L'église Saint-Jean-Baptiste de Langenhorst
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet. De plus, nous avons pu
identifier un nombre important de monuments grâce au livre Westphalie
Romane de la Collecton Zodiaque,
écrit par Uwe Lobbedey.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Le monastère des Augustines de Langenhorst a été fondé en
1178 par le doyen de la cathédrale, Franko von Wettringen.
L’église du monastère a été construite par intermittences
entre 1180 et 1225/1230. En 1203, l’évêque de Münster,
Herman II von Katzenelnbogen, accorda de vastes privilèges
à l’abbaye de Langenhorst. [...]
Architecture
L’église, commencée en 1180 à l’Est, est probablement le
lieu de culte le plus important et le plus diversifié du
district de Steinfurt et l’une des plus remarquables
églises-halles du Münsterlan d ’ordre dit lié
(c’est-à-dire que les voûtes de toutes les nefs ont la
même hauteur d’apex et que la travée carrée de la nef
centrale est flanquée dans les bas-côtés de deux travées
carrées). Le bâtiment a un plan court et trapu de 32 m de
long avec un espace de chœur carré entre deux tours
flanquantes. La disposition générale des trois nefs est
presque la même que celle d’un rectangle d'or. Le bras du
transept, qui a été détruit par l’effondrement de la tour
nord, a été élargi à nouveau à sa taille d'origine en
1867, et la tour n’a été reconstruite qu’en 1970. »
Commentaires
Tout d'abord une petite explication de texte concernant la
phrase : » L’église,...
est...
l’une
des plus remarquables églises-halles du Münsterlan d
’ordre dit lié (c’est-à-dire que les voûtes de toutes les
nefs ont la même hauteur d’apex et que la travée carrée de
la nef centrale est flanquée dans les bas-côtés de deux
travées carrées). ». Pour l'expliquer, nous devons
donner les trois définitions suivantes :
• Église-halle : c'est une église dont la nef est composée
de plusieurs vaisseaux de même hauteur communiquant entre
eux.
• Hauteur d’apex : le texte ci-dessus étant traduit de
l'allemand, nous ne connaissons pas l'intitulé exact en
français, s'il existe, de l'expression française
correspondante. Le mot « apex » signifie « pointe » ou «
sommet ». Nous pensons que l'expression signifie que les
voûtes ont la même hauteur, mais il faut tenir compte de la
pointe. En effet, les trois vaisseaux étant situés sous un
même toit à deux pentes, le vaisseau central est plus élevé
que les vaisseaux collatéraux.
• Ordre lié : c'est une expression que nous avons découverte
en étudiant les monuments d'Allemagne où cette singularité
architecturale est relativement fréquente. La particularité
est la suivante : dans une nef à trois vaisseaux, une travée
du vaisseau central correspond à deux travées des
collatéraux. Elle se traduit souvent par l'existence d'un
système mixte de piliers (alternance de piliers
rectangulaires et de colonnes cylindriques).
Remarquons que la définition ci-dessus peut conduire à
s’imaginer que toute église-halle est d'ordre lié et
réciproquement. Ce n'est pas le cas : il y a indépendance
des deux modes de construction.
Nous avons constaté à de nombreuses reprises que les
historiens, ne se fiant qu'aux textes écrits et non à
l'architecture des monuments, ont tendance à proposer comme
date d'un monument celle du plus ancien texte écrit qu'ils
ont eu l'occasion d'étudier. En fait, c'est un peu plus
compliqué, car ils refusent cette date si le texte est
antérieur à l'an mille. Il peut certes y avoir des raisons
comme ici l'annonce d'une fondation en 1180. Mais, d'une
part, une fondation de communauté ne correspond pas
forcément à la construction de l'église de cette communauté.
Et d'autre part, si on sait qu'il y a eu une fondation en
1180, on ignore combien il y a eu de fondations auparavant.
Essai de datation
La datation de ce monument apparaît d'une grande complexité.
Lorsque nous sommes en présence d'une nef à trois vaisseaux,
nous examinons en priorité les piliers et les arcs reliant
les piliers de cette nef. Or, dans le cas présent, les
colonnes et piliers nous semblent trop hauts et élancés pour
appartenir à l'époque romane. Les arcs reliant les piliers
sont, quant à eux, légèrement brisés. Nous aurions donc
tendance à estimer gothique ce type de construction et à la
dater des environs de l'an 1200, voire même un peu plus (image 4). Cependant,
une question se pose : si, vers l'an 1200, les constructeurs
ont voulu construire une église-halle, pourquoi ne sont-ils
pas allés plus loin dans leur projet en construisant des
vaisseaux de même largeur ? Nous pensons donc qu'il est
possible qu'à l'origine, la nef ait été à plan basilical
charpentée et qu'elle ait été entièrement reprise en
conservant toutefois les piliers et les murs extérieurs.
Si l'intérieur de la nef apparaît à première vue un peu
postérieur à la date de 1180., il n'en est pas de même
d'autres parties. Ainsi, les tours qui flanquent le
sanctuaire, décorées de belles arcatures lombardes (image
2) nous semblent authentiquement romanes (on devine
que la tour Nord qui s'était effondrée a été reconstruite à
l'identique). De plus, le tympan en bâtière de l'image
6 est selon nous caractéristique du préroman, mais
c'est peut-être une copie ultérieure.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Jean-Baptiste de
Langenhorst (datation estimée à partir des seules tours
jumelles) : an 1050 avec un écart de 100 ans.