Images de l'Agneau de Dieu
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Les images de cette page sont extraites de notre site
Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à l'Agnus Dei
nous apprend ceci :
« Agnus Dei est
une expression latine signifiant “Agneau de Dieu” .
Chez les chrétiens, elle désigne Jésus-Christ dans son
rôle de victime sacrificielle, destinée à l'offrande
pascale. C'est aussi le nom d'une prière catholique
chantée ou récitée pendant la messe. [...]
Son
origine se trouve dans l’Évangile selon Saint-Jean. C'est
une citation de Jean le Baptiste :
“ […]
il vit Jésus venant à lui, et il dit : « Voici l'Agneau de
Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jean 1,29). ”
Historique
Tout
comme les Kyrie, Gloria, l’origine de ce chant se trouve
dans la tradition byzantine. Avant que l’Église en
Occident n’adopte l’Agnus Dei, le texte biblique Saint
Jean I,29 « Voici l’Agneau de Dieu, qui … » était
déjà en usage dans la messe de saint Jacques en grec. La
pratique de ce chant dans le rite romain remonterait au
VIIe siècle. […] À
la fin du XIIe siècle, Lotario Conti
mentionnait, dans son commentaire de la messe, le nom de
Serge Ier (pape de 687 à 701). D’après Lotario
Conti, ce prédécesseur pontifical ordonna que l’Agnus Dei
soit chanté par le clergé ainsi que les fidèles.
[…] De
nos jours, les chercheurs considèrent que cette
attribution est raisonnable. En effet, le pape Serge Ierse
distinguait de sa réforme liturgique, surtout de son
opposition contre le concile byzantin in Trullo (concile
Quinisexte, en 692) ayant interdit de représenter le
Christ sous l’aspect de l’agneau. »
La lecture de ce texte nous a fait découvrir l'existence du
concile byzantin « in Trullo » décrit dans une autre page de
Wikipédia dont voici des extraits concernant l'Agnus Dei :
« Avec
le canon 82, le concile prend une décision au sujet des
images saintes : éviter les images animales du Christ (par
exemple celle de l'Agneau Pascal) au bénéfice de son image
humaine. […] »
Commentaires de ces textes
Le premier texte traite surtout de la prière « Agnus Dei «,
récitée ou chantée durant la messe, peu avant la Communion
du prêtre et des fidèles. Mais il intervient aussi sur le
culte de l'image de l'Agneau de Dieu. Et on découvre le
clivage entre catholiques romains et chrétiens orthodoxes
créé par le concile « in Trullo » d'évêques réunis pas
l'empereur byzantin dans son palais de Constantinople.
Les décisions de ce concile « in Trullo » et des conciles
iconoclastes suivants ont très certainement ralenti ou même
arrêté les représentations de l'Agnus Dei, voire détruit les
représentations antérieures, et ce, en Orient. On constate
d'ailleurs sur la carte interactive ci-dessous l'absence de
telles images en Sicile, en Grèce et au Proche-Orient.
Les mosaïques des images
1 et 2 sont probablement antérieures à la date de
692. Sur l'image 1,
l'Agneau est présent au centre de la composition. Il porte
une auréole mais la croix que l'on verra par la suite ne
l'accompagne pas. On le retrouve sur l'image
2 encadré par d'autres de la même taille que lui.
Mais il est le seul à être auréolé. Il apparaît comme le
chef du troupeau, le Bon Pasteur.
À partir des images de 3
à 9 suivantes, la représentation devient classique,
protocolaire : un agneau souvent nimbé du nimbe crucifère
accompagné d'une croix de procession. En fait, c'est ce que
nous pensions au début, un agneau et une croix, sans faire
le lien entre les deux. Mais nous avons réalisé que la hampe
de la Croix n'était jamais ou presque devant la croix, mais
derrière, voire même à travers le corps de l'Agneau. Cette
dernière position serait une traduction du symbole biblique
: le martyre du Christ sur la croix est comparable au
sacrifice de l'agneau que les Juifs ont pratiqué avant la
destruction du Temple et que les musulmans pratiquent encore
au cours de la fête de l'Aïd-el-Kébir.
Il arrive souvent que la croix soit pattée (image
3). Nous pensons que ce bas-relief est préroman. Il
représenterait l'histoire biblique de Jonas. En haut, le
corps de Jonas est dévoré, la tête en bas, par le monstre
marin. En bas, Jonas ressort bien vivant dans l'attitude
d'un orant. Cette image est symbolique de la Résurrection.
La représentation de l'image
4 s'éloigne un peu du modèle car ici, la croix est
un chrisme dominé par un oiseau représentant peut-être le
Saint-Esprit. Cette table d'autel est selon nous préromane
(antiquité tardive ?).
Image 5 : Ce
linteau est aussi selon nous préroman. Nous n'avons pas
d'explication sur l'association entre ce qui semble être un
oiseau, l'Agnus Dei et un évêque.
Image 9 : Nous ne
comprenons pas non plus cette image. On a là tous les
ingrédients qui caractérisent un agneau pascal (tête
auréolée, croix). Mais voilà ! Cet agneau ressemble plus à
un cheval qu'à un agneau.
Carte
interactive : « Agnus Dei »
La carte interactive ci-dessous permet de localiser les
figures d'Agnus Dei présentes sur notre site. Le nombre de
ces figures (74) est insuffisant pour tirer des conclusions.
On peut néanmoins faire quelques observations. Il y a
d'abord l'absence déjà observée de ces figures dans les
parties orientales de l'Europe, le Proche-Orient, et le Sud
de la Méditerranée. D'autres régions, comme l'Espagne hors
Catalogne, la Sardaigne, la Sicile, la Calabre, qui ont pu
subir l'influence de l'Islam, en sont aussi privées. La
surprise vient surtout de leur absence dans des régions qui
n'ont pas été influencées par l'Islam ou le Christianisme
orthodoxe : la Bretagne, la Normandie, le Nord de la France,
la Belgique, les Pays-Bas. Et, à l'inverse des régions où
cette présence est plus nette : la Nouvelle Aquitaine, le
Latium. Nous ne connaissons pas d'explication de ces
différences. Et de toute façon, nous sommes loin d'avoir
tout trouvé. Il doit exister beaucoup d'autres images
d'Agnus Dei dans des bibliothèques, des musées ou des
collections privées. Sans compter celles postérieures au
XIIIe siècle (beaucoup de chapes ou de chasubles
du XIXe siècle portent le décor de l'Agneau
Pascal).