Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (21/22)
Les six églises décrites dans cette page
sont : l’église
Saint-Symphorien de Sigy-le-Châtel, l’ancienne
église Saint-Valérien de Tournus, l’église
Sainte-Marie-Madeleine de Tournus, l’église
Saint-Pantaléon de Trambly, l’église
Saint-Martin de Vareilles, l’église
Saint-Pierre-aux-Liens de Varenne-l'Arconce.
L’église
Saint-Symphorien de Sigy-le-Châtel
Les images 1 et 2
de l’extérieur montrent que la totalité de la nef est
recouverte d’un toit à deux pentes. À l’intérieur, on
découvre que cette nef est en réalité à trois vaisseaux (images 3 et 4). Le
seul fait que la première partie de la nef (en direction du
chœur : image 3)
est voûtée en plein cintre sur doubleau plein-cintre alors
que la deuxième partie (en direction du fond : image
4) est voûtée en berceau brisé sur doubleau brisé
induit à penser qu’il y a eu deux étapes dans le voûtement.
Mais ce n’est pas tout ! Les piliers sont de type R0102.
Les arcs reliant les piliers sont simples. Ils sont portés
par des impostes à chanfrein vers l’intrados (situées côté
Ouest et Est du pilier). On constate qu’on ne retrouve pas
le même type d’imposte côtés collatéral et vaisseau central
du pilier. Ce qui pourrait apparaître comme une faute de
goût est pour nous le signe de plusieurs étapes de travaux :
dans un premier temps, la nef aurait été charpentée avec des
piliers de type R0000.
On aurait décidé, dans un deuxième temps, de la voûter. Pour
ce faire, on aurait accolé aux piliers des pilastres ou des
colonnes demi-cylindriques, transformant le type de pilier
en R0102. Ces
pilastres ou colonnes demi-cylindriques auraient servi à
supporter les arcs doubleaux destinés à porter les voûtes.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Symphorien de Sigy-le-Châtel : an 850
avec un écart de 150 ans.
L’ancienne
église Saint-Valérien de Tournus
Les images 6, 7 et 8
font envisager que la nef primitive était triple. Elle
aurait été voûtée en berceau brisé sur doubleaux brisés au
XIVesiècle. Nous le présumons sur le fait que
les doubleaux reposent sur des consoles et non sur des
colonnes adossées aux piliers.
Datation envisagée
pour l’ancienne église Saint-Valérien de Tournus : an 850
avec un écart de plus de 200 ans.
L’église
Sainte-Marie-Madeleine de Tournus
L'image 11 montre
que la nef est à trois vaisseaux. Les piliers sont de type R1111. Les arcs reliant
les piliers sont doubles et, très légèrement, brisés.
Nous pensons que le voûtement du vaisseau central, sur
croisée d’ogives, est postérieur de plus d’un siècle à la
construction. Primitivement, ce vaisseau central devait être
charpenté.
Par contre, les collatéraux ont été très probablement voûtés
d’arêtes sur doubleaux plein-cintre (image
12). Un telle pratique (vaisseau central
charpenté, collatéraux voûtés d’arêtes) a été observée
ailleurs (exemple : à Jumièges) . Le fait que le vaisseau
central primitif soit charpenté ne fait pas pour autant
remonter cette nef à une date antérieure à l’an mille. Nous
envisageons plutôt une date de peu postérieure à l’an mille.
Il reste que, il y a un an, nous n’aurions jamais envisagé
que l’invention des arcs brisés, qui jusqu’alors constituait
un des traits caractéristiques de l’art gothique, pouvait
remonter à une date aussi élevée, proche de l’an mille.
Datation envisagée
pour l’église Sainte-Marie-Madeleine de Tournus : an 1025
avec un écart de 50 ans.
L’église
Saint-Pantaléon de Trambly
On constate tout d’abord que le chevet est décoré
d’arcatures lombardes (sans lésènes) portées par des
modillons sculptés. Nous estimons ces arcatures, de deuxième
génération (image 13).
Le vaisseau central est porté par des piliers cylindriques à
chapiteaux (image 14).
Nous ne sommes pas pour autant certains de l’ancienneté de
cette nef. De nombreuses nefs ont été restaurées au XVIIesiècle
en utilisant cette technique architecturale (construction
sur piliers cylindriques). Technique initiée par une volonté
de retour aux modèles antiques.
Par contre, les impostes des images
15 et 16 témoigneraient d’une ancienneté
antérieure à l’an mille. Néanmoins, n’ayant pas identifié
leur localisation (ils ont été peut-être utilisés en
remploi), nous ne sommes pas en mesure d’affiner la datation
de l’édifice.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Pantaléon de Trambly : an 1025 avec un
écart de 100 ans.
L’église
Saint-Martin de Vareilles
L’abside principale, de forme semi-circulaire, aux fenêtres
étroites, fait envisager une datation antérieure à l’an 1050
(image 17).
Cette impression est accentuée par le fait que la fenêtre de
l'image 18, fenêtre
Sud de l’abside précédente, présente la particularité
suivante : elle est protégée par ce qui semble être un arc.
Mais en fait, il ne s’agit pas d’un arc, mais d’un linteau
monolithe en forme d’arc. C’est la première fois qu’on
rencontre un tel type de fenêtre en région Bourgogne. Mais
nous en avons vu ailleurs, en Occitanie et en Normandie.
Nous pensons que ce type de fenêtre est de peu antérieur à
l’an mille.
Les chapiteaux porteurs de l’arc de l'image
19 sont de petite taille, de forme cubique. Leur
décor à base de feuillages fait penser à des modèles
wisigothiques.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Martin de Vareilles : an 900 avec un
écart de plus de 200 ans.
L’église
Saint-Pierre-aux-Liens de Varenne-l'Arconce
Cette église (image 20)
possède une nef à trois vaisseaux (image
22). Les piliers sont de type
R1112. Les arcs reliant les piliers sont doubles et
brisés. Ils sont portés par des chapiteaux. Côté collatéral
(image 23), les
arcs ne sont pas portés par des chapiteaux, mais par des
impostes. Ces différences permettent d’envisager la
situation suivante : une église primitive à piliers de type
R1010. Puis plus
tard, les piliers sont transformés en piliers de type
R1112 afin de permettre le voûtement du vaisseau
central et des collatéraux.
Le décor sculpté est intéressant. Un tympan (image
21) représentant l’Agnus Dei, porteur d’une croix
pattée hampée, et entouré de rosaces. Le symbole de l’Agnus
Dei est présent dès le VIIesiècle sur des
mosaïques de Ravenne. Mais nous ne l’avons pas souvent
rencontré dans nos recherches.
On peut voir aussi une cuve baptismale décorée aux quatre
coins de têtes humaines. (image
24).
Le chapiteau de l'image 25
représente deux quadrupèdes aux yeux exorbités. Des
cochons ?
Le thème du chapiteau de l'image
26 est plus connu : l’aigle impérial. Parfois
représenté sous la forme d’un hibou.
Celui de l'image 27 est
lui aussi très connu : le centaure chassant. Le centaure est
représenté sous la forme d’une femme.
Datation envisagée pour
l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Varenne-l'Arconce : an
1025 avec un écart de 100 ans.