Abbatiale de Sylvanès 

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Il doit être surprenant, voire choquant, pour toute personne un peu initiée à l’art roman, de voir apparaître ici le nom de « Sylvanès ». En effet, l’abbaye de Sylvanès était une église cistercienne, c’est à dire dépendant de l’église mère fondée à Citeaux vers l’an 1100. En conséquence, toutes les abbayes cisterciennes devraient être postérieures à cette date. Et il est donc pour le moins paradoxal que l’on puisse citer l’abbatiale de Sylvanès parmi les créations antérieures à l’an mille.

Cependant, nous sommes obligés d’effectuer diverses constatations. D’une part, l’existence d’un tympan préroman situé dans les locaux abbatiaux. Il a certes été récupéré sur un monument plus ancien. Mais où était ce monument ? Et cela signifie-t-il que Sylvanès était déjà occupé avant l’installation des moines cisterciens ? D’autre part, il y a le plan très particulier de Sylvanès, un plan qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Et qui fait envisager deux étapes de construction.

En conséquence, cet édifice nécessite un examen très approfondi que nous espérons pouvoir effectuer dans les mois qui viennent. Nous ne sommes pas certains d’obtenir une datation antérieure au premier millénaire pour la première étape de travaux. Mais déjà, si nous arrivons à prouver que les moines cisterciens se sont installés dans un édifice construit auparavant (ou ses ruines), nous pourrons nous estimer satisfaits du résultat.


Ajout de 9 images et divers commentaires le 3 janvier 2020

Depuis l'insertion précédente, nous n'avons pas eu l'occasion d'effectuer une visite plus approfondie de cette église. Il nous restait cependant de la précédente visite quelques images que nous ajoutons aux trois premières.

L'image 7 fait apparaître deux types d'arc : en premier plan un arc brisé, en arrière-plan un arc en plein cintre. Nous envisageons qu'une construction gothique du
XIIIesiècle a été plaquée sur une construction romane de datation incertaine.

Autre observation : sur l'image 6, on observe les fenêtres d'une probable galerie située au-dessus des arcs brisés de la nef. Le plan de l'image 4 confirme cette présence tant du côté Nord que du côté Sud. Mais l'existence de cette galerie crée problème. Car une galerie est faite pour mener d'un endroit à un autre. Or ici, côté Nord, il n'y a rien de part et d'autre de la galerie. Et côté Sud, il n'y a qu'un accès possible vers les bâtiments Sud. On ne peut même pas concevoir que cette galerie ait servi de tribune,  les fenêtres sont trop petites pour un tel usage. Il nous faut envisager que certaines constructions ont disparu. En particulier, une construction transverse (un ouvrage Ouest) permettant de relier les deux galeries entre elles.

Mais il y a plus ! Observons à nouveau le plan de l'image 4. Considérons les 5 absides rectangulaires situées en haut de l'image et prolongeons-les vers le bas. On s'apperçoit que les deux extrêmes peuvent être prolongées de l'autre côté du transept. Imaginons maintenant la situation suivante : les murs des 5 absides sont prolongés vers le bas ; les murs intérieurs sont remplacés par des piliers, les plus proches du vaisseau central étant à l'emplacement des piliers actuels. On obtient une nef à 5 vaisseaux. De telles nefs ont-elles existé ? La réponse est oui ! Par exemple : l'église de Ripoll en Catalogne. Cette nef devait être défectueuse. Elle aurait été remplacée par la nef actuelle.

Mais une telle hypothèse est un peu hasardeuse et doit être confirmée par des vérifications. En l'état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons proposer pour datation que celle-ci : an 1225 avec un écart de 75 ans.

Remarquons cependant que les chapiteaux des images 8 et 9 s'apparentent plus à des chapiteaux romans que gothiques. C'est encore plus vrai pour le chapiteau de l'image 10 ressemblant à un autre chapiteau de l'église Saint-Michel-de-Rouviac à Nan, que nous avons décrit comme préroman.

Revenant au tympan préroman de l'image 3, nous constatons la présence sur cet arc de 4 images probablement symboliques distinctes entre elles : un groupe de trois arcs installes sur des piliers ; l'agneau pascal (image 11) ; une colombe et un objet (sceptre?) en forme de fleur de lys (image 12). Nous ne sommes pas à l'heure actuelle capables d’interpréter cette association de 4 symboles.