, que les constructeurs byzantins
ont peut-être ensuite installés dans un intérieur d’église
de style occidental. [...] »
Commentaires sur ce texte
Nous sommes agréablement surpris par la lecture de ce texte
qui témoigne d'une grande prudence de jugement par des
expressions telles que « mais
la datation reste incertaine ». Nous ne sommes pas
habitués à cela car, dans bien des cas, l'auteur se serait
contenté de la phrase initiale : « La
chapelle Saint-Barthélemy de Paderborn a été construite
vers 1017 ». Et ce, alors même que le document
qu'il a consulté, la Vita
Meinwerci, est plus précis que beaucoup d'autres
puisqu'il parle d'une construction par Meinwerck avec le
concours des grecs. La prudence est néanmoins de mise car
les Vitae sont
en général des ouvrages hagiographiques, écrits longtemps
après la mort du saint et qui ont tendance à exagérer les
bienfaits apportés par ce saint lors de sa vie terrestre.
Une phrase a retenu notre attention : « Seule
l’origine byzantine des dômes suspendus a finalement été
acceptée, que les constructeurs byzantins ont peut-être
ensuite installés dans un intérieur d’église de style
occidental. [...] ». Cette phrase est intéressante
sur plusieurs points. Le premier d'entre eux est de suggérer
que la construction a pu se faire en plusieurs fois. Là
encore, nous ne sommes pas habitués à ce type de discours.
Le plus souvent, la phrase initiale énoncée ci-dessus, « La
chapelle Saint-Barthélemy de Paderborn a été construite
vers 1017 », sert aussi de phrase finale. Mais il y
a plus, car il est dit que les « dômes
suspendus ... ont
peut-être ensuite installés dans un intérieur d’église de
style occidental. ». Cela renvoie à une observation
que nous avons faite concernant les petites églises à dômes
des régions auparavant byzantines ou arabes (Castille,
Sicile, Campanie). Nous avions analysé les nefs à plan carré
à trois vaisseaux et trois travées. Nous avions constaté
qu'il y avait deux types de ces nefs : les nefs pour
lesquelles tous les vaisseaux ont la même largeur (on a donc
en plan un carré contenant 9 petits carrés identiques), et
les nefs pour lesquelles le vaisseau central est plus large
que les collatéraux. Nous en avions déduit que les premières
pouvaient être d'origine non catholique romaine (byzantine,
arabe ou juive) et les secondes d'origine catholique romaine
(anciennes basiliques à plan orienté). Ce n'était qu 'une
hypothèse mais la largeur des vaisseaux de nef pouvait être
un important élément indicateur.
Il semblerait bien que ce soit le cas ici : le vaisseau
central semble plus large que les collatéraux. Cependant, le
caractère gracile des colonnes nous fait douter que cette
église ait pu être une basilique chrétienne analogue à
celles, aux massifs piliers rectangulaires, que l'on voit
sur les pages de ce site consacrées à l'Allemagne.
Un décor très original :
la plupart des images (images
6, 7, 8 et, plus particulièrement, 9) font
apparaître un décor très étonnant de chapiteaux. Nous sommes
habitués à voir apparaître au dessus de colonnes
cylindriques, soit de simples chapiteaux, soit des
chapiteaux surmontés de tailloirs. Dans ce dernier cas, la
partie supérieure du chapiteau coïncide avec la partie
inférieure du tailloir. Ce qui fait que, comme le chapiteau
et le tailloir ont une forme évasée vers le haut, l'ensemble
a une forme évasée vers le haut, comme un tronc de pyramide
renversé. Ici (image 9)
c'est tout différent de ce que l'on constate usuellement.
C'est comme si on avait deux chapiteaux presque identiques
disposés l'un sur l'autre. Cette anomalie est rare : nous
l'avons vue à Ravenne, à Saint-Apollinaire le Neuf,
Saint-Apollinaire in Classe et Saint-Vital (images
24 et 25 de la page correspondante), et à
Hildesheim (à Saint-Michel et à Saint-Maurice). Dans le
texte de Wikipédia, il est question d'influence byzantine.
Mais cette influence n'a pas été prouvée, hormis peut-être
pour l'origine des « dômes
suspendus ». La présence de ce type de chapiteaux à
Ravenne, qui a été sous la domination d'empereurs byzantins,
confirmerait cette idée d'influence byzantine. Cependant,
nous manquons d'exemples pour le prouver. Il nous faut
avouer que notre étude sur les monuments du premier
millénaire en Europe est encore très incomplète. Avant de
commencer notre étude sur l'Allemagne, nous n’envisagions la
découverte que de deux dizaines de monuments au maximum.
Nous en sommes à près de cent soixante. Et l'étude est loin
d'être terminée ! Après cela, les études de l’Autriche, de
l'Est de la France, de la Suisse, devraient approfondir nos
connaissances sur le centre de l'Europe. Et d'envisager que
l'Est de l'Europe puisse contenir des monuments négligés
jusqu'à présent. D'ores et déjà, la Croatie pourrait faire
l'objet d'une étude approfondie de notre part. Nous pensons
donc que, tôt ou tard, nous devrions retrouver cette
anomalie et, peut-être la comprendre.
Datation
envisagée pour la chapelle Saint-Barthélemy de
Paderborn : an 950 avec un écart de 100 ans.