Le Duomo San Michele Arcangelo de Casertavecchia
Nous avons effectué une visite rapide de
cette agréable petite ville de Casertavecchia en Mai 2006,
soit longtemps avant la création de notre actuel site
Internet. La majorité des images de cette page ont été
réalisées lors de cette visite.
Commençons l'étude de cette église par celle de son
campanile. Celui-ci présente un grand intérêt,
principalement à cause de sa partie supérieure. Comparable à
celle de la tour de croisée du transept, d'une grande
richesse artistique (images
4 et 5). On voit en particulier sur cette tour de
croisée la technique originale des « arcs entrecroisés » (
voir en bas de l'image 5),
technique que l'on retrouve en Campanie et en Sicile (et
bien sûr, sur le campanile de l'image
1) mais pas plus au Nord en Europe. Pendant
longtemps, nous avons émis des hypothèses sue ce type de
décor. Était-il plus ancien qu'on pouvait l'imaginer ?
Était-il d'inspiration arabe ? Et donc antérieur à la
conquête de l'Italie du Sud et de la Sicile par les
Normands. Au vu des arcs en plein cintre se recoupant en
arcs brisés, était-il à l'origine de l'invention de l'arc
brisé et donc des débuts de l'architecture gothique. L'image 1 permet de
résoudre tous ces problèmes. On y constate que le porche du
rez-de-chaussée sur lequel est installée la tour est protégé
par un bel arc brisé et probablement, une voûte en berceau
brisé. Nous ne sommes pas de ceux qui cherchent à
systématiser leurs raisonnements de la façon suivante : arc
en plein cintre = art roman = XIe- XIIesiècle
; arc brisé = art gothique = XIIIe- XIVesiècle.
Nous pensons en particulier que l'arc brisé est apparu très
tôt dans l'art roman. Mais sa généralisation a été tardive.
En tout cas, on peut affirmer sans trop de risques de se
tromper que les « arcs entrecroisés de décor de façade »
sont postérieurs aux arcs brisés. D'après les
représentations de lions isolés et de couples de lions
affrontés qu'on y trouve (image
5), ces décors peuvent être définis comme «
romans ». On serait donc en présence d’œuvres d'art roman
tardif (an 1200 avec un .écart de 75 ans). Il n'y aurait
pas là d'influence purement arabe, mais peut-être une
survivance des techniques d'incrustation des pierres. Encore
faudrait-il être certain que cette technique ait bien été
inventée et généralisée par les arabes et non par des
mosaïstes hérités des romains.
L'image
6 est celle d'une fenêtre en arc outrepassé.
Est-elle d'origine ? Elle nous semble bien conservée pour
une fenêtre exposée aux intempéries pendant 800 ans. Il en
est de même pour la porte de l'image
7 et les lions de cette porte (images
8 et 9). En admettant même que ces deux lions
soient de fabrication récente, ils recopient un thème vu
ailleurs en Italie : le lion dominant un homme nu. Quelle en
est la signification ? Nous pensons que le lion symbolise le
pouvoir temporel du seigneur du lieu. Il est là pour
protéger l'homme ou plus exactement le peuple humain, nu et
sans défense, créature de Dieu. Est-ce là la bonne
explication ? Nous l'ignorons mais nous pensons que cette
explication doit exister dans les nombreux commentaires
bibliques non encore totalement exploités.
Venons-en maintenant à l'intérieur de la
nef.
D'après le plan de l'image
3 et les images
10 , 11, 12 et 15, c'est une église à nef triple.
Les trois vaisseaux sont charpentés. Les piliers porteurs du
vaisseau central sont cylindriques (de type
C0000), Les arcs reliant ces piliers sont simples.
Il existe plusieurs modèles de référence.: les basiliques
romaines des premiers siècles du christianisme. Mais aussi
l'église Santissima Trinita de Venosa, estimée du XIesiècle.
La datation s'avère donc difficile pour ce type d'église.
Ajoutons à cela que le chevet est à trois absides à plan
semi-circulaire. Les trois absides sont accolées. Elles sont
situées dans le prolongement des vaisseaux de la nef.
Mais il y a interruption de continuité par un transept.
Celui-ci est haut et débordant.
(Remarque
: nous qualifions de « haut » un transept tel que les
croisillons sont de même hauteur que le vaisseau central de
la nef. Si les croisillons sont d'une hauteur inférieure à
celle du vaisseau central de la nef, le transept est dit «
bas ». Si les croisillons débordent des murs latéraux de la
nef, donnant un plan en forme de croix, le transept est dit
« débordant »)
Nous pensons que ce transept haut et débordant, d'art roman
tardif, a été construit à l'intérieur d'une nef édifiée
longtemps auparavant.
Les
images de 16 à 21 permettent d'admirer le travail
des spécialistes dans l'art de la mosaïque et de la
sculpture sur marbre. Certaines de ces réalisations sont
peut-être relativement récentes (c'est le cas de la chaire
postérieure au concile de Trente : XVIIe- XVIIIe, images
16 et 19), mais elles copient, voire même
réemploient, des œuvres anciennes comme les chancels ou les
ambons.
Datation
envisagée pour la nef du Duomo San Michele
Arcangelo de Casertavecchia : an 700 avec un écart de 200
ans.