L'église Saint-Jean de Mayence 

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Nous n'avons pas visité cette église. Notre étude de cet édifice s'est inspirée de pages d'Internet (ex : Wikipédia) et de l'analyse de galeries d'images issues d'Internet. Nous avons en particulier abondamment consulté le site Internet http : //romanische-schaetze.blogspot.com/ qui a recueilli les images de plusieurs centaines de monuments. Notre site traitant seulement du premier millénaire, nous n'avons conservé que les monuments susceptibles d'appartenir à cette période, mais ce site, dont le nom se traduit en français par « Trésors romans », est beaucoup plus riche en monuments et nous en conseillons la lecture. Certaines images ci-dessous sont extraites de ce site Internet.

Nous nous sommes aussi en partie inspirés du livre Palatinat Roman de la collection Zodiaque, écrit par Dithard von Winterfeld, Professeur de l'Histoire de l'Art de l'Université de Mayence. Nous en conseillons la lecture.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« L’église Saint-Jean est la plus ancienne église de Mayence, la deuxième plus ancienne église épiscopale sur le sol allemand et le seul bâtiment-cathédrale subsistant de l’époque mérovingienne, carolingienne tardive et ottonienne en Allemagne. De sa consécration en 910 jusqu’à la consécration de la cathédrale de Mayence, un peu plus à l’Est, en 1036, elle était l’église épiscopale de l'archidiocèse de Mayence et a donc été appelée plus tard Aldeduom (vieille cathédrale).

Le christianisme à Mayence et la première église épiscopale [...] ».

Suivent des explications sur les débuts du christianisme à Mayence. Elles ont été données dans la page précédente. Nous ne les reprenons pas. Puis :

« La vie communautaire chrétienne s’est arrêtée au moment de la migration des peuples. Ce n’est qu’avec le règne de l’évêque Sidoine que la vie ecclésiastique à Mayence redevint possible. Le poète Venance Fortunat décrit comment Sidoine a rénové les bâtiments de l’église. C’est le plus ancien rapport sur les mesures de construction d’églises à Mayence et en même temps la preuve qu’il y avait eu des églises auparavant.

À la fin du VIIIe siècle, il y a peut-être eu un échange de patronages. Construit à l’origine comme ou à proximité d’une église Sainte-Marie archéologiquement indétectable, le patronage passa à Boniface après l’enterrement de quelques reliques de Saint-Boniface par l’évêque Lul en 754. Dès 823, une chapelle Boniface près de l’église Sainte-Marie est mentionnée. Puisque le tombeau reliquaire de Saint-Boniface est encore expressément mentionné comme étant situé à Saint-Jean à la fin du XVIIIe siècle, la chapelle Bonifatius aurait pu être une partie structurellement non indépendante de l’église Saint-Jean ultérieure dès 754, mais pas plus tard que 910. La construction d’une église baptismale à Mayence sous l’évêque Sidonius au VIe siècle, dont le patronage a été transféré à l’ancienne lors de la consécration de la nouvelle cathédrale, est attestée dans la littérature. Comme aucun changement du saint patron diocésain Saint-Martin dans la seconde moitié du Iermillénaire ne peut être supposé, Saint-Martin peut également être considéré comme un patron, d’autant plus que le chapitre de la cathédrale de Mayence célébrait un service le jour de la Saint-Jean au XVIIIe siècle. Enfin, un double patronage devrait également être envisagé : le bâtiment de Hatto de 910 était équipé de deux choeurs, chacun avec un autel, qui – comme dans la cathédrale de Mayence – devait être dédié à deux saints différents.

Du Moyen-Âge au XXIe siècle


L’archevêque Hatto I a reconstruit l’église cathédrale à partir d’environ 900 et l’a consacrée en 910. [...] Le bâtiment de Hatto, avec des modifications ultérieures, est l’église Saint-Jean d’aujourd’hui. Cette église était initialement dédiée à Saint Martin de Tours en tant qu'église cathédrale du diocèse de Mayence. Après 975, l’archevêque Willigis fit construire une nouvelle cathédrale à l’est de la cathédrale existante, la nouvelle cathédrale de Mayence. Le nouveau bâtiment fut également dédié à Saint Martin en 1036. Tout le mobilier et les bénéfices du chapitre de la cathédrale ont été transférés de l’ancienne cathédrale, qui dans les siècles suivants a été appelée Aldedu(o)m, c’est-à-dire la vieille cathédrale, à la nouvelle église. Après la consécration du nouveau bâtiment, un monastère canonial a été établi dans l’ancienne cathédrale. Ce n’est qu’en 1128 que le patronage de Jean-Baptiste a été transmis par écrit pour la vieille cathédrale, mais il est probable qu’il ait été établi dès 1036.

Le roi Henri a été couronné roi dans la vieille cathédrale en 1002 et l’archevêque Erkanbald a trouvé son dernier lieu de repos ici en 1021.

Probablement à cause des mauvaises fondations, le transept a été démoli à l’époque romane et le croisement a été transformé en travée de nef. Au milieu du XIIIe siècle, l’église Saint-Jean était en si mauvais état que le pape Grégoire IX a accordé une indulgence en faveur de l’église. Cependant, ce n’est qu’au XIVe siècle que d’importants travaux de construction ont commencé : une extension gothiqur élevée a été construite à la place du chœur ouest.


Des changements majeurs ont ensuite eu lieu à l'époque baroque : en 1685, le sol a été entassé de plus de 2 m et une voûte d'arêtes en bois a été installée. En 1737, l’abside est fut démolie et un portail fut inséré à la place. [...]

D’importantes découvertes archéologiques ont été faites à partir de la mi-2013, lorsque le chauffage par le sol devait être installé dans l’église. En préparation de ce projet de construction, des fouilles archéologiques ont commencé, qui sont devenues de plus en plus étendues. Des vestiges de la structure du bâtiment datant de l'époque romaine ont été découverts. Un bâtiment romain non identifiable du Iersiècle a été suivi d’un bâtiment plus grand érigé à la fin de l’époque romaine avec une extension nord-sud d’environ 20 mètres. Cette structure, qui est également associée à trois bases de piliers trouvés à proximité, s’est effondrée vers la fin de la période romaine, le toit de tuiles effondré étant toujours in situ lors des fouilles de 2015. Les fragments d’une pierre tombale avec une décoration à motif paléochrétien et les restes de l’inscription datent probablement de la même période. D’autres maçonneries d’un bâtiment ultérieur, s’élevant jusqu’à 10 mètres, ont été datées par les archéologues et les chercheurs en bâtiment aux époques suivantes des périodes mérovingienne et carolingienne. Depuis la mi-2017, l’intérieur de l’église a été complètement vidé. Les fouilles ont été effectuées plusieurs mètres sous le dernier niveau du plancher. Des recherches archéologiques sont en cours (2022). »


Commentaires de ce texte

Comme nous l'avons écrit dans la page précédente, nous abordons ici la question du groupe d'églises formé par la cathédrale Saint-Martin et cette église Saint-Jean. On constate d'abord que ces deux églises sont très proches et presque dans l'alignement dans une direction Est-Ouest (image 2). Il y aurait aussi dans le même alignement la pré-église dont il est question dans la page précédente. Et, parallèlement à cette ligne, la chapelle Saint-Gothard, dont le plan est identique à celui d'une église préromane (nef à trois vaisseaux avec trois absides en prolongement, dont deux insérées dans la maçonnerie). Seule petite différence avec une église préromane : la nef n'a que trois travées alors que, généralement, il y a un plus grand nombre de travées : en moyenne 6. Mais certaines travées ont pu être supprimées au cours du temps.

Nous nous trouverions donc en présence d'un groupe d'églises voisines les unes des autres. De tels groupes d'églises (chaque groupe est appelé « groupe cathédral ») sont présents dans un grand nombre de cités anciennes. Jusqu'à présent, nous n'avons observé qu'un seul groupe par cité. Selon nous, de tels groupes seraient apparus dans la seconde moitié du premier millénaire et auraient au fur et à mesure disparu aux alentours de l'an mille. Ils auraient accompagné l'effort de concentration du pouvoir des évêques. Initialement, les évêques étaient comparables à nos curés-doyens, responsables d'une communauté réduite. Il devait y avoir l'évêque des latins, l'évêque des germains, l'évêque des francs. Sans compter les évêques de communautés hérétiques. Au fur et à mesure, un seul évêque s'est imposé aux autres qui auraient été intégrés dans des chapitres de chanoines. Mais chaque communauté aurait voulu conserver son identité propre en construisant sa propre église. Dans un groupe cathédral, il y a au moins trois églises : la cathédrale en général dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, un baptistère, en général dédié à Saint-Jean Baptiste, et enfin une autre église dédiée au saint du lieu. Parfois cela peut être un saint extérieur au pays mais dont les reliques sont considérées comme primordiales. Notons que la dédicace n'est pas forcément définitive. Il peut y avoir des changements de patronymes. Notons que l'on retrouve dans le texte ci-dessus les dédicaces à la Vierge Marie, à Saint-Jean Baptiste, un saint local, Gothard de Hildesheim (960-1038), un saint importé, Martin. On serait tenté de croire que l'église Saint-Jean est l'ancien baptistère. Mais cette église n'est pas un baptistère. Il est possible qu'il y ait eu changement de patronyme. L'église cathédrale initialement dédiée à la Vierge Marie aurait changé de nom en Saint-Jean, peut-être par disparition du baptistère. Mais elle aurait conservé son prestige d'être l'ancienne cathédrale.


Datation

D'après le plan de l'image 3 et les images 4, 5, 6 et 7, l'église primitive devait être constituée de trois vaisseaux et 8 travées avec deux absides opposées semi-circulaires. Les murs extérieurs des collatéraux auraient disparu. Il ne resterait que les murs gouttereaux du vaisseau central soutenus par de puissants piliers de type R0000 portant des arcs en plein cintre et à un seul rouleau. Nous confirmons l'ancienneté du modèle. Nous n'avons pas le relevé des fouilles effectuées dans cette église, mais il semble qu'il y ait une grande complexité. Peut-être ces fouilles permettront-elles de préciser la datation ?


Datation envisagée pour l'église Saint-Jean de Mayence : an 850 avec un écart de 150 ans.