La collégiale Saint-Boniface de Freckenhorst (Warendorf)
Nous n'avons pas visité cette
collégiale. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de
pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de
galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en
particulier abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet. De plus, nous avons pu
identifier un nombre important de monuments grâce au livre Westphalie
Romane de la Collecton Zodiaque,
écrit par Uwe Lobbedey.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Selon la tradition, la construction d’un monastère à
Freckenhorst remonte au noble saxon Everward et à son
épouse présumée Geva, qui ont été attestés par une source
de Fulda. Elle a été fondée vers 854. À cette époque,
l'évêque Liutbert de Münster fournit au monastère des
reliques, dont une de Saint-Boniface.
Règle monastique
Au IXe siècle, il était encore courant pour les
monastères de pouvoir établir leurs propres règles.
Lorsque Rome a exigé la soumission de tous les monastères
à une règle reconnue par l’Église, le monastère est
probablement devenu un monastère reconnu au XIIIe
siècle (avant 1240) et les religieuses sont devenues des
chanoinesses, qui ont probablement adopté des parties de
la règle augustinienne,.
Cette hypothèse est soutenue par le fait que parfois une
abbesse présidait plusieurs maisons en même temps, par
exemple en Westphalie, en plus de Freckenhorst, les
monastères de Borghorst, Metelen, Nottuin, Essen et
Vreden.
Les abbesses devaient à l’origine provenir d’une maison
noble. [...]
L’importance
du monastère au Moyen-Âge est attestée par la collégiale
dont les éléments essentiels remontent aux XIe
et XIIe siècles. Du complexe monastique qui le
jouxte au sud, une partie du cloître du XIIIe
siècle existe encore. À sa place, se trouvait un cloître
carolingien avec les bâtiments de l’abbaye, dont certaines
parties ont été fouillées en 1967. Dans l’espace ouvert
entre le cloître et l’église, un cimetière de cercueils
d'arbres du Xe siècle a été trouvé.
Les fonts baptismaux datent de la première moitié du XIIe
siècle. L'inscription sur ceux-ci témoigne de la
consécration de l’église en 1129, après que le bâtiment
précédent eut brûlé au cours du siège et de la destruction
de la ville de Münster par Lothar von Süpplingenburg, en
1116. L’évêque auxiliaire était Egbert de Münster.
[...]
En
raison de la sélection des scènes et de la conception
artistique exceptionnelle, les fonts baptismaux de
Freckenhorst sont les fonts baptismaux les plus importants
en Allemagne depuis le Haut Moyen-Âge. »
Commentaires
de ce texte
Le passage, « Au
IXe siècle, il était encore courant pour les
monastères de pouvoir établir leurs propres règles.
Lorsque Rome a exigé la soumission de tous les monastères
à une règle reconnue par l’Église, le monastère est
probablement devenu un monastère reconnu au XIIIe
siècle... », est probablement inspiré de textes
authentiques. Il nous révèle qu'au IXe siècle,
bon nombre de monastères ne dépendaient pas de Rome.
Lorsqu'on parle des « règles monastiques », on songe presque
essentiellement aux règles spirituelles, aux directives,
pour manger, travailler, se comporter en société, et surtout
prier. On ne songe pas aux règles temporelles : qui possède
les biens ? Qui les exploite et en tire des revenus ?
C'était peut-être là les raisons des conflits. Il nous
semble que le problème de la transmission des pouvoirs, des
charges et des revenus au cours du premier millénaire n'a
pas encore fait l'objet d'une étude sérieuse. On sait qu'une
telle transmission a eu lieu au temps de Constantin vers
l'an 340. Les principales juridictions ont été confiées aux
chrétiens. Cela peut paraître anodin, mais imaginons le
bouleversement qui serait créé en France si tous les postes
de juges, de préfets, de maires, de commissaires de police,
étaient confiés aux membres d'un seul parti ou d'un seul
groupe religieux. Et, après ce bouleversement, il y en a eu
d'autres : la montée en puissance des comtes ou des ducs qui
n'existaient pas dans l'empire romain, l'invention des
monastères, la primauté de l'évêque de Rome en Europe
Occidentale, etc.
Datation
Concernant la datation de l'édifice, le texte ci-dessus est
bref : « L’importance
du monastère au Moyen-Âge est attestée par la collégiale
dont les éléments essentiels remontent aux XIe
et XIIe siècles. ». À remarquer que le
texte ne précise pas quels sont les éléments du XIe
siècle et quels sont ceux du XIIe siècle.
Il ne précise pas non plus quelles sont les parties qui
pourraient être postérieures à d'autres. Pourtant, certaines
traces de plusieurs étapes de travaux sont assez faciles à
repérer.
Regardons l'image 7.
On observe en bas et à droite de l'image, un
pilier à plan rectangulaire soutenant deux arcs larges et en
plein cintre. Plus loin, un autre pilier, un peu différent
du premier, sur lequel est adossée une colonne
demi-cylindrique. Du sommet de cette demi-colonne, partent
les arcs brisés d'une croisée d'ogive. Tout néophyte en art
du Moyen-Âge sait que l'arc en plein cintre est roman alors
que l'arc brisé est gothique. Il sait aussi que l'art roman
a précédé l'art gothique. Les styles architecturaux en bas
et en haut sont tout à fait différents. Nous pensons que la
construction s'est faite en deux étapes différentes. À
l'origine, tous les piliers étaient semblables, à base
rectangulaire, comme le premier sur la droite. Et la nef
était charpentée. Bien longtemps après (4 siècles ?), on a
décidée de la voûter. On a alors accolé pour un pilier sur deux
les colonnes demi-cylindriques. Ce qui a permis de lancer
au-dessus des chapiteaux qui couronnaient les piliers, les
ogives des voûtes sur croisées d'ogives.
Voilà donc deux étapes de construction bien différenciées.
Elle ne sont pas les seules : le transept, haut et
débordant, serait postérieur à la nef. Il en est de même de
l'Ouvrage Ouest qui a pu être construit indépendamment de la
nef.
Datation
envisagée pour la nef de la collégiale
Saint-Boniface de Freckenhorst, à Warendorf : an 800 avec un
écart de 150 ans.