La pieve di San Gregorio de Castel Ritaldi
La page du site Internet
castelritaldi.eu, et relative à cette église, est
très documentée. Nous en conseillons la lecture à toute
personne qui pourrait la visiter. Nous-mêmes n'avons pu le
faire, les images ci-dessous proviennent d'Internet. Voici
des extraits de cette page, traduits de l'italien,
traduction éventuellement corrigée par nos soins :
« MONUMENTS
HISTORIQUES : LA PIEVE DE SAN GREGORIO MAGNO.
Pieve
est la dénomination avec laquelle on indique généralement
des églises très anciennes qui remontent environ à l’an
1000. La Pieve de Castel Ritaldi, dédiée à San Gregorio,
se dresse en dehors du centre habité, en pleine campagne.
Les éléments caractéristiques les plus importants se
présentent sur sa façade (image
1).
Dans la partie supérieure du portail, il y a la rosace
(image 2). […] Au
milieu de la rosace, il y a l’Agnus Dei (image
9 : c'est le centre de la rosace qui a été déplacé
sur le pignon d'un bâtiment),
et tout autour court (retour à l'image
2) l’inscription
suivante : “Animalia
sanctorum quattuor hunc agnum clangunt”
(Les animaux des quatre saints acclament cet agneau). Sur
les côtés de la rosace, il y a les symboles des quatre
évangélistes : le bœuf, symbole de S. Luc, le lion,
symbole de S. Marc, l’aigle, symbole de S. Jean et l’ange,
symbole de S. Mathieu. Dans des lunettes, on peut voir
deux masques démoniaques : à gauche, Pamea (image 3), à
droite Genofalus Inferus (image
4) et
à leurs extrémités, il y a deux prophètes : Jérémie
(images 3 et 11) et
Ézéchiel (image
10).
Le portail (image
5)
est composé de quatre archivoltes arquées. Sur
l'archivolte extérieure, il y a un claveau avec
l’inscription : An M.C.XLI. (1141). Sur une archivolte
intérieure (la deuxième à partir du bas) on
peut voir, au centre, une silhouette d’homme ailé (image 7). Du
centre, partent des pampres de vigne avec des petits
génies qui mordent les raisins (image
8),
et encore des monstres, des lions (image
6),
des griffons, des panthères et la silhouette d’un
chevalier sur un lion. À l’intérieur de la Pieve, il y a
un petit fragment sculptural muré sur la paroi de droite
avec trois visages virils, fragment d’un sarcophage du IV
e siècle et deux épigraphes romaines : l’une
sert de gradin aux fonts baptismaux et l’autre est la
table de l’autel. [...] »
La nef de l'église, à un seul vaisseau, offre peu d'intérêt.
En fait, l'ensemble de l'église, nef, façade occidentale et
même sculptures (hormis peut-être celles qui ont été
déposées dans la nef) semblent postérieurs à l'an mille.
Pourquoi donc avoir inséré cette page dans un ouvrage
traitant du Premier Millénaire ? Tout simplement pour des
raisons de datation de l'iconographie. Nous essayons
d'identifier dans des œuvres diverses des éléments
caractéristiques d'une période : cela peut être des traits
stylistiques. Cela peut-être aussi des thèmes évoqués. Ces
éléments caractéristiques étant identifiés pour une période
donnée, nous pouvons par comparaison repérer la période
antérieure à celle-ci et ainsi de suite. De proche en
proche, nous pouvons espérer retrouver toutes les périodes
artistiques qui se sont succédé durant le premier
millénaire. Dans l'exemple que nous avons ici, la période
concernée est le XIIe siècle. En effectuant un
grand nombre d'études comparatives, nous pourrons définir un
style artistique du XIIe siècle. Puis par
d'autres études comparatives, identifier un style XIe
siècle. Et l'étape suivante sera le Xe siècle ...
inclus dans le Premier Millénaire. Il s'agit là bien sûr
d'un exercice difficile et nous ne sommes pas sûrs d'y
arriver.
Concrètement, quelle leçon nous
apportent ces images ?
Le tétramorphe : Cette scène du tétramorphe est si souvent
représentée qu'on est obligé d'admettre qu'elle a traversé
les siècles. On ne peut donc la situer en tant que telle
mais certains détails permettent d'effectuer des
distinctions. Ainsi les 4 symboles des évangélistes (dans le
cas présent ce serait peut-être les quatre Vivants de la
vision d’Ézéchiel) n'encadrent pas Jésus Christ mais l'Agnus
Dei. Celui-ci n'est pas accompagné de la croix pattée hampée
comme le sont d'autres Agnus Dei datés du VIIIe
siècle. Surtout cette scène est inscrite dans une rosace,
alors qu'on la voit surtout sur des tympans de portail ou
sur des culs-de-four d'absides. Les rosaces de petites
dimensions seraient selon nous caractéristiques du XIIe
siècle. Autre élément caractéritique du XIIe
siècle : la représentation de prophète bibliques ou de
saints.
Un élément nouveau pour nous mais qui est peut-être
spécifique à l'Ombrie : la représentation de deux masques
démoniaques dont nous découvrons les noms.
La date inscrite sur un claveau du portail, 1141, correspond
à ce que nous avions envisagé avant même la lecture du
texte.
Datation
envisagée pour les sculptures de la façade de la
pieve di San Gregorio de Castel Ritaldi : an 1150 avec un
écart de 50 ans.