L'église Saint-Pancrace d'Oberpleis
Nous n'avons pas visité cette église.
Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages
d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries
d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier
abondamment consulté le site Internet http
: //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli
les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site
traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons
conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette
période, mais ce site, dont le nom se traduit en français
par « Trésors
romans », est beaucoup plus riche en monuments et
nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous
sont extraites de ce site Internet.
Nous nous sommes aussi en partie inspirés du livre Palatinat
Roman de la collection Zodiaque,
écrit par Dithard von Winterfeld, Professeur de l'Histoire
de l'Art de l'Université de Mayence. Nous en conseillons la
lecture.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire du bâtiment
L’abbaye bénédictine sur le Michaelsberg à Siegburg,
fondée en 1064, a eu un grand afflux de moines peu de
temps après sa création, de sorte qu’elle a commencé à
fonder des monastères fils. En tant que première
communauté monastique dépendante, une prévôté a été fondée
à Oberpleis. Il n’est pas clairement prouvé qu’à cette
époque il existait déjà une branche de l'abbaye de Corvey
à Oberpleis, peut-être fondée en 944. Vers 1100, la
construction de la première église a commencé, qui était
basée sur le modèle de l’église du monastère père de
Siegburg. De cette phase de construction, le concept de
base de l’église ainsi que les phases de construction
inférieures (crypte et bases de piliers) sont encore
visibles aujourd’hui. La crypte a été conservée presque
inchangée dans sa structure et sa finition romane tardive.
Après l’achèvement des travaux de construction de cette
église, les dépendances ont été érigées (vers 1150), dont
l’aile Ouest de deux étages du cloître est encore
conservée aujourd’hui. À partir d’environ 1157 (résultats
dendrochronologiques), la construction de la tour Ouest
monumentale a commencé. Les deux étages supérieurs de la
tour diffèrent de la sous-structure et n’ont probablement
pas été achevés avant la fin du XIIe siècle.
Cette
première église a probablement été endommagée dans les
conflits pour le trône des années 1198-1208, peut-être que
les fermes de toit et les plafonds plats en bois ont été
victimes d’un incendie – lors de la restauration en 1975,
des traces de feu ont été trouvées sur l’autel de
l’Épiphanie –. La reconstruction a probablement eu lieu de
1210 à 1250, bien que le plan de l’église soit resté
inchangé. Le chœur Est a été remanié, les piliers de la
croisée ont été reconstruits, ce qui suggère qu'une tour
de croisement était prévue, mais n'a jamais été construite
au-delà des niveaux les plus bas de pierre. Cependant,
ceux-ci indiquent une grande tour octogonale, alors que
les images ultérieures ne montrent qu'une petite tour
carrée. En outre, toute l’église a été dotée d’une voûte
en pierre, ce qui a également nécessité une refonte des
fenêtres.
Vers
1500, le bas-côté Nord et la tour du chœur Nord se sont
effondrés, de sorte qu’en 1505, cette nef a été rénovée
dans des formes gothiques tardives. La tour du chœur n’a
pas été reconstruite. On ne sait pas quand la deuxième
tour du chœur a été perdue. Elle est absente des images du
XIXe siècle. On ne sait pas non plus quand la
petite tour de passage carrée a été érigée.
[...]
Œuvres
d’art
Autel de l’Épiphanie
(1164) :
L’œuvre d’art la plus importante à l’intérieur de l’église
est le retable de la Vierge Marie, qui est maintenant
placé sur le maître-autel. Son origine est inconnue.
Peut-être appartenait-il à l’autel original de la crypte ?
Puisque la crypte du monastère père de Michaelsberg et
celle de la prévôté de Siegburg à Remagen sont dédiées à
la Mère de Dieu, il y avait probablement aussi un autel de
la Vierge Marie dans la crypte d'Oberpleis. Le relief
représente Marie trônant au centre avec l’enfant Jésus sur
ses genoux. Les trois rois s'approchent par la gauche du
spectateur, et trois archanges leur correspondent à
droite. L’époque d’origine est probablement le dernier
tiers du XIIe siècle, certainement seulement
après le transfert des reliques des Rois mages à Cologne
en 1164, peut-être même après la création du sanctuaire de
l'Épiphanie de Cologne (1181).
[...]
Au
sous-sol de la tour se trouvent aujourd'hui des
fonts
baptismaux romans provenant de
Bonn-Friesdorf. [...] »
Commentaires
de ce texte de Wikipédia
• On retrouve dans ce texte les mêmes poncifs recueillis sur
les textes issus d'Internet. Comme par exemple l'idée qu'une
fondation est analogue à une construction. Ainsi, dans le
cas présent la phrase « L’abbaye
bénédictine sur le Michaelsberg à Siegburg, fondée en
1064, a eu un grand afflux de moines peu de temps après sa
création, de sorte qu’elle a commencé à fonder des
monastères fils. » conduit à imaginer le scénario
suivant : il y a eu fondation d'une communauté monastique à
Siegburg en 1064. Cette communauté a créé des filiales.
Parmi celles-ci, celle d'Oberpleis qui a donc été fondée
après l'an 1064. Et donc l'église Saint-Pancrace d'Oberpleis
a été construite après 1064. D'où la phrase : « Vers
1100, la construction de la première église a commencé,...
». Mais entre-temps, il y a un petit problème dont on
est obligé de parler. Il est évoqué par la partie de phrase
: « ...il
existait déjà une branche de l'abbaye de Corvey à
Oberpleis, peut-être fondée en 944. ». Le dit
problème est définitivement réglé en faisant précéder cette
partie de phrase par « Il
n’est pas clairement prouvé qu’à cette époque... ».
En fait, les auteurs de ce texte n'ont pas envisagé une
situation relativement fréquente : une communauté peut être
fondée en un lieu donné en remplacement d'une autre
communauté. À titre d'exemple, l'abbaye d’Arnstein étudiée
dans la page suivante aurait connu plusieurs fondations
successives (prémontrés en 1139, bénédictins en 1869, Pères
d’Arnstein en 1919, et pour terminer, religieuses orthodoxes
en 2019).
• « À
partir d’environ 1157 (résultats dendrochronologiques), la
construction de la tour Ouest monumentale a commencé.
». Tout en étant très favorables aux méthodes scientifiques
de datation, nous sommes très circonspects quant à leur
utilisation comme preuves de datation. Une poutre en bois
n'est pas obligatoirement contemporaine aux murs qui la
portent. Cependant, dans le cas présent, la datation de 1157
correspond à peu près à ce que nous envisageons pour les
tours.
Essai
de datation
On constate sur les diverses vues de l'extérieur qu'il
existe des différences notables entre le rez-de-chaussée et
le premier étage de la nef. La nef a trois vaisseaux et six
travées. Actuellement, le système est « lié » (une travée du
vaisseau central correspond à deux travées des collatéraux).
Mais ce n'est pas forcément le cas à l'origine car le plan
de l'image 6 fait
apparaître que les piliers sont tous identiques, à section
carrée.
Nous pensons de plus que primitivement, cette nef avait huit
travées identiques mais deux de ces travées auraient été
remplacées au XIIIe siècle par l'actuel transept.
Cette partie du texte ci-dessus, « Vers
1100, la construction de la première église a commencé,....
De
cette phase de construction, le concept de base de
l’église ainsi que les phases de construction inférieures
(crypte et bases de piliers) sont encore visibles
aujourd’hui. ... », conforte l'idée suivante :
initialement l'église était charpentée. Elle aurait été
voûtée ultérieurement (selon nous, au XIVe
siècle). Cependant nous ne sommes pas d'accord au sujet de
la date, « Vers
1100,... ». À cette époque, les architectes romans
étaient capables de beaucoup mieux.
L'autel de l'Épiphanie
(image 14)
Bien que nous ne soyons pas certains que la réalisation de
cet autel soit en rapport avec le transfert des reliques des
Rois mages à Cologne, nous pensons que la date indiquée des
environs de 1164 correspond au style de l’œuvre, de
transition entre le roman et le gothique. À remarquer
cependant qu'il est possible que les trois parties aient été
réalisées à des périodes différentes. Il faudrait examiner
l’œuvre de près car la Vierge semble nettement romane alors
que les « archanges » seraient gothiques. Selon l'auteur du
texte de Wikipédia, les trois personnages situés sur la
droite seraient des archanges. Ceux-ci ne semblent pas
porter d'ailes alors que dans la plupart des cas que nous
connaissons, les ailes constituent un signe distinctif.
Néanmoins, nos connaissances en matière d'archanges étant
limitées, l'attribution est possible.
Actuellement, nous analysons l'idée suivante : il est
possible que les premières représentations de Vierges à
l'Enfant ne soient pas des Vierges de la Nativité mais des
Vierges de l'Assomption. C'est à dire des Vierges
présentant, non pas l'Enfant Jésus, mais l'évêque du lieu
sous la forme d'un petit personnage. En somme, cette
représentation signifierait que la Vierge Marie présente son
successeur sur le siège épiscopal ; aux débuts du
christianisme, les évêques se reconnaissaient comme
successeurs de la Vierge Marie, envoyés évangéliser les
nations lors de l'Assomption. La présence de rois pliant les
genoux montre la supériorité du spirituel sur le temporel.
Les fonts baptismaux (image
15)
Il nous est difficile de les dater (XIVe siècle ?
XVIIe siècle ?) mais ils ne sont certainement pas
romans. Si nous les décrivons ici, c'est à cause du
symbolisme qu'ils semblent transmettre. Ils représenteraient
le monde souterrain. Durant tout le Moyen-Âge, l'image du
monde aérien était celle d'une coupole hémisphérique
représentant le ciel associée à une terre plate. Le soleil
était entraîné dans sa course journalière sur la demi-sphère
céleste par un mécanisme complexe (char solaire). En fin de
journée, il plongeait dans la mer pour ressortir de l'autre
côté en passant par les enfers. Pour tenir en suspension
dans l'air, la terre plate devait être portée par des
colonnes. Il nous semble que ces fonts baptismaux sont
représentatifs de cette vision intellectuelle. Le dessous de
la Terre est hémisphérique comme l'est le Ciel. Il est porté
par des colonnes.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Pancrace d'Oberpleis
(partie primitive) : an 800 avec un écart de 150 ans.