Autres églises des Bouches-du-Rhône (page 4/4) 

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Cette page étudie les cinq édifices suivants : Saint-Mitre-les-Remparts (Les deux chapelles de l’oppidum Saint-Blaise), Saint-Rémy-de-Provence (Monastère de Saint-Paul-de-Mausole), Saintes-Maries-de-la-Mer (Église Notre-Dame-de-la-Mer), Salon-de-Provence (Église Saint-Michel).



Les deux chapelles de l’oppidum Saint-Blaise à Saint-Mitre-les-Remparts

Ces deux chapelles (Saint-Vincent et Saint-Blaise) sont situées dans le prolongement l’une de l’autre, à quelques mètres à peine des remparts d’un oppidum qui aurait été occupé presque sans interruption de l’an 4700 av . J.-C. jusqu’au XIVesiècle de notre ère.

Durant le premier millénaire, la ville est appelée Uggium. Elle aurait été détruite par les Sarrasins en 875 et n’aurait pas été reconstruite (il reste des traces d’occupation jusqu’au XIVesiècle).

Plusieurs églises ont été retrouvées sur le site et fouillées. Il y aurait tout d’abord une église paléochrétienne à nef unique dédiée à Saint Pierre (nous n’avons pas eu l’occasion de la voir et de la photographier au cours de notre visite trop rapide).

Une deuxième église dédiée à Saint-Vincent se trouve au pied de la chapelle Saint-Blaise (images de 1 à 5). Selon la page consacrée à l’oppidum Saint-Blaise du site Internet Wikipedia : « Cet édifice roman du Xesiècle, reconstruit au XIesiècle, comporte trois constructions. Elle est située au pied de la chapelle Saint-Blaise. De l’abside orientée au Nord-Est, il ne reste que de basses constructions. »

Nous aimerions savoir comment les archéologues sont arrivés à dater ces constructions. Nous aimerions aussi comprendre comment une église construite au Xesiècle a pu être reconstruite un siècle plus tard. Alors que, apparemment, rien ne permet d’affirmer qu’il y ait eu entre les deux dates une destruction (si elle a bien eu lieu, la destruction arabe de 875 aurait concerné une église du IXesiècle, et non du Xesiècle). Il faut bien comprendre qu’une église est un bâtiment construit pour durer. En conséquence, le fait qu’une église soit reconstruite un siècle plus tard constitue une anomalie qui doit trouver une explication. Ou alors la datation qui nous a été donnée était artificielle.

En tout cas, cette église a bien connu deux étapes de construction. Elles sont repérables par la différence des parements sur les images 3 et 4.


La troisième église est dédiée à Saint-Blaise. Les informations données par la page précédemment citée nous apprennent que « cette chapelle romane du XIIesiècle a une abside orientée Nord-Est, restaurée au XIIIesiècle... Elle est mentionnée en 1156... Elle s’appelle à l'origine Notre-Dame de Catelveyre et fait office d’église paroissiale. C’est au XIIIesiècle qu’elle est dédiée à Saint-Blaise. ».

Nous pensons que cette église est plus ancienne que le XIIesiècle. Regardons l'image 5 du portail Sud. On y voit deux étapes de construction. Si la partie supérieure peut dater du XIIesiècle (aspect très régulier de la taille des pierres), la partie inférieure contenant le portail de parement plus irrégulier est nettement plus ancien,
peut-être antérieur à l’an mille. On remarque la différence très nette de construction des absides à environ 60 cm au-dessus du sol (images 8 et 9). L'image 10 est encore plus intéressante. L’abside semi-circulaire est installée sur un sous-bassement carré. On retrouve cela dans des églises nettement antérieures à l’an 1000. Les tombes à dalles (image 13) ou les sarcophages (images 14 et 15) dateraient des IVeou Vesiècles et seraient wisigothiques, toujours d’après le site Internet précédemment cité. Nous sommes d’accord avec cette opinion.

Nous pensons que les deux églises sont nettement antérieures au XIIesiècle. Cependant, malgré le fait qu’il y a à proximité des sarcophages antiques, nous ne pensons que ces églises soient aussi anciennes. Selon nous, le plan de l’église avec son abside semi-circulaire serait plutôt récent … mais antérieur à l’an 1000.

Datation proposée : an 800 avec un écart de 200 ans.




Le monastère de Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence

Nous avons visité l’église du monastère Saint-Paul-de-Mausole en 2006, c’est à dire bien avant d’avoir identifié certains critères de datation. Ce n’est donc que assez récemment que nous avons remarqué sur les photographies certaines particularités permettant d’envisager une datation.

La nef est à plan basilical à trois vaisseaux : les collatéraux sont très étroits (images 16 et 18). Les piliers sont de type R1010. Les arcs joignant les piliers sont doubles
(image 19). Tout laisse penser que cette nef a été voûtée ultérieurement.

Nous datons cette église primitive de l’an 900 avec un écart de plus de 100 ans. En fait, la principale difficulté est de dater le voûtement ultérieur. Les voûtes en berceau plein cintre sur doubleau sont caractéristiques du XIIIesiècle. Par contre, l’installation des doubleaux sur des consoles et non sur les pilastres adossés aux piliers (image 19), serait plutôt caractéristique du XIVesiècle.

Le clocher du monastère est à arcatures lombardes (image 20). Datation estimée : an 1000 avec un écart de 100 ans.

Il ne faut pas quitter le monastère Saint-Paul sans visiter son magnifique cloître (image 21).




L’église Notre-Dame-de-la-Mer aux Saintes-Maries-de-la-Mer

Cette église a un chevet à arcatures lombardes. En conséquence, elle peut être datée aux alentours de l’an 1000. Datation : an 1050 avec un écart de 100 ans.

Elle a été surélevée et fortifiée au XIIIesiècle ou au XIVesiècle.




L’église Saint-Michel à Salon-de-Provence

Hormis son beau tympan, l’église Saint-Michel de Salon-de-Provence (image 28) ne présente pas un grand intérêt. Le tympan est totalement surprenant. D’abord, par le fait qu’il n’y a pas de linteau. Comment tient ce tympan qui semble fait de pièces séparées ? À l’examen de l’assemblage des pierres, cela fait plus penser à une œuvre du XIXesiècle qu’à une œuvre du XIIesiècle.

Par ailleurs, les scènes de ce tympan semblent différentes de celles vues par ailleurs. La seule qui paraît proche de ce que l’on connaît est l’Agneau Pascal (image 30) . La représentation de Dieu le Père en Majesté (image 31) s’écarte un peu de l’image traditionnelle (remplacement de la mandorle par deux branches en forme de serpents). Les feuillages (images 31 et 32), les autres représentations en forme de rosaces ou de feuilles ne se retrouvent pas ailleurs.

En conséquence, nous sommes réservés sur l’authenticité de cette œuvre que nous avions auparavant estimée antérieure à l’an mille au vu de la représentation de l’Agneau Pascal.