Le sanctuaire de la Madone de Ceri
Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après
ont pour source Internet.
Ce monument a fait l'objet d'une monographie succincte
écrite par Serena Romano dans le livre « Rome
et Latium romans » de la Collection Zodiaque.
Au vu de l'intérêt qu'il représente, en voici de larges
extraits : « L'église de
l'Immaculée est une construction très remaniée, dont les
maçonneries romanes sont spécialement visibles dans la
partie absidale, au décor lombard de lésènes et d'arceaux
(« arcatures lombardes »). Elle
a trois nefs, un transept, une abside, un petit porche sur
colonnes qui relie l'église à la maison des chanoines. La
structure originelle n'avait probablement prévu qu'une
seule nef, comme on peut le déduire du fait que le
remarquable pavement cosmatesque s'étend aujourd'hui dans
la seule nef centrale et que la partie absidale, qui
apparaît nettement surélevée, conserve une portion de mur
- la plus ancienne - de la même largeur que cette nef
centrale. Selon Cadei, auteur de l'étude la plus étendue
sur le sujet, ceci était encore prouvé par la décoration
de fresques qui se voyait supprimée à l'endroit où le
bas-côté droit se joint à la nef centrale. La mise à jour
de toutes les fresques, à la suite de l'article de Cadei a
confirmé son hypothèse. Aujourd'hui il est évident que les
arcs de passage de la nef centrale à celle de droite
constituent une rupture de l'enduit fresqué (images
3 et 4). La transformation en trois nefs doit
probablement dater d'une période postérieure, peut-être
celle où l'église reçut les reliques du pape Saint Félix
qui furent disposées dans la chapelle à droite de la nef.
[...] »
L'auteure décrit ensuite les fresques et les date : «
L'appartenance des
fresques de Ceri à la peinture romaine du XIIesiècle
ne peut être mise en doute. [...] »
Les quelques images que nous montrons de
ce site ne donnent pas une idée précise de cette église. La
façade Ouest (image 2)
est manifestement baroque. Nous n'avons pas de photographie
du chevet. C'est regrettable. Car d'après la description de
Serena Romano, il serait décoré d'arcatures lombardes. Nous
estimons que l'utilisation d'arcatures lombardes s'est
développée sur plusieurs siècles à partir du Xesiècle.
Le chevet serait donc roman. Cependant, il est possible que
des arcatures lombardes aient été posées contre des murs
plus anciens.
Concernant la théorie de Mme Romano selon laquelle la nef
était primitivement unique, les bas-côtés étant ajoutés
postérieurement, elle nous semble en accord avec les images 3 et 4 sur
lesquelles on peut voir que les grandes arcades interrompent
les fresques et leur sont donc postérieures. Cependant,
cette théorie nous gêne un peu. Car nous sommes persuadés
que les nefs à trois vaisseaux ont précédé les nefs uniques
(dans le cas des églises de superficie moyenne : les petits
oratoires sont toujours à nef unique). En ce qui concerne la
France, et pour des églises de superficie moyenne, les nefs
uniques apparaîtraient à l'époque romane à partir de l'an
mille. A priori, cela a l'air de « coller » avec la
théorie de Mme Romano qui estime que cette église est
romane. Cependant, on comprend mal pour quelle raison il y
aurait eu passage d'une nef à un vaisseau à une nef à trois
vaisseaux alors que la « mode » des trois vaisseaux,
peut-être liée à une liturgie, a disparu. Nous envisageons
la possibilité suivante : dans une nef primitive à trois
vaisseaux, on sépare les trois vaisseaux en murant les
ouvertures intermédiaires. Le vaisseau central est attribué
au culte et décoré de fresques. Les collatéraux sont
conservés pour d'autres usages. Plus tard, on revient aux
trois vaisseaux en perçant d'autres ouvertures dans les
parois intermédiaires. Ce schéma est-il le bon ? Il y a un
moyen de le savoir : faire un plan ! Si les collatéraux sont
semblables, il y a de fortes chances que la nef primitive
ait été à trois vaisseaux.
L'église possède un ensemble
exceptionnel de fresques. D'après les légendes situées en
bas des images, nous identifions : Joseph interprétant le
rêve des « Plaies
d’Égypte » de Pharaon (image
7), Saint Georges et le Dragon (image
8), Joseph et les Ismaélites (image
9), le Passage de la Mer Rouge (image
11).
Mme Romano date ces fresques du XIIesiècle.
C'est aussi notre idée. Ce serait à partir du XIIesiècle
que des images de l'Histoire Sainte, de l'Ancien et Nouveau
Testament, se seraient diversifiées.
Datation envisagée
pour le sanctuaire de la Madone de Ceri (sous réserve d'un
examen plus approfondi) : an 1075 avec un écart de 100 ans.