L'église des Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Séverin-en-Condroz
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« L'église des
Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Séverin-en-Condroz
est une église romane du XIIe siècle située à
Saint-Séverin-en-Condroz en Belgique. Anciennement église
d'un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Cluny, elle est
le seul témoin du style architectural clunisien en
Belgique. L'église est aujourd'hui église paroissiale du
village. Elle est classée au Patrimoine majeur de
Wallonie. »
Selon Xavier Barral i Altet, auteur du livre Belgique
romane de la Collection Zodiaque
:
« À
l'origine, l'église des Saints Pierre-et-Paul paraît avoir
été dédiée à saint Symphorien, mais les renseignements
historiques la concernant sont rares avant la fin du XIe
siècle. En 1091, une donation est faite en faveur de Cluny
qui y installe un petit prieuré, probablement avant 1107,
date à laquelle un moine de Saint-Trond y est envoyé en
reclus. La première mention concernant l'église est celle
de sa consécration par l'évêque de Liège Albéron II
(1136-1145). [...] »
Plus loin, l'auteur donne son opinion concernant la datation
:
« [...] Architecture
et données écrites correspondent parfaitement dans le cas
de Saint-Séverin-de- Condoz où la construction est
homogène du chœur à la façade. Le voûtement ne fut réalisé
que dans le chœur et les bas-côtés et la date de
construction coïncide avec les travaux de construction.
Même si, au cours du deuxième tiers du XIIe
siècle, l'édifice n'était pas encore achevé, celui-ci peut
être considéré comme un exemple bien daté de la première
moitié du XIIe siècle. [...] »
Très probablement, l'auteur qui ne justifie pas cette partie
de texte, « Même
si, au cours du deuxième tiers du XIIe siècle,
l'édifice n'était pas encore achevé », base
sa datation « de
la première moitié du XIIe siècle » sur
la « consécration
par l'évêque de Liège Albéron II (1136-1145).».
Rien n'est dit sur l'édifice qui existait avant la fin du XIe
siècle. Pourtant, un tel édifice devait obligatoirement y
exister. Que reste-t-il de cet édifice ? Il est rare qu'un
édifice disparaisse sans laisser de trace. Par ailleurs,
nous retrouvons à travers ce discours une dérive rencontrée
par ailleurs : la consécration d'une église est considérée
comme l'inauguration de cette église et, en conséquence, la
fin des travaux sur cette église. Il faut savoir que le mot
« consacrer » vient des mots latins « cum », « sacrare » et
signifie « affirmer qu'un objet donné est aussi sacré ».
Aussi sacré que quoi ? Que des reliques. En conséquence, un
objet consacré peut-être un reliquaire, ou un sarcophage, ou
un autel, ou une crypte, ou une église. Et dans le cas d'une
église, il est possible qu'elle soit consacrée à plusieurs
reprises (si elle a été auparavant profanée, ou lors de la
visite d'un pape, car il vaut mieux deux fois qu'une, ou
après des travaux d'agrandissement). Par conséquent, la
consécration d’une église (si tant est qu'il s'agit bien
d'une église et non d'un autel de cette église) ne peut-être
considérée comme une date d'achèvement des travaux.
Lisons cet autre paragraphe : « L'église
romane telle qu'elle apparaît à travers les études
entreprises et les restitutions des restaurateurs, est un
édifice à trois nefs de six travées, caractérisé par
l'alternance des supports des grandes arcades, séparant la
nef centrale des bas-côtés : piles carrées et colonnes
rondes ou polylobées. C'est dire que les six travées
couvertes de voûtes d'arêtes des bas-côtés se traduisent
au niveau de la nef principale par trois travées doubles
(images 7 et 8). Les
colonnes sont ornées de chapiteaux cubiques. En élévation,
les piliers montent jusqu’au niveau des fenêtres hautes
afin de recevoir un arc formeret (c'est un arc
longitudinal engagé dans un mur porteur, positionné à la
rencontre entre ce mur –
mur d'un collatéral, mur gouttereau
– et une voûte ou un quartier de voûte) qui
encadre ces dernières. Au niveau des grandes arcades de la
nef, la partie supérieure des piliers est ornée d'un joli
motif architectural composé de deux colonnettes torses
surmontées d'un chapiteau cubique double (image
9). Tout
ce dispositif pourrait témoigner d'un projet initial qui
aurait comporté un voûtement de la nef et dont nous
trouverions ici les vestiges des retombées, avant le
changement de parti. Mais cette disposition n'est pas
assurée étant donné l'absence de contrebutement. Si le
voûtement d'arêtes avait été réalisé, nous nous
trouverions devant l'un des premiers édifices de la région
à avoir été complètement voûté. L’interprétation des
éléments décoratifs aveugles de la nef principale comme
celle des débuts de voûtement avortés reste encore un
problème discuté. »
Le texte ci-dessus est très intéressant car il décrit une
forme architecturale : les nefs à piliers mixtes (alternance
de piliers à section rectangulaire et circulaire). Comme il
est dit ci-dessus, il y a trois travées de vaisseau central
correspondant à 6 travées de collatéraux. Nous remarquons
que les collatéraux sont voûtés d'arêtes (image
10 et plan de l'image
5) ainsi que l’avant-chœur (image
11) et les croisillons du transept (image
13), alors que le vaisseau central ne l'est pas.
Contrairement à X. Barral i Altet, nous ne pensons pas qu'il
y ait eu tentative de voûtement de ce vaisseau central, qui
à l'origine devait être prévu pour être charpenté. Par
contre, le voûtement en arêtes des bas-côtés est
probablement d'origine. Nous envisageons que le transept et
le chevet pourraient être postérieurs à la nef, car ils sont
voûtés d’arêtes sur une grande superficie presque égale aux
travées du vaisseau central de la nef : si la nef avait été
construite à la même époque que le transept, son vaisseau
central aurait été voûté d'arêtes.
À remarquer les très beaux fonts baptismaux (images
14 et 15). Leur datation ?
Datation
Ce type de nef à piliers mixtes, collatéraux voûtés d'arêtes
et vaisseau central charpenté, correspondrait à un modèle
relativement fréquent dans les pays germaniques et que l'on
retrouve dans une moindre mesure en France ou dans le Nord
de l'Italie. Il pourrait être désigné comme étant « ottonien
». et daterait des environs de l'an mille.
Datation envisagée
pour l'église des Saints-Pierre-et-Paul de
Saint-Séverin-en-Condroz : an 975 avec un écart de 100 ans.