L'église Saint-Pierre de Thaims 

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L'étude de cet édifice sera suivie d'une comparaison entre certains monuments de Saintonge et du Gers intitulée Un nouveau plan d'église ?


Petite introduction à l'étude de ce monument de Saintonge


Cher ami lecteur attaché au patrimoine de la Saintonge, ce petit préambule s'adresse à vous. Notre site Internet a été créé dans le but d'identifier et de dater des édifices principalement antérieurs à l'an mille. Lire la suite...



L'église Saint-Pierre de Thaims

Nous avons effectué une courte visite de ce monument. La plupart des images de cette page sont issues de cette visite.

L'église est décrite dans le livre Saintonge Romane de François Eygun. En voici des extraits : « Elle n'attire pas à première vue par la richesse apparente de sa structure. Pourtant, elle est un des rares sanctuaires de la Saintonge qui ait laissé sa trace dans les textes. Nous savons par le pseudo-Turpin que Charlemagne y passa, et le cartulaire de Notre-Dame de Vaux nous apprend qu'elle fut donnée à cette abbaye, [...] vers 1096, [...]

Mais son intérêt principal se révèle tout autre : elle a subi au cours des âges les vicissitudes nombreuses auxquelles son terroir a été soumis et en porte précisément le témoignage émouvant, depuis que les premiers fidèles gallo-romains installèrent le culte naissant dans l'une des salles de leur villa. Comme en beaucoup d'endroits, subsiste une partie du balnéaire sous-jacent, connexe à d'autres éléments d'habitation ; il a été mis au jour par le chanoine Tonnelier, qui a étudié son église avec une grande et clairvoyante érudition. [...]

Thaims, situé alors au bord du littoral envasé depuis, fut-il le port de Tamnum dont on cherche toujours l'emplacement ? L'hypothèse fragile reste non vérifiée. [...] »

Selon le site Internet de Saint-André de Lidon (Charente-Maritime) : « Paul-Marie Tonnellier (1886_1977), dit le Chanoine Tonnellier, fut le curé de Saint-André-de-Lidon pendant plus de 51 ans. Il était un historien et écrivain réputé pour ses études de la pierre et des églises romanes de Saintonge. Il nous lègue l'histoire de Saint-André-de-Lidon et une partie inédite de l'histoire de France, en un volume de 500 pages imprimé par la commune en 1988. ». Le commentaire élogieux de François Eygun concernant le Chanoine Tonnelier semble être totalement justifié. Les diverses fouilles qu'il a effectuées et le plan qu'il a relevé (image 1) ont été faits avec le maximum de sérieux. Malheureusement, ce n'est qu'après la visite que nous avons appris que les fouilles étaient accessibles par un escalier. Aussi, les images des parties aériennes (images 2, 5 et 6) étant insuffisantes pour définir le tracé des murs, nous devons nous contenter du plan de l'image 1. Ce plan pose question car on observe que les murs dits gallo-romains en trait noir sont des murs de l'église actuelle ou parallèles à celle-ci.

Cette disposition n'est pas usuelle. En effet, en règle générale, lorsqu'il y avait construction d'une église sur un ancien domaine gallo-romain, celui-ci était entièrement démoli pour faire place à une construction entièrement nouvelle. En conséquence, il est possible que cette construction dite gallo-romaine soit déjà une église primitive.

Concernant le lieu de Tamnum, nous savons qu'il est indiqué sur la carte de Peutinguer. Mais il serait presque à égale distance de Blaye et de Saintes. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il faut ajouter à cela que les diverses cartes ou itinéraires de voyages sont un peu comme nos plans de métro. Ils ne mentionnent pas, dans bien des cas, les points les plus importants, mais des lieux d'hébergement (ex : ad fines = aux frontières). Il est donc possible que le nom de Tamnum se rapporte à une habitation insignifiante, aujourd'hui disparue.


Poursuivons la lecture du livre Saintonge Romane de François Eygun : « Du côté Nord du clocher (image 4), une arcature à claveaux étroits extradossés sur pilier de petit appareil allongé et qui se retrouve du côté Sud (images 5 et 6), sert de support à la maçonnerie carolingienne surmontée d'une souche romane couronnée d'un glacis amenant à un étage polygonal restauré sous les vestiges d'une flèche détruite. »

Les images 7, 8 et 9 de l'intérieur nous font découvrir une nef unique et un transept apparemment dépourvus d'intérêt (art roman tardif).


L'intérêt apparaît dans les images suivantes. Ainsi l'image 10 nous révèle quatre parties; de gauche à droite : le transept, la travée du clocher, l'avant-chœur et le chœur. Ces quatre parties sont toutes différentes, montrant qu 'il y a eu plusieurs étapes de travaux.

Laissons de côté le transept pour examiner le pilier de séparation entre le transept et le clocher (pilier Nord-Est du transept ou pilier Nord-Ouest du clocher : image 11). On constate que ce pilier, soutien de l'arc triomphal, est porteur de deux impostes. L'une en bas de l'image et l'autre en haut. Ce pilier ainsi que son symétrique apparaissent sur l'image 7. On réalise que tous deux ont cette particularité : deux impostes en bas et deux autres en haut. Si les impostes du haut portent l'arc triomphal (arc brisé), celles du bas ne portent rien et donc ne sont d'aucune utilité. Ce qui n'est pas normal. Nous pensons, qu'à l'origine, elles portaient un arc triomphal qui a été par la suite supprimé lors du rehaussement de l'édifice.

Les images 12 et 13 nous montrent le décor des impostes : arcs entrelacés, des entrelacs dits « carolingiens ».

L'image 15 fait apparaître le mur Nord de l'étage inférieur du clocher. L'appareil de ce mur est fait de petits moellons grossièrement taillés, un appareil estimé préroman. Un bel arc surplombe cette partie. Il a été fait pour renforcer le mur. Au-dessus de cet arc, une nouvelle paroi a été plaquée contre l'ancien mur. L'appareil de cette paroi est différent de celui du mur qu'elle recouvre. C'est le même appareil que celui de l'arc., un arc qui est porté par des impostes à entrelacs « carolingiens » (image 16). Si on fait le décompte : mur porté par des impostes « carolingiennes », des environs de l'an 900; ce mur recouvre un mur plus ancien, des environs de l'an 800, voire avant.


L'image 17 montre l'avant-chœur et une partie du chœur. On remarque que 4 chapiteaux soutiennent les deux arcs doubleaux eux-mêmes porteurs de la voûte. En voici la description.

Image 18 : Chapiteau taillé en faible relief. L'image représente l'Agnus Dei, agneau porteur d'une croix pattée hampée. Mais ici ce n'est pas l'image classique. La hampe semble transpercer l'agneau. De plus, un masque à tête humaine surplombe l'agneau. À gauche du chapiteau et sur le tailloir, on peut voir des chevrons.

Image 19 : Chapiteau à feuillages (palmettes). Le tailloir porte aussi des palmettes. Au centre, une tête de taureau.

Image 20 : Chapiteau un peu surprenant. Si le bas est constitué d'une sorte de palmettes disposées comme une forêt, le haut du chapiteau est historié : un homme à cheval tend son arc en direction d'un lion à queue feuillue. Sur le tailloir, une autre scène historiée : un lion à queue feuillue et tête grimaçante poursuit un loup.

Image 21 : Sur le chapiteau, deux chevaux dressés sur leurs pattes se font face dans un décor géométrique. Le tailloir est formé de deux pièces apparemment distinctes : à gauche, des entrelacs; à droite, un quadrupède courant (un loup ?) .

On note que l'ensemble de ces chapiteaux témoigne d'un art roman « archaïque » voire « carolingien ».


En ce qui concerne les images 23, 24, 25, 26 et 27, on note qu 'il existe une continuité entre le chapiteau et le tailloir. Parfois même, il semblerait qu'il y ait une seule pièce (images 24 et 25).

Image 23 : Un homme mettant ses mains dans la gueule de deux lions. Pour ce type d'image et certaines des suivantes, on a coutume de les désigner par des épisodes bibliques comme « le prophète Daniel et les lions » ou Samson maîtrisant un lion ». Nous ne sommes cependant pas certains que ce soient des explications correctes.

Image 24. Ici l'explication est claire : Les Saintes Femmes devant le Tombeau vide.

Image 25 : Lions affrontés crachant des entrelacs de feuillages.

Image 26 : Autre représentation d'un homme entre deux lions.

Image 27 : Homme attaqué par un dragon.

Images 29 et 30 : Deux bas-reliefs provenant probablement des fouilles exécutées par le chanoine Tonnelier ont été posés contre les murs de cette église. Nous ne sommes pas en mesure de les interpréter.


Nous ne chercherons pas à dater les restes dits « gallo-romains » car nous ne savons pas s'il s'agit d'un ensemble unique. Par contre, nous pensons que la base du clocher constitue au moins l'ébauche d'une église. Sa construction aurait été suivie par celle de l'avant-chœur, puis du chœur, et enfin la nef et le transept. Il est cependant possible qu'une nef ait précédé l'actuelle nef et le transept.


Datation envisagée

Pour le rez-de-chaussée du clocher de l'église Saint-Pierre de Thaims : an 800 avec un écart de 150 ans.

Pour l'avant-chœur de l'église Saint-Pierre de Thaims : an 900 avec un écart de 150 ans.

Pour le chœur de l'église Saint-Pierre de Thaims : an 1025 avec un écart de 75 ans.

Pour la nef et le transept de l'église Saint-Pierre de Thaims : an 1150 avec un écart de 50 ans.




Un nouveau plan d'église ?

Jusqu'à une date relativement récente (juin 2021), nous considérions que les églises primitives antérieures à l'an 800 n'obéissaient qu'au seul type de plan issu de la basilique romaine : nef à trois vaisseaux charpentés prolongée par une abside unique semi-circulaire. Il s'agissait bien sûr d'une simplification car il pouvait y avoir des variantes en fonction des lieux ou des périodes : nefs à cinq vaisseaux au lieu de trois, piliers à section circulaire ou rectangulaire, absides insérées dans le corps de bâtiment ou apparentes extérieurement, trois absides au lieu d'une.

Nous avions aussi constaté que pour certaines églises wisigothiques comme Santa Comba de Bande, en province de Castille-León, le plan pouvait être différent. Mais ces églises, trop rares, ne permettaient pas de définir un plan commun.

Il y avait enfin les chapelles rurales à chevet carré. Le plan de celles-ci était en général très simple : une nef unique rectangulaire prolongée par un chevet vaguement carré, un arc triomphal marquant la séparation entre les deux corps de bâtiment. Mais ces chapelles, dont certaines sont estimées antérieures à l'an 800, sont de très petites dimensions et peuvent être considérées comme de simples oratoires.

Nous avons bien sûr rencontré de nombreuses églises à nef unique. Mais la plupart sont estimées romanes (postérieures à l'an mille) ou à nef issue de nef triple. Pour les autres, la datation se révèle difficile à évaluer.

Nous en étions à ce point en juin 2021 lorsque nous avons visité plusieurs églises du Gers décrites dans ce site Internet : Saramon, Peyrusse-Grande, Bastanous. Ces trois églises permettaient d'identifier un nouveau type de plan : chevet carré de grandes dimensions et de grande hauteur prolongeant une nef éventuellement unique (à Saramon et Peyrusse-Grande les nefs sont triples mais le style étant différent, on peut penser qu'elles ont été ajoutées ultérieurement en prolongeant une ancienne nef devenue avant-choeur).

Des historiens de l'art ayant établi des comparaisons entre Peyrusse-Grande et certaines églises de Charente-Maritime, nous avons voulu effectuer des vérifications dans ce département.

Voici les conclusions que nous pouvons apporter.

L'église Saint-Pierre de Bougneau : le plan correspond à celui que nous avons décrit ci-dessus. Le chœur et l'avant-chœur sont nettement plus anciens que la nef qui, actuellement à deux vaisseaux, devait être initialement à trois vaisseaux. Le chœur et l'avant-chœur sont surélevés. Le chevet, de forme rectangulaire à l'extérieur, est, comme à Peyrusse-Grande, semi-circulaire à l'intérieur. Mais, comme à Peyrusse-Grande, nous envisageons que l'intérieur ait été repris à une date ultérieure de façon à obtenir une abside en cul-de-four. Seule différence avec Peyrusse-Grande : les fenêtres du chevet dont l'encadrement non décoré d'entrelacs « carolingiens » est selon nous de facture romane. Par contre, la corniche du toit est quant à elle décorée d'entrelacs « carolingiens ».

L'église Saint-Pierre de Consac : le plan primitif de cette église est plus difficile à établir, car les murs sont enduits. Le chevet est carré. Il est éclairé par une vaste fenêtre gothique. Il est cependant possible que cette fenêtre ait été percée dans un mur plus ancien. La nef, actuellement à deux vaisseaux, pourrait avoir été à l'origine à un seul vaisseau. Il reste la partie médiane où se trouve le clocher. S'agit-il d'un transept (c'est-à-dire d'un ouvrage transverse à la nef) ? Il y a bien un croisillon Nord. Mais il est gothique. Et presque rien côté Sud (un arc, actuellement muré). Cette partie se révèle cependant la plus ancienne (chapiteaux à entrelacs préromans). Ce pourrait être le reste d'un avant-choeur. Il existe de nombreuses églises à nef et abside uniques avec un clocher installé entre la nef et le chevet (exemple : Tollevast (Manche/ Normandie)). Mais rares sont ceux qui témoignent d'une telle ancienneté.

L'église Saint-Pierre de Cozes : les hypothèses sont trop ténues pour envisager une conclusion.

L'église Notre-Dame de l'Assomption de Fenioux : avec cette église, nous retrouvons le schéma que nous avons indiqué ci-dessus. Il s'agit d'une église à un seul vaisseau (probablement dès l'origine). Cette nef est selon nous préromane (appareil caractéristique, linteaux échancrés, claustras à entrelacs « carolingiens »). Le chevet est carré et de grande hauteur. Mais il est gothique. Il a très probablement remplacé un autre chevet dont quelques restes subsistent. Ce chevet précédent était-il lui aussi carré ? C'est fort possible mais cela reste à prouver.

L'église Saint-Blaise de Givrezac : on retrouve le même type d'édifice à nef unique probablement antérieure à l'an mille et un chevet qui semble être plus récent. Or il semble naturel de penser que l'église primitive a été construite en un un seul jet : nef et sanctuaire simultanément. Si donc le sanctuaire est plus récent, cela signifie que ce sanctuaire a remplacé un chevet plus ancien . Quel était le plan de ce sanctuaire ? Une hypothèse : le sanctuaire pourrait correspondre à l'actuel avant-choeur, à plan carré. Restauré au début du XIIe siècle, il aurait été prolongé à la même date par l'abside à plan semi-circulaire.

L'église Saint-Sulpice de Marignac : la partie la plus ancienne se situerait selon nous à la base du clocher. Les arcatures correspondent à celles de l'avant-choeur de Bougneau. Il nous est difficile cependant d'en dire plus.

L'église Saint-Saturnin de Mosnac-sur-Seugne : tout comme précédemment, la partie la plus ancienne se situerait à la base du clocher. Cependant, les chapiteaux qui portent les arcs doubleaux des voûtes de cette partie sont de facture romane (après l'an mille). On peut cependant envisager que le voûtement est postérieur à l'édification de la base du clocher.

L'église Saint-Martin de Petit-Niort : avec cette église, nous pourrions avoir l'inverse de ce que nous avions écrit précédemment ; une église, primitivement à nef unique et chevet carré est agrandie par l'ajout d'une nef triple, le chœur ou l'avant-choeur servant de base à un clocher. Dans le cas présent, c'est le chœur qui semble postérieur à la nef triple. Il ne faut cependant pas tirer de conclusion hâtive. Il est possible que le chœur et la crypte qu'il recouvre aient été restaurés à l'époque romane.

L'église Saint-Thomas de Saint-Thomas-de-Conac : elle présente des encadrements de fenêtres tout à fait semblables à ceux de Peyrusse-Grande : décor d'entrelacs
« carolingiens ». Nous aurions aimé que, comme à Peyrusse-Grande ou à Bougneau, le chevet ait été carré. Mais ce n'est pas le cas. Et rien ne prouve que cela l'ait été dans l'église primitive. Notons par ailleurs qu'à Bougneau comme à Peyrusse-Grande ou à Belloc-Saint-Clamens, les fenêtres sont placées sur des contreforts. Ce qui n'est pas non plus le cas ici.

L'église Saint-Didier de Semillac. On retrouve à Semillac certains des éléments caractéristiques que l'on avait observés dans les églises précédentes : une nef unique probablement antérieure à l'an mille (appareil en moellons irréguliers, linteaux de fenêtres échancrés, avant-choeur apparenté à celui de Bougneau., chevet carré et très élevé). Le mur Est de ce chevet est éclairé par une belle fenêtre gothique. Il est cependant possible que cette fenêtre ait été percée dans un mur plus ancien.

L'église Saint-Pierre de Thaims : et la même chose ou presque à Thaims. Cette fois-ci, c'est la base du clocher qui est la plus ancienne (mises à part les structures gallo-romaines mises à jour par le chanoine Tonnelier) puis vient l'avant-choeur et enfin le chœur.

À partir de ces diverses observations, un modèle semble apparaître : celui d'une église à nef unique charpentée prolongée par un avant-choeur puis un chœur, tous ces corps de bâtiment étant en plan rectangulaire, l’avant-chœur et le chœur étant surélevés. Ce modèle s'oppose à celui de la basilique à nef à trois vaisseaux charpentés prolongés par une abside semi-circulaire. Ce nouveau modèle serait apparu aux alentours de l'an 850 (an 850 avec un écart de 150 ans).

Plusieurs églises associent les deux modèles. Bien que le modèle de la basilique à trois vaisseaux soit apparu dès les premiers siècles de notre ère, il a été utilisé pendant une longue durée, au moins jusqu'à la période gothique. Si bien qu'on ne peut établir une chronologie entre les deux modèles. Il faut cependant se poser la question suivante : les deux modèles ont-ils pu coexister ? Et pourquoi ?

La réponse semble claire : ils coexistent maintenant ! Ils ont donc pu coexister auparavant !

Il faut reformuler la question : est_il possible que , au moment même de leur construction, certains curés aient choisi le modèle de la nef unique et d'autres celui de la nef triple ? Nous pensons que c'est possible, mais que ce choix n'était pas le fait de curés mais de sociétés. Exemple : l'église à nef triple était l'église des romains et l'église à nef unique était l'église des wisigoths (ou celle des basques ou des aquitains). Le fait qu'il y ait pu coexister ces deux modèles dans un même monument pourrait être un reflet des tensions ayant pu exister à l'intérieur d'une même communauté.