Autres églises des Bouches-du-Rhône (page 3/4) 

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Cette page étudie les quatre édifices suivants : Peyrolles-en-Provence (Chapelle du Saint-Sépulcre), Saint-Andiol (Église paroissiale Saint-Vincent), Saint-Andiol (Chapelle Sainte-Croix), Saint-Étienne-du-Grès (Chapelle Notre-Dame-du-Château).



La chapelle du Saint-Sépulcre de Peyrolles-en-Provence

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette chapelle. Les images que nous produisons ici sont extraites d’internet.

Le plan de cette chapelle est exceptionnel en France. À dire vrai, lorsque nous avons étudié Sainte-Croix de Montmajour (dans une des pages précédentes de ce site), nous ignorions l’existence de cette chapelle.

La ressemblance entre les deux églises est forte. Il faut cependant remarquer des différences entre les deux. Ainsi, à Sainte-Croix de Montmajour, chaque abside en cul-de-four est précédée d’un avant-corps rectangulaire alors qu’à Saint-Sépulcre de Peyrolles-en-Provence, les absides sont greffées directement sur le corps central. Une autre différence : des deux églises, seule Saint-Sépulcre de Peyrolles-en-Provence est parfaitement centrée : il y a des absides en cul-de four aux quatre branches de la croix alors qu’à Sainte-Croix de Montmajour, il n’y a pas de cul-de-four au niveau de l’entrée (images 3 et 4). Une telle particularité de la chapelle Saint-Sépulcre, peu intéressante sur le plan pratique, présente une forte valeur symbolique.

Il faut tout d’abord remarquer qu’un certain nombre d’églises dédiées à la Sainte-Croix ou au Saint-Sépulcre , c’est-à-dire à la Passion du Christ, sont à plan centré (cercle, carré, croix). On explique en général ce type de plan par le pèlerinage à Jérusalem d’un grand personnage qui, l’ayant vu au Saint-Sépulcre de Jérusalem, l’aurait reproduit à son retour au pays. L’explication ne peut justifier la multiplicité des plans différents. Nous pensons qu’il doit y avoir d’autres raisons. En fait, la comparaison ne doit pas être faite avec le Saint-Sépulcre de Jérusalem, mais avec des reliquaires. On sait en effet qu’un grand nombre de reliquaires du Moyen-Âge avaient une forme idéalisée en relation avec la ou les reliques qu’ils devaient protéger. Ainsi, des reliquaires de la Vraie-Croix pouvaient représenter une croix ou une église en forme de croix. Il est donc possible que certaines de ces églises dédiées à la Sainte-Croix ou au Saint-Sépulcre ne soient pas en réalité des églises, mais de grands reliquaires. C’est ce qui semble être le cas du Saint-Sépulcre de Peyrolles-en-Provence, trop petite pour accueillir une communauté de fidèles. Mais dont la hauteur et les fresques intérieures montrent l'importance qu’on attachait à sa réalisation.

Datation : Les divers commentaires trouvés sur Internet affirment que cette église date du XIIesiècle. Nous sommes habitués à ce genre d’affirmation qui ne s’appuie sur aucun argument sérieux. Nous pensons qu’elle est beaucoup plus ancienne. L’arc qui surmonte le linteau de la porte d’entrée (image 4) est analogue à d’autres arcs datant de l’antiquité tardive (celui-ci a probablement été fortement restauré). Les fresques qui représentent Adam mangeant le Fruit Défendu (image 8) et Ève montrant ce Fruit (image 9) se retrouvent sur des sarcophages de l’Antiquité Tardive. Les costumes des personnages (image 6) s‘apparentent à des modèles byzantins du VIeau VIIIesiècle.

Datation envisagée : an 700 avec un écart de 200 ans.




L’église paroissiale Saint-Vincent de Saint-Andiol

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette église. Les images que nous découvrons ici sont extraites d’Internet.

Le vaisseau central a été surélevé et fortifié au XIVeou XVesiècle. On reconnaît sur l'image 10 la différence des parements qui identifie la surélévation. La partie fortifiée est flanquée d’une chapelle terminée par une abside semi-circulaire. Cette chapelle apparaît partiellement insérée dans la fortification. L’appareil irrégulier de cette chapelle (image 11) peut conduire à imaginer une construction relativement récente 'XVIIesiècle). Cependant, le plan (image 12) nous invite à relativiser cette opinion. Il est fort possible en effet que la nef primitive ait été à trois vaisseaux, les collatéraux ayant été profondément modifiés lors de la fortification du vaisseau central. Auquel cas nous pourrions être en présence d’une église plus ancienne que prévu. Cependant, dans l’attente d’une meilleure information, nous proposons pour datation l’an 1100 avec un écart de 100 ans.




La chapelle Sainte-Croix de Saint-Andiol

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette chapelle. Les images que nous fournissons ici sont extraites d’Internet.

Cet édifice présente une caractéristique rare : il existe un transept faisant corps avec la nef. Il s’agit bien d’un transept, car l’arête de son toit est perpendiculaire à celle du toit de la nef. Mais ce transept ne déborde pas de part et d’autre. Il semble avoir été construit après coup, à l’intérieur de la nef rectangulaire. Peut-être pour créer un avant-chœur ? Peut-être aussi pour symboliser une croix ? En tout cas, ce serait, avec la Madeleine de Béziers,un des plus anciens transepts que nous soyons en mesure de connaître.

Le site Internet E-patrimoine en pays d’Arles nous apprend que cette église est datée de la fin du IXesiècle et du début du Xe siècle. Une fois n’est pas coutume ! Nous sommes tellement habitués de voir des églises romanes invariablement datées du XIeou du XIIesiècle que nous sommes presque surpris d’en trouver d’antérieures. Cependant nous aimerions savoir sur quels documents l’auteur se base pour dater cette église. De notre côté, nous pensons que cette église est effectivement antérieure à l’an mille, mais avec une plus grande fourchette de datation : an 850 avec un écart de 100 ans.




La chapelle Notre-Dame-du-Château de Saint-Étienne-du-Grès

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette chapelle. Les images que nous produisons ici sont extraites d’Internet. Nef à trois vaisseaux.

L’abside centrale est plate à l’extérieur et peu proéminente. Elle est semi-circulaire à l’intérieur. Les deux absidioles situées dans le prolongement des collatéraux sont insérées dans la maçonnerie du mur.

Tous ces éléments sont caractéristiques d’une église nettement antérieure à l’an mille. Cependant, nous n’avons pas suffisamment d’éléments permettant de transformer ces simples opinions en quasi-certitudes. Dans l’attente de nouvelles informations, nous proposons la datation : an 1000 avec un écart de plus de 150 ans.