Les édifices religieux de Rocamadour
Le site prestigieux de Rocamadour est connu de tous. Et les
éloges ne manquent pas : plus beau village de France, cité
de pèlerinage, étape du chemin de
Saint-Jacques-de-Compostelle.
En conséquence, avant de visiter ce site, nous nous
attendions à découvrir des restes significatifs du passé
ancien que nous étudions ; à savoir le premier millénaire,
voire les deux premiers siècles du second.
Nous n'avons rien vu de tel. Certes, il y a bien une
chapelle romane à l'Hospitalet (image
6). Mais, comme la plupart des chapelles à nef
unique, elle est difficilement datable et trop pressés par
le temps, nous ne l'avons pas visitée.
Certes aussi, une image extraite d'Internet témoigne d'une
église sous roche (que nous n'avons pas visitée) terminée
par une abside semi-circulaire (image
5). Une belle fresque romane orne le mur frontal
de cette église. Mais, bien que l'église soit probablement
ancienne, son décor apparaît plutôt néoroman, du XIXesiècle.
C'est le cas pour les modillons du chevet, à têtes humaines.
Ce pourrait être aussi le cas pour la fresque.
Les autres images ne sont pas plus significatives.
Nous avons été surpris de cet état de fait. Nous avons cru
pendant de longues années à la grande ancienneté du
pèlerinage et donc à l'ancienneté de ses chemins et de ses
villes étapes. Il nous apparaît de plus en plus que cette
grande ancienneté doive être remise en question. D'une part,
l'invention des reliques de Saint Jacques au lieu de
Compostelle aurait eu lieu vers l'an 800. D'autre part,
l'organisation du pèlerinage serait plus tardive. Ainsi le
Guide du Pèlerin de Saint-Jacques daterait du XIIesiècle
(Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait pas eu
d'autre guide auparavant).
Cette idée est confortée par le texte de la page du site
Internet Wikipedia qui nous apprend que, en 1148, un premier
miracle est annoncé, et, en 1166, on découvre le corps de
Saint Amadour. Il est possible qu'il y ait eu antérieurement
à 1148 d'autres miracles, mais cette hypothèse est peu
probable. Très certainement l'essor de Rocamadour consécutif
à la déclaration de miracles s'effectue à partir du milieu
du XIIesiècle.
Datation envisagée
pour les églises de Rocamadour : an 1150 avec un écart de 50
ans.