Animaux dominant ou dévorant
• Évolution
des éléments de décor et de l’iconographie • Article
précédent • Article
suivant
Les images de cette page sont issues de notre site Internet.
Au démarrage de ce site, en début d'année 2016, il n'était
pas prévu d'étudier en détail l'iconographie. Nous estimions
en effet, au vu de la complexité des situations, que l'étude
de l'architecture était plus abordable que l'analyse des
œuvres d'art. Celle-ci ne s'est faite que plus tard et
progressivement. Par ailleurs, l'enregistrement des données
sur un tableur n'a commencé qu'en 2018. Chaque fois qu'une
œuvre témoignait d'une spécificité, nous lui avons attribué
un code. Ainsi, lorsque nous avons repéré sur une sculpture
la silhouette d'un homme sous le corps d'un lion, nous avons
défini le modèle « Lion dominant » et lui avons attribué le
code LDO.
Mais assez rapidement le modèle s'est diversifié. L'animal
dominant qui était le lion a pu être changé en un autre
animal, un aigle ou un hybride. L'aspect de la scène a pu
changer : l'acte de domination devenir un acte de
destruction ou un acte de protection. Si bien qu'il a fallu
créer d'autres codes. En voici le détail ci-dessous :
LDO : Lion dominant | LDE : Lion dévorant | CD : Cheval dominant |
DD : Démon dévorant | DH : Démon et homme | HA : Homme et aigle |
HD : Hybride dévorant | HH : Homme et hybride | LT : Lion et têtes |
La création de ces codes s'est faite progressivement. Comme
notre idée était de repérer des fréquences, nous ne savions
pas par avance quels seraient les codes les plus utilisés.
Si bien que certains des codes enregistrés dès la découverte
des éléments caractéristiques ont été très peu utilisés
(exemples : CD et
HA). Et ce n'est
qu'en rédigeant cette page que nous avons envisagé de faire
une synthèse.
Tout d'abord, au début, nous étions partis sur l'hypothèse
de différencier les animaux. C'est pour cela que, ci-dessus,
il est question de lions, de chevaux, d'aigles, de démons,
d'hybrides. Une telle différenciation est certes possible
mais elle doit être envisagée dans un second temps.
Auparavant, il faut examiner le comportement qu'ont les
animaux par rapport aux hommes. Car ce comportement est
significatif d'un symbole des relations humaines. Nous avons
identifié quatre comportements ainsi définis : Animaux
dévorant, Animaux dominant, Animaux et têtes humaines,
Animaux protégeant.
Animaux dévorant
Les images de 1 à 6
présentent à chaque fois un animal en train de dévorer un
être humain.
Image 1 : Un
aigle aux ailes déployées a saisi dans ses serres les jambes
d'un homme et avec son bec, lui tord le cou.
Image 2 : Deux
lions écartèlent un homme en saisissant ses pieds.
Image 3 : À
droite, un monstre à tête de cheval a avalé la moitié
inférieure du corps d'un homme crispé dans la douleur.
Image 4 : Deux
dragons réunis dans une seule tête veulent engloutir un
homme nu.
Image 5 : Scène
analogue à celle de l'image
2.
Image 6 : Cette
fois-ci, c'est la partie supérieure du corps humain qui a
été dévorée.
Ces images d'animaux dévorant pourraient représenter l'Enfer
et ses démons dévorant les hommes. Mais ils pourraient aussi
représenter des autorités temporelles venant au secours de
l’Église Catholique pour la débarrasser de ses propres
démons, les hérétiques, les profiteurs.
Animaux
dominant
Il est possible que l'image
7 soit encore représentative d'un animal en train
de dévorer, mais la patte posée sur l'épaule de l'homme est
plus un geste de domination que de capture. Il en est de
même pour les pattes du lion dans l'image
8 et du cheval dans l'image
9. L'attitude
est différente de celle vue précédemment. L'animal ne
détruit plus mais il exige une soumission. D'ailleurs, l'image 9 montre bien
que ce n'est pas le cheval mais le cavalier qui commande.
Animaux
dominant des têtes humaines (images
8, 10, 11, 12)
La présence de têtes humaines à la place de corps humains
pose question. On comprend que des animaux fantastiques
s'attaquent à des corps humains en les avalant ou en les
déchirant. C'est d'ailleurs ce que l'on verra plus tard aux
périodes gothique ou Renaissance. Mais on ne comprend pas un
acharnement concernant les seules têtes humaines. Il faut
donc envisager que la présence de ces têtes est de l'ordre
du symbole. Nous savons qu'il existait un culte des têtes
chez les peuples celtes ou apparentés. Il est possible que
ce culte se soit maintenu pendant une longue durée au cours
du premier millénaire. Il est aussi possible que le culte
ait disparu mais que la tête humaine ait servi à
caractériser le peuple qui l'avait pratiqué. Par
comparaison, la tête de Maure a été adoptée par les Corses
sans qu'on sache très bien les raisons de cette adoption.
Remarquer aussi,sur l'image
3, l'homme qui semble s'extraire de la gueule d'un
monstre pour saisir une tête humaine.
Animaux
protégeant (images
de 13 à 18)
L'attitude de ces animaux semble tout à fait différente de
celle des précédents. Pour les images
13 et 16, l'homme
est indifférent au comportement des animaux qui le
surplombent et n'essaient pas de le dévorer.
Carte
interactive des animaux dévorant ou dominant
La carte interactive ci-dessous a été réalisée à partir de
données récupérées et enregistrées sous les noms de code LDO, LDE,
etc., décrits ci-dessus. Nous avons par ailleurs parlé des
difficultés de mise en place de ce système. Cette carte
interactive devrait être reprise de fond en comble en
définissant de nouveaux critères : animaux dévorant, animaux
dominant, animaux et têtes, animaux protégeant. Et par
ailleurs, il faudrait ajouter les thèmes tels que Daniel et
les lions, et encore, Samson et le lion. Mais cela
supposerait tout reprendre à zéro, relire plus de 3000 pages
afin de vérifier la conformité des codes, et pas seulement
de ceux de cette page.
Mais tout cela prendrait trop de temps et nous empêcherait
de poursuivre notre recherche systématique. Car il y a
encore beaucoup de choses à découvrir. D'ores et déjà, les
cartes interactives que nous avons définies nous permettent
d'échafauder des hypothèses. En ce qui concerne celle-ci,
nous pensons que les représentations décrites dans cette
page sont surtout présentes en France, dans les régions
Nouvelle Aquitaine et Centre-Val de Loire, et en Italie,
dans le Piémont.