La basilique Saint-Gothard de Hildesheim 

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Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« L'église Saint-Gothard (1133-1172) (en allemand : St. Godehard Kirche ou Basilika St. Godehard) est une église romane située à Hildesheim, en Allemagne, et qui était anciennement l'église d'une abbaye bénédictine. C'est actuellement une basilique mineure qui a conservé presque entièrement sa forme d'origine.

Histoire

L'église est dédicacée à Gothard, canonisé en 1131, qui fut évêque de Hildesheim (1130-1153) (en fait (960-1038)) et qui a terminé la construction de l'abbatiale Saint-Michel.

Au début de son épiscopat, en l'honneur de Gothard, l'évêque Bernhard décide de fonder un deuxième monastère bénédictin à Hildesheim.

La première pierre est posée en 1133. En 1136, une première communauté venue de l'abbaye de Fulda s'y installe avec comme premier abbé, Frédéric (1136-1156 ou 1159). L'évêque Bernhard meurt en 1153 et est enterré dans le chœur de l'église non terminée. La date de 1172 est communément admise comme étant la date de fin des travaux. L'église est consacrée au cours de l'épiscopat de l'évêque Adelog (1171-1190). L'autel Sainte-Madeleine, placé dans le massif occidental, est consacré en 1187. Les tours ne sont terminées que dans la première moitié du XIIIe siècle.
[...] »


Commentaire de cette première partie de texte

Nous pouvons faire plusieurs observations sur ce texte.

Tout d'abord celle d'une erreur sur la datation :  « [...] Gothard, canonisé en 1131, qui fut évêque de Hildesheim (1130-1153) ». En fait, Gothard est né en 960 et mort en 1038.

Ensuite nous considérons que les information données, « L'église Saint-Gothard (1133-1172) [...] La première pierre est posée en 1133. [...] La date de 1172 est communément admise comme étant la date de fin des travaux. [...] » constituent aussi une erreur. L'erreur vient selon nous de l'écart temporel entre le début et la fin des travaux : 39 ans ! C'est trop ! Dans le cas présent, on se heurte à un obstacle d'ordre psychologique. En admettant que ce soit le dénommé Bernhard (et non Gothard) qui a été évêque de Hildesheim de 1130 à sa mort en 1153 et fait construire en 1133 la première église, il a voulu, selon nous et à la suite de nombreuses observations, assister à l'inauguration du bâtiment une fois réalisé. Il a voulu que les travaux qu'il avait lancés soient terminés moins de dix ans après la pose de la première pierre. Si donc il y a eu une fin des travaux en 1172, cela ne peut concerner que d'autres travaux indépendants du projet initial. On peut, bien sûr, trouver des contre-exemples à ce raisonnement mais ces contre-exemples doivent être justifiés (exemple : interruption des travaux dus à une guerre ou à une banqueroute, ou à la découverte d'une malfaçon). Et dans le cas présent, si on déclare que la période (1133-1172) correspond à une seule campagne de travaux, un seul projet, on doit justifier la longévité de cette période.

Enfin notons le passage suivant, « L'église est consacrée au cours de l'épiscopat de l'évêque Adelog (1171-1190). L'autel Sainte-Madeleine, placé dans le massif occidental, est consacré en 1187. », qui signale deux consécrations successives. Il faut comprendre que le rite de consécration devait être fréquent. En particulier celui de consécration d'autel. Il a dû y avoir dans cette église plusieurs autels (au moins sept : dans chaque grande abside et les cinq absidioles). Tous ces autels ont été consacrés. De ces consécrations, on n'aurait conservé le souvenir que de celle de l'autel Sainte-Madeleine.



On poursuit la lecture du texte de Wikipédia :

« Architecture

Saint-Godehard est une basilique à trois nefs avec transept et déambulatoire à trois chapelles radiales, une grande tour octogonale de croisée et un ouvrage Ouest avec deux tours plus petites et une abside Ouest (aujourd’hui baptistère). Les murs extérieurs sont divisés par des frises d'arcades aveugles et des bandes de pilastres. Parmi les portails, celui du Nord-Ouest est le plus impressionnant, dans lequel le Christ, flanqué des saints évêques Gothard et Épiphane salue ceux qui entrent
(image 7). [...] »


Commentaire de cette seconde partie de texte

En ce qui concerne le tympan du portail Nord (image 7), nous estimons qu'il est néoroman.

Le texte ci-dessus décrit bien l'architecture de cet édifice. Elle présente quelques éléments très caractéristiques. Tout d'abord l'existence de deux absides opposées de forme semi-circulaire. Ce serait typique des basiliques dites « carolingiennes ». Mais il y a une nouveauté ! Le chevet, côté Est, est à déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes. Nous n'avons pas vu cela dans les édifices précédemment étudiés en Allemagne. C'est plus fréquent en France. Nous estimons que la construction de chevets à déambulatoire et chapelles rayonnantes constitue la dernière étape de l'art roman, juste avant l'art gothique où l'on retrouve la même conception. Nous avons estimé que ces chevets étaient édifiés dans la seconde moitié du XIIe siècle.

Nous ajoutons à cela une autre observation : les arcs reliant les piliers sont à un seul rouleau dans la nef (images 8 et 9). De même, les arcs situés au fond des collatéraux (côté Ouest, images 10 et 11). Par contre, l'arc d'entrée du collatéral (tout en haut de l'image 11) est à double rouleau. Et de même l'arc d'entrée au déambulatoire (images 13 et 14) est double. Ces constatations permettent d'envisager que le transept et le chevet sont postérieurs de plus d'un siècle à la nef et à l'ouvrage Ouest.


On continue la lecture du texte de Wikipédia :

« Mobilier

À l’intérieur, le toit plat de la nef est soutenu par six piliers et douze colonnes (alternance de piliers (1 pilier) et de colonnes (2 colonnes successives) spécifique à la Basse-Saxe). Les chapiteaux hauts-romans, riches en figures et ornements, comptent parmi les chefs-d’œuvre du genre
. [...] Dans le transept, au-dessus de l’autel principal, est suspendu un lustre à roue donné à l’église par la reine Marie de Hanovre en 1864 (image 21). La riche peinture du chœur a été créée par Michael Weiter en 1861-63. Le maître-autel date de la même époque. »


Commentaire de cette troisième partie de texte

Nous retrouvons ici l'alternance observée auparavant à Hildesheim, à la cathédrale et à Saint-Michel : 1 pilier rectangulaire alterne avec deux colonnes. Une alternance que nous pouvons difficilement expliquer. L'autre alternance (1 pilier, 1 colonne) est plus facilement compréhensible. On peut voir cette disposition en arrière-plan de l'image 13 : une colonne est encadrée par deux piliers. Deux petits arcs relient la colonne à chacun des piliers. Mais au-dessus de ces deux petits arcs, un grand arc relie les deux piliers. Et c'est là l’explication de cette alternance. Les deux piliers et le grand arc sont en rapport avec le vaisseau central. Les deux piliers, la colonne et les petits arcs sont en rapport avec le collatéral : une travée du vaisseau central correspond à deux travées des collatéraux.

Le raisonnement ci-dessus est donc logique. Il devrait s'appliquer à l'alternance (1 pilier-2 colonnes). Sauf qu'ici il n'y a pas de grand arc surmontant trois petits arcs ! Et donc l'explication ci dessus n'est pas transposable.

À cela s'ajoute une autre observation : les piliers sont surmontés d'impostes simplement moulurées alors que les colonnes sont surmontées de chapiteaux et de tailloirs richement décorés. Nous estimons qu'il y a là une grande « faute de goût » : on ne devrait avoir, soit que des piliers à impostes moulurées, soit que des colonnes à chapiteaux décorés. Mais pas un mélange des deux !

Il nous faut admettre que nôtre « goût » actuel ne correspond certainement pas au « goût » de nos anciens. Cependant, lorsque nous sommes confrontés à de telles situations, nous essayons d'envisager d’autres possibilités. En voici une : dans les basiliques primitives, les piliers porteurs du vaisseau central n'étaient pas surmontés d'arcs, mais d'architraves ou de linteaux droits. Souvent ces linteaux droits étaient des poutres de bois analogues à celles que l'on voit dans des maisons à pans de bois. Celles-ci sont souvent encadrées par des piliers en maçonnerie. Nous envisageons que lors d'une première campagne de travaux, il y ait eu construction des piliers à plan rectangulaire encadrant une ossature de bois portée par des colonnes (en bois ? en pierre ?) soutenant des linteaux droits. Le remplacement de cette structure par des colonnes portant des chapiteaux portant eux-mêmes des arcs aurait été effectué ultérieurement.

De quand date ce remplacement ? Nous avons des doutes au sujet des chapiteaux (images de 17 à 20) qui nous semblent un peu neufs.


Datation envisagée

Pour la nef primitive de la basilique Saint-Gothard de Hildesheim : an 800 avec un écart de 200 ans.

Pour l'ouvrage Ouest (abside et base des tours) de la basilique Saint-Gothard de Hildesheim : an 900 avec un écart d 150 ans.

Pour la nef restaurée (colonnes et chapiteaux) de la basilique Saint-Gothard de Hildesheim : an 1100 avec un écart de 75 ans.

Pour le transept et le chevet de la basilique Saint-Gothard de Hildesheim : an 1150 avec un écart de 50 ans.