L'abbatiale Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé 

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Cette église, apparemment de pur style roman (du XIe ou XIIesiècle), ne devrait pas faire partie de notre étude consacrée aux édifices du premier millénaire. Cependant, nous la mentionnons à cause de certains éléments qui nous permettrons d'alimenter la dite étude.


Les fenêtres constituent un de ces éléments caractéristiques. Nous pensons que les fenêtres peuvent définir des styles particuliers permettant d'envisager des datations. On le sait déjà en ce qui concerne les siècles postérieurs, pour lesquels on est capable de différencier une fenêtre gothique d'une fenêtre renaissance. L'idée est donc d'identifier les diverses fenêtres préromanes ou romanes.

Nous désignons le type de fenêtre de l'image 4 sous le nom de « fenêtre à ressaut ». On le retrouve sur les images 8 et 9.

Le portail Sud (image 5) est surmonté d'un décor assimilable à un tympan. Mais ce n'est pas un vrai tympan, qui devrait être en dessous de l'arc. Ce décor est fait de panneaux sculptés (images 6 et 7) et d'un damier. Les panneaux sculptés sont très dégradés. Plus dégradés en tout cas que l'arc situé au-dessous. Ils pourraient provenir d'un édifice antérieur et avoir été installés là ultérieurement. Un indice très ténu d'ancienneté : les ailes de l'ange de l'image 7 ont un profil en forme de L, avec la grande branche du L parallèle au corps de l'ange.


Ce qui reste de la nef permet d'affirmer qu'elle devrait être à trois vaisseaux. Grâce aux images de piliers (images 10 et 11 ), de type R1111, nous déduisons que les arcs reliant ces piliers étaient doubles et que les trois vaisseaux devaient être voûtés. L'image 12 de l'ouvrage Ouest conforte cette idée.


Le portail de la façade Ouest (image 14) était à l'origine décoré de beaux chapiteaux. Malheureusement, ceux-ci sont très endommagés et il n'est pas facile de retrouver les formes primitives (images 15 et 16). Concernant le chapiteau de l'image 15, on constate qu'il a été retaillé sur les deux faces accolées à la paroi. On constate aussi que sa base ou astragale a une forme arrondie (torique). D'où l'idée que ce chapiteau a été récupéré sur un monument antérieur et qu'il était à l'origine sculpté sur les quatre faces. Un peu comme le chapiteau de l'image 19, actuellement situé dans la nef gothique. Ce chapiteau de l'image 15 n'était pas à l'origine destiné à décorer une porte. Il devait plutôt servir à supporter avec d'autres du même genre le plafond d'une grande salle. Peut-être une crypte ?

D'autres chapiteaux décoraient la nef (images 17 et 18). On y retrouve, mais avec des variantes, des scènes vues auparavant : lions protégeant des têtes humaines, lions aux queues entrelacées. Scènes sur lesquelles nous n'avons pas d'explication.


Il reste la salle capitulaire conservée en bon état (image 20). Remarquer l'importance de la décoration de la baie située à droite. Pour cette seule fenêtre, 6 colonnettes, 6 chapiteaux et une voussure torique. Une richesse d'ornementation qui contraste avec la pauvreté de la fenêtre de l'image 4. En conséquence, nous pensons que les deux fenêtres ne sont pas contemporaines, celle de l'image 4 étant plus ancienne que celle de l'image 20.

Les images suivantes de 21 à 26 permettent de découvrir la richesse ornementale de cette salle capitulaire. Certaines des scènes historiées ont été vues à de nombreuses reprises. Ainsi par exemple : les « Oiseaux au canthare » (image 23). D'autres sont plus énigmatiques. Comme ces deux lions dont la tête unique est surmontée de deux oiseaux et dont la langue se divise en deux et forme un cercle enveloppant la tête et les deux oiseaux (image 24).


Datation envisagée pour l'abbatiale Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé : an 1050 avec un écart de 75 ans.

En ce qui concerne la salle capitulaire, nous proposons pour datation l'an 1125 avec un écart de plus de 50 ans.