Autres églises des Bouches-du-Rhône (page 2/4) 

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Cette page étudie les cinq édifices suivants : Les Baux-de-Provence (Église paroissiale Saint-Vincent), Les Baux-de-Provence (Chapelle des Trémaïé), Maillane (Église Sainte-Agathe), Marseille (Église de la Vieille Major), Marseille (Basilique Saint-Victor).

Certaines des églises de cette page ne nous sont connues que par la documentation ou par des images extraites d'Internet. Pour d'autres que nous avons visitées, l'étude est incomplète ou d'une trop grande complexité. Il en est ainsi de l'église Saint-Vincent des Baux-de-Provence, (imparfaitement) décrite ci-dessous.



L'église paroissiale Saint-Vincent des Baux-de-Provence

Le premier abord est surprenant. Une fois franchie la porte d'entrée (images 1 et 2), on découvre une église plus large que profonde et dépourvue de chevet (images 4, 5 et 6). Par ailleurs, la décoration s'avère très disparate et le mélange des styles (roman, gothique, renaissance) flagrant. Tout conduit à penser que cette église a subi de nombreuses transformations à des époques différentes. L'historique de ces transformations reste à faire. Nous ne savons pas s'il est possible de le faire, vu la complexité et l'imbrication des transformations effectuées.

Le plan de l'image 4 révèle en partie cette complexité. En partie seulement, car l'inconvénient des plans horizontaux vient du fait qu'ils mélangent intimement le plan au sol et le plan aérien (les voûtes). Ainsi il arrive souvent que des voûtes gothiques aient été installées sur des murs romans. Comment distinguer les deux dans un tel type de plan ?

On verra ci-dessous que nous sommes en désaccord sur certains points avec ce plan de l'image 4. Nous sommes cependant obligés de reconnaître que les inventeurs de ce plan ont identifié 8 périodes de transformations (une au XIesiècle, une au XIIesiècle, trois au XVIesiècle, une au XVIIesiècle, une au XIXesiècle, une au XXesiècle). Ce qui fait quand même beaucoup pour une si petite église. Mais ce n'est pas tout, car le plan analyse les parties construites et ne décrit pas les parties détruites ou aliénées. Ainsi, on ne sait rien du chevet qui existait probablement, voire même qui existe encore, derrière le mur Est. 

Pourquoi tant de transformations ? Une réponse à cette question peut être trouvée dans l'histoire mouvementée du château des Baux durant le Moyen-Âge jusqu'aux Guerres de Religion. Les sièges des villes peuvent être désastreux pour les églises proches des fortifications. Les destructions peuvent provenir, soit des défenseurs qui ne veulent pas que ces églises servent d'abri aux assaillants, soit des assaillants eux-mêmes.

À cela, il faut ajouter le fait que l'endroit est une vaste carrière. Il était facile de trouver des tailleurs de pierre et du matériau pour effectuer les moindres réparations.


Les légendes du plan de l'image 4 nous invitent à croire que les parties les plus anciennes remontent au XIesiècle et qu'elles sont troglodytes. Nous sommes beaucoup plus circonspects. Le creusement des parois rocheuses voisines de l'église a pu être effectué bien avant la construction de celle-ci … ou après.

Par contre les parties romanes de l'église colorées sur le plan en marron foncé et attribuées au XIIesiècle sont plus sûrement antérieures au XIIesiècle. Observons par exemple l’arc situé dans le vaisseau principal, le premier à gauche sur l'image 5 puis à l'image 7. On constate que cet arc est en plein cintre. L’arc brisé situé en-dessous de lui, lui est postérieur. Il faut en effet réaliser que la chapelle située en arrière est voûtée d’une croisée d‘ogives. Il y avait très probablement à l’emplacement de cette chapelle, nommée sur le plan « chapelle gothique Saint-Sébastien », la partie collatéral Nord de la deuxième travée. Cette partie n’était pas primitivement voûtée, mais charpentée. Afin de la voûter, les murs ont été rabaissés. Mais une partie de la voûte en croisée d’ogives (l’arc « formeret » plaqué contre le mur) devait se trouver sous le sommet de l’arc en plein cintre et donc traverser cet arc. Pour pallier cet inconvénient, les maçons ont décidé de construire un mur sous l’arc en conservant toutefois une partie de l’ouverture. Ils ont donc bâti l’arc brisé et au-dessus, le mur. L’arc et les deux impostes qui le soutiennent font partie de l’édifice primitif non voûté. Nous pensons que le type d’imposte que nous avons ici (à saillie vers l’intrados de la courbe) apparaît au dernier quart du premier millénaire.

On retrouve le même arc en face côté Sud, sur l'image 8. Il apparaît inséré dans la maçonnerie en haut et à droite du grand arc. Et à sa base, le même type d’imposte que précédemment.

Cet arc est encore visible sur l'image 9 , en haut de la tribune.

Tout permet de penser qu’il y avait là une basilique à nef triple. Son plan serait identique au plan actuel de l’édifice en ce qui concerne la largeur du vaisseau central et des collatéraux. En ce qui concerne la distance entre piliers et éventuellement la largeur des piliers, l’arc de l'image 7 fournit des indications intéressantes.

Datation de cette première église : an 850 avec un écart de 150 ans.

Il existe un autel « roman » (image 10) dans une des chapelles. Nous envisageons une datation aux alentours du septième siècle, mais sans preuve précise.



La chapelle des Trémaïé des Baux-de-Provence

Cette chapelle est isolée en pleine garrigue. Elle serait sans intérêt et daterait du XVIIesiècle. Elle sert à soutenir en partie et à protéger un bas-relief romain (image 11). Celui-ci (image 12) représenterait trois personnages (un homme et deux femmes). La tradition chrétienne a interprété cette scène comme étant « Trois « Marie » : Marie Madeleine, Marie Jacobé et Marie Salomé ». D’où le nom : « les Trémaïé ».




L’église paroissiale Sainte-Agathe de Maillane

La nef de cette église présente de grandes arcades en plein cintre portant les murs gouttereaux du vaisseau central (images 13, 14). Ce vaisseau central est voûté d’une croisée d’ogives qui a pu être installée beaucoup plus tard que les murs gouttereaux. Des arcs dont certains sont en plein cintre et d’autres sont brisés sont installés sous les arcades. Il ne semble pas que ces arcs servent à soutenir les arcades. Ils ont dû être placés là après coup, comme on l’a vu dans l’église Saint-Vincent des Baux-de-Provence.

L’église primitive devait donc être une basilique à trois vaisseaux charpentés. Les murs gouttereaux du vaisseau central étaient portés par les grands arcs en plein cintre, lesquels étaient soutenus par des piliers à section rectangulaire non pourvus d’impostes.

Datation envisagée pour ce premier édifice : an 850 avec un écart de 150 ans.





L’église de la Vieille Major de Marseille

Il s’agit là de l’ancienne cathédrale remplacée au XIXesiècle par la cathédrale de la Major. Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cet édifice. Le plan (image 16) ainsi que l'image 21 montrent qu’il s’agit d’une église de type basilical à nef à trois vaisseaux. Très probablement, le vaisseau central a été abaissé afin de pouvoir le voûter. Pour le reste, il est difficile de se faire une idée. Il semblerait d’après le plan que les piliers soient de type R1111, et ce, dès l’origine. En conséquence, nous serions en présence d’une église romane datable de l’an 1050 avec un écart de 100 ans. Mais tout cela reste à prouver par une analyse plus approfondie.





La basilique Saint-Victor de Marseille

Nous avons eu l’occasion de visiter la basilique Saint-Victor de Marseille. Malheureusement, la visite s’est révélée trop rapide et nous n’avons pas eu le temps de l’étudier et de prendre des photographies convenables. Nous pensons que, de toute façon, son étude est extrêmement complexe et nous doutons même qu’un jour on puisse arriver à reconstituer l’histoire de cette basilique à partir de ce qu’il en reste. En effet, nous sommes en présence d’une structure excavée et non construite. Dans une structure excavée, l’évolution s’effectue par destruction des structures antérieures. Ces structures disparaissant au fur et à mesure, il devient impossible de les décrire.


L’aspect extérieur est celui d’une fortification (images 22 et 23).

L’église supérieure est gothique dans sa plus grande partie (images 25 et 26 ; plan en image 24).

Les parties souterraines se révèlent d’une grande complexité, comme en témoignent le plan de l'image 27 et la vue en coupe de l'image 31.

Diverses pièces archéologiques sont réparties dans les salles de la crypte ou de l’église supérieure.

L'image 33 est celle d’un sarcophage paléochrétien. On reconnaît à gauche le Sacrifice d’Abraham, au centre la Remise des Tables de la Loi à Moïse, et à droite la Guérison de l’Aveugle-Né.